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Effacement

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 Dans   Effacement   de   Percival Everett , Thelonious « Monk » Ellison est un auteur érudit, absolument brillant — il est clairement pas neurotypique. Parfois, je te jure, c’est étourdissant tellement le dude est intelligent. Il pense vite, loin, tout le temps. Ses conférences sont d’un absurde délicieux. C’est brillant, sarcastique, mais aussi volontairement long, presque rébarbatif.  Alors, Monk, écrivain exigeant et cérébral, fait le pire (ou le plus brillant ?) move possible : il écrit une parodie caricaturale de roman « ghetto » pour l’argent. Pas par militantisme. Pas pour dénoncer frontalement. Pour vendre. Et ça marche. Là-dedans, le code switching devient central. L’effacement aussi. Effacer sa complexité pour fitter dans ce que le marché blanc attend. Performer une identité simplifiée, digeste, monnayable. C’est brutal, mais souvent très drôle. L’exagération sert de bouclier : on rit… et le message passe pareil. Moi, j’a...

James

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English below! Inspiré du roman de Mark Twain  Les aventures de Huckleberry Finn , Percival Everett reprend essentiellement la même histoire, mais il inverse la lunette. Ici, c’est Jim/James qui est le narrateur qu’on suit. Jim est le nom d’esclave, James est le prénom qu’il préfère employer.    Dans  James , les esclaves sont plus intelligents qu’on ne le pense. Ils parlent différemment entre eux et devant les blancs, qui s’attendent à un vocabulaire limité et une mauvaise prononciation pour répondre aux attentes de la société. En réalité, ils utilisent le  code switching  pour se protéger, adaptant leur langage à leur audience. Les blancs croient que les esclaves sont moins intelligents, mais ceux-ci savent qu’il vaut mieux ne pas blesser leur ego. Jim/James, le personnage central, enseigne aux enfants des esclaves à se comporter avec soumission et discrétion face aux blancs.   J’ai beaucoup aimé le roman, mais je n’ai pas été transportée. Plusieurs ...

Hommes, d'Emmanuelle Richard : moins de contrôle, plus de tendresse

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Lena Moss a perdu son entreprise à la suite d’une famille. Honteuse, elle souhaite couper avec le monde et quitte pour le Royaume-Uni pratiquer ce qu’on appelle du   woofing . C’est lorsqu’une personne travaille bénévolement contre gîte et couvert dans des fermes biologiques ou paysannes à l’étranger. Elle se retrouve donc chez une dame qui a besoin que l’on défriche son terrain. Elle y rencontre un autre   woofer , Aiden, un ancien militaire américain plutôt brusque et taciturne qui se prend en « affection » pour elle. Lena n’est pas intéressée par lui amoureusement, mais elle éprouve pour lui un désir irrépressible. Ils auront une liaison cachée, jusqu’au jour où il l’étrangle. Après, elle tente de se tenir loin de lui, mais elle ne comprenant pas trop pourquoi, elle aura encore des relations sexuelles avec lui, jusqu’à ce qu’elle parte pour une ferme dans une différente contrée. Là-bas, elle rencontrera un autre   woofer , Gwyn, avec lequel elle aura une prof...

Où es-tu roman admirable?

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Note : de temps en temps, je vous proposerai en fin de chronique une section «  Pour aller plus loin  » où j’approfondis l’analyse ou bien partage des réflexions qu’a suscitées une lecture. Libre à vous de la lire ou non. Dans la veine de ses romans précédents, Sally Rooney écrit sur de jeunes individus qui ont des relations compliquées et de la difficulté à exprimer ce qu’ils pensent, ce qu’ils ressentent. L’histoire pourrait très bien se résumer ainsi : les tribulations de quatre trentenaires irlandais. Mais je vais quand même m’efforcer de vous en dire un peu plus. Alice est une auteure à succès qui rentre en Irlande après un séjour aux États-Unis. Felix est l’homme qu’elle a rencontré grâce à une application. Eileen, l’amie d’Alice, est éditrice pour magazine littéraire. Simon, pour sa part, travaille dans un organisme non lucratif qui offre de l’Aide aux réfugiés. Eileen et lui se connaissent depuis l’enfance et viennent dénouer. Ces derniers sont attirés l’un...

La grâce de Véronique Ovaldé

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Un après-midi chaud en Californie, Maria Cristina, auteure qui a connu la gloire avec son premier roman La vilaine sœur , histoire hautement autobiographique qui lui attira un froid avec sa famille, reçoit un appel de sa mère, à qui elle n’a pas parlé depuis 10 ans. Celle-ci la somme de venir chercher Peleete, le fils de la sœur de sa sœur. Malgré tout ce qui s’est passé entre eux, à regret, elle prend le chemin de Lapérouse. C’est que l’enfance de Maria Cristina n’a pas été aisée. Grandir avec une mère bigote, franchissant parfois la limite du délire, n’est pas rose. Encore moins lorsque le père est souvent aux abonnés absents, bien qu’il soit présent physiquement. À tempérament dépressif, il se réfugie parfois plusieurs jours dans son mutisme, laissant le champ libre à sa femme pour faire les choix éducatifs pour leurs deux filles. Avec sa paranoïa poussée, elle a la phobie que le Malin s’empare des enfants, ce qui la pousse à les séquestrer à la maison en dehors des péri...

Dans la boîte aux lettres cette semaine

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Décidément, les livraisons ne cessent pas même à l'approche de Noël, et ce n'est pas nous qui allons nous en plaindre ! Cette semaines, deux lectures qui promettent d'être intéressantes. Un roman jeunesse qui porte sur l'alcool au volant chez les adolescents et un des titres faisant partie de la liste préliminaire du Prix des libraires du Québec, catégorie Roman hors Québec. Une fois de trop , d'Amy Lachapelle aux Éditions Z'Aillées Une partie de chasse , d'Agnès Desarthe aux Éditions de l'Olivier