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Prochain arrêt

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  Prochain arrêt  est un roman sur les   secrets de famille et la quête du passé . Au décès de son père, avec qui elle entretenait peu de liens, Yana tombe sur un vieil album photo. À l’intérieur : des clichés de sa mère enfant, pris par son grand-père. Sur les photos, la fillette est dans un train, puis sur le quai d’une gare — celle de   Malma . Ce qui frappe surtout Yana, c’est la   tristesse   qui émane de cette enfant. Sa mère a disparu du jour au lendemain.   Alors qu’elles avaient une relation très fusionnelle, ce silence devient une énigme. Persuadée que les réponses se trouvent dans le passé, Yana refait le voyage en train que sa mère a fait — enfant, puis adulte — pour tenter de comprendre ce qui s’est réellement passé.   Le roman navigue entre plusieurs époques et plusieurs points de vue — notamment   Oskar, Harriet et Yana   — et tous les fils convergent vers Malma.   Si au départ j’ai trouvé intéressant ce jeu d’allers-...

Mon nom dans le noir,

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 Je m’attendais à un roman d’anticipation plus frontal, presque dystopique. Réchauffement climatique, pannes massives d’électricité, montée du suprémacisme blanc, les États-Unis qui implosent. Tout est là. Mais en réalité, ce décor reste en arrière-plan.   Mon nom dans le noir   est surtout un huis clos.   Ça se passe à Monticello, et ce n’est pas un lieu anodin. Il s’agit de l’ancienne plantation de Thomas Jefferson — celui qui écrivait sur la liberté tout en possédant des centaines d’esclaves et en imaginant Noirs et Blancs séparés. Installer une jeune femme noire, Da’Naisha Love, dans ce lieu chargé d’histoire, c’est fort. C’est ironique. C’est politique. Et il y a une autre dimension liée au lieu que je te laisse découvrir.   Da’Naisha arrive là avec MaViolet, sa grand-mère, Knox, Devin et quelques voisins. Ils tentent de rebâtir une micro-société improvisée, fragile, presque utopique. Le roman est court, à peine deux cents pages, et il se concentre moins su...

Le chant du prophète : ça donne des frissons!

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Prophet Song / Le chant du prophète   est un roman troublant qui nous rappelle que nous ne sommes pas à l’abri de nous retrouver dans un régime de dictature. Disons qu’en ce moment, avec le climat politique mondial, cette histoire ne peut que bousculer, bouleverser, voire glacer.   Sur la forme, les dialogues indifférenciés du reste du texte forment d’énormes paragraphes de deux pages en moyenne. Ça ralentit la lecture au début dans les conversations du couple, mais je crois que la sensation « c’est pas clair » est intentionnelle. Puis on s’y fait assez rapidement. De plus, ça ajoute au sentiment de cette chape de plomb qui tranquillement descend sur Heilish et son environnement.    Au départ il y a moins d’action, d’événements. Ce n’est pas une histoire avec un rythme enlevant. C’est plutôt lent. C’est un truc d’ambiance se concentrant sur les perceptions vécues et des observations d’Eilish lors de l’installation progressive d’une dictature. Les personnage...

Peut-on faire mentir le déterminisme social?

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Belfast en Irlande du Nord. Des décennies après les conflits entre catholiques et protestants, ce qu’on a appelé les «Troubles», ont toujours des conséquences dans le quotidien de la population : la récession, les traumatismes, la peur. La classe ouvrière a du mal à garder espoir en une vie meilleure. Malgré tout, Sean est allé étudier à l’université à Liverpool. Il aimerait être auteur. Maintenant de retour à Belfast, il est financièrement démuni, usant parfois d’un subterfuge aux caisses automatiques pour voler de la nourriture. Il habite dans des lieux crades, insalubres et n’arrive pas à garder un emploi. Sa vie est remplie de moult beuveries et de nuits et jours entiers à consommer de la coke. Quand un soir il agresse un gars lors d’une fête et se retrouve à faire des travaux d’intérêt général.     C’est à ce moment qu’on le rencontre, alors même qu’il renoue avec Mairéad, une fille avec qui il a eu une relation à l’adolescence, dont il est amoureux, mais qui ne lui ...

