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Les fantômes de Shearwater

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Lire   Les fantômes de Shearwater /  Wild Dark Shore , c’est entrer dans un territoire où la nature prend toute la place. Pas juste comme décor. Comme présence. Comme menace. Comme mémoire. L’île de Shearwater finit par devenir un personnage à part entière : le vent, le froid, l’humidité, les cris des oiseaux, les fantômes des animaux massacrés qui semblent encore hanter l’endroit. Tout dans l’écriture de  Charlotte McConaghy   est sensoriel. On sent le sel, le gel, la bouette, les vêtements trempés. Ça crée une ambiance lourde, isolée, presque suffocante par moments. Le roman repose beaucoup plus sur son atmosphère et sur la psychologie de ses personnages que sur le suspense pur. Pis ça, je pense que c’est important de le dire, parce que le marketing peut presque laisser croire à un thriller. Oui, il y a un mystère. Oui, il y a un secret — « the thing » — qui plane sur le récit. Mais honnêtement, ce n’est pas particulièrement difficile à deviner. Sauf que le livre ...

Le châtiment d’une histoire jamais réparée

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Résumé de l'éditeur :  «  Une série de meurtres brutaux secoue la petite ville de Money, Mississippi : des hommes blancs sont retrouvés atrocement mutilés. Mais ces meurtres recèlent un mystère, car sur chaque scène de crime on retrouve un second cadavre qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Emmett Till, un garçon noir lynché dans la même ville en 1955. Lorsqu’un duo d’enquêteurs tout en second degré est dépêché sur les lieux, il se heurte à la résistance attendue du shérif, de ses adjoints, du légiste et d’une cohorte de Blancs tous plus racistes les uns que les autres. Les deux agents spéciaux pensent avoir affaire à des crimes punitifs… Dans cette comédie noire audacieuse et provocatrice, Everett a le racisme et les violences policières dans le collimateur et déploie son intrigue à un rythme effréné, ne laissant aucune chance au lecteur de détourner le regard. » Mon avis :  Dès les premières pages de  Châtiment , j’ai été happée (comment ne pas l’être ?). L’int...

L'honrable collectionneur, de Lize Spit

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Les deux précédents romans de Lize Spit ont été des coups de cœur pour moi. Son petit dernier (moins de 140 pages) m’intriguait tant il semblait différent des deux premiers. Inspiré d’un fait vécu, le texte était à l’origine une nouvelle que l’autrice a étoffée.     L’honorable collectionneur  c’est l’histoire du lien puissant qui se crée entre deux garçons de 11 ans, Jimmy, un petit Belge qui vit durement la séparation de ses parents et l’abandon de son père, et Tristan, un jeune kosovar qui vient d’arriver en Belgique avec sa famille. C’est l’histoire de deux réalités différentes. On découvre ici celle des réfugiés, que l’on rencontre à travers les yeux de Jimmy.    Le titre fait référence à Jimmy qui collectionne des flippos (les pogs des années 1980-1990). Ces genres de pièces rondes sont pour lui ses plus précieux trésors. Or, pour solidifier son lien avec Tristan, il lui prépare un cartable avec les flippos qu’il a en double. Il y met tout s...

Terrasses

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Tranche de vie : je me souviens du 13 novembre 2015. J’étais à Paris pour une dernière nuit avant de reprendre l’avion. Je me réveille alors que j’ai des dizaines de messages et appels manqués. Famille et amis au Québec n’étaient pas encore couchés et tentaient de nous joindre pour savoir si on allait bien. C’est là que j’ai appris que des attentat avaient eu lieu à Paris.     Terrasses est un magistral récit polyphonique où les voix s’additionnent pour nous plonger au cœur des attentats terroristes du point de vue des victimes, des blessés, de leurs familles, des intervenants de première ligne. Ce condensé d’expériences ne nous laisse pas indemne. On a l’impression d’une tornade. D’abord l’éclatement. Ensuite le silence assourdissant dans l’œil de la tempête avec cette impression que le temps est en suspens. Puis à nouveau le maelström émotif.    Tout au long de la lecture, sous la plume experte et ultra sensible de Laurent Gaudé, on passe par le choc, la ...

Une momie surgelée et des cadavres éviscérés sur la calotte glaciaire du Groenland

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Premier tome d’une trilogie, La fille sans peau nous transporte à Nuuk au Groenland. C’est là que Matthew Cave, un journaliste qui a quitté le Danemark après la mort de sa femme et de sa fille, est envoyé par son rédacteur en chef couvrir la découverte d’un corps momifié et congelé dans une crevasse. Des experts sur les lieux croient qu’il s’agit en fait d’un homme nordique emprisonné dans la glace depuis des siècles. Pour préserver l’intégrité du corps et effectuer des prélèvements avant qu’il soit détérioré par la décongélation, le corps doit rester sur place sous surveillance policière. Le lendemain de sa découverte, alors que l’équipe d’experts, un policier et Matthew et son photographe se rendent auprès de la momie, ils aperçoivent en survolant le lieu où il doit se trouver une énorme tache rouge dans la neige. En descendant, ils découvrent le corps du policier chargé de surveiller la momie. Il a été ouvert du pubis au sternum et éviscéré. Menant sa propre enquête sur l’assassi...

Histoire de vengeance

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On connaît l’expression « cage dorée », c’est-à-dire quand une femme (ou un homme) se retrouve dans une situation où elle-il a tout pour être heureux-se, mais se retrouve pris dans des schémas relationnels que la personne subit de peur de perdre les avantages auxquels elle est habituée. C’est ainsi donc dans cette situation, à peu de choses près, que l’on retrouve Faye. Une belle maison, une belle situation financière et sociale, un mari qu’elle aime et croit dévoué. Faye s’occupe des enfants à temps plein et est totalement dévouée pour son mari et ses enfants. Or, quand elle le surprend en plein ébat avec une autre femme, celui-ci la laisse, en lui coupant les vivres alors qu’elle a tant donné pour lui et sa réussite. Après un moment d’apitoiement, elle concocte un plan pour se venger de l’homme narcissique qu’elle a épousé.  Certains ont affirmé qu’il s’agissait là d’un ouvrage résolument féministe. Parce qu’il met en scène des femmes de caractère et de carrière et qu...

Un suspense ingénieux que l'on termine à bout de souffle

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  Un autre pavé de près de 1000 pages où Iles manœuvre habillement ses innombrables intrigues et personnages clés. Si vous vous souvenez, j’avais vraiment aimé Brasier noir, qui a été mon coup de cœur de lecture cet été. C’est donc avec plaisir que je me suis plongé dans le deuxième tome de la trilogie.  Je vous vends la mèche d’emblée : je n’ai pas été déçue. L’Arbre aux morts est encore plus fort que Brasier noir. Réel roman à sensations fortes où l’on reprend exactement où l’on avait quitté les personnages. Pour être sûr que l’on se souvienne bien de tout, l’auteur resitue habilement le lecteur au cours des premiers chapitres, sans qu’il le sente. Dans cet opus, les intrigues se centrent davantage sur le complot pour assassiner JFK ainsi que sur Forrest Knox, chef du bureau d’investigations criminelles de la police d’État de la Louisiane et fils de Franck Knox, fondateur des Aigles bicéphales. L’enquête que mène Penn Cage, le maire de Natchez, ainsi que sa fian...