Capital rose, par Tom Connan

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Paul, 24 ans, jeune sans grande ambition, a toujours rêvé d’une vie ordinaire. Il est injustement congédié pour motif grave (avoir volé dans la caisse), mais il n’a pas commis cette faute. À cause de la raison de son licenciement, il n’arrive pas à se trouver un nouvel emploi. Sans revenu, les loyers sont en retard, les comptes s’empilent et, malgré l’aide des banques alimentaires, il peine à se nourrir. Un ami lui suggère d’essayer la prostitution homosexuelle plus lucrative que l’hétérosexuelle. Ainsi, il se lance dans le travail du sexe de manière indépendante à l’aide d’une plateforme Internet (pas de proxénète ni d’agence) en recevant ses clients chez lui. Ses affaires vont si bien que le rêve de s’acheter un petit appartement à Paris s’éveille en lui. Rapidement, il ouvre un compte OnlyFans et ses revenus explosent. Il devient l’un des TDS les plus populaires sur les réseaux sociaux. Ce qui vient avec une part de jalousie et de haine. Ce qui a un certain effet sur lui, alors ...

L'épaisseur d'un cheveu, de Claire Berest

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Le roman débute alors qu’Etienne, un correcteur dans le domaine de l’édition, se trouve en garde à vue pour le meurtre de sa femme, Vive. À partir de là, on suit le décompte des trois derniers jours avant le crime.   Les premières pages sont remplies de phrases alambiquées, ça m’a fait craindre que le texte soit comme ça tout le long. Ça s’étiole tranquillement. C'était peut-être pour qu'on puisse saisir le changement qui aura lieu chez Etienne, mais ça m'a donné l’impression que l’auteure a travaillé fort pour nous donner rapidement une idée de la personnalité d’Étienne, puis qu’après, juste le ton pompeux suffisait. Cela ne m’a toutefois pas empêché de poursuivre.   On est avec Étienne, cet homme antipathique, psycho-rigide et narcissique. Incapable de comprendre les autres, il considère ses goûts, ses opinions comme la seule façon de voir les choses.    Claire Berest décrit avec une impitoyable acuité la vertigineuse chute d’Étienne, de la colère à la furie. Le ry...

Arpenter la nuit, de Leila Mottley

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En septembre dernier, j’ai lu   Arpenter la nuit , de Leila Mottley. Ce premier roman de l’auteure a été écrit alors qu’elle avait 17 ans. Il a été en lice pour le Man Booker Prize 2022. Il est inspiré d’un fait divers de 2015.     Depuis l’emprisonnement de leur mère, Kiara (Kia), 17 ans, et son frère aîné Marcus vivent seuls dans un appartement d’Oakland. Kia a quitté l’école pour travailler afin de payer le loyer et la nourriture. Malgré plusieurs petits boulots, elle n’y arrive pas et les deux sont frappés d’un avis d’éviction. Marcus passe le plus le plus clair de son temps dans un studio d’enregistrement qui se trouve dans le sous-sol d’un ami, tant il est obsédé par son rêve de devenir riche en faisant du rap et donc subvenir à leurs besoins de manière plus durable. Il se dévoue à cette voie et refuse de se prendre un emploi qui leur permettrait de subsister à courte échéance.    Dans la vie, on ne peut faire qu’avec ce que l’on a et quand ...

Un (très) rare abandon de lecture

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  Ça m’arrive rarement d’abandonner une lecture en cours, je donne généralement la chance au coureur et j’arrive à trouver des éléments intéressants. Que je ferme définitivement un bouquin avant la fin ne signifie pas que ce n’est pas un bon roman. Malheureusement, dans le cas présent, des éléments me font décrocher pour que je continue ma lecture en ce début de saison littéraire. Dustin Tillman est un psychologue en banlieue de Cleveland. La vie qu’il y mène avec sa femme et ses deux fils adolescents est plutôt rangée, tranquille. Or, ce n’a pas toujours été le cas. Lorsqu’il était enfant, ses parents, son oncle et sa tante ont été assassinés. Son frère adoptif, Rusty, est emprisonné pour les meurtres. Mais trente ans plus tard, il est libéré, car les tests ADN l’innocentent. Dustin ayant témoigné contre son frère est très inquiet de cette nouvelle. Parallèlement à cela, un de ses clients, ancien policier qui a été mis en congé longue durée pour une maladie dont il ne souhaite p...

Un premier roman bouleversant pour Inès Bayard

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  Le roman commence fort. Marie a décidé de tuer son mari et son fils avant de s’enlever la vie. Certains appellent ça un drame familial, mais j’appelle un chat un chat et ici, il s’agit de deux meurtres suivis d’un suicide. Tout comme c’est le cas quand un homme se suicide après avoir tué sa famille. J’ai toujours détesté l’expression « drame familial » pour décrire ce genre de situation. C’est banaliser la violence. Enrober de sucre une réalité amère. Bref, ce premier chapitre nous amène donc à la fin de l’histoire, qu’on reprend depuis le début dès le deuxième chapitre. Que s’est-il produit pour que Marie en arrive là   ? Elle semble pourtant tout avoir. La trentaine, un mari qui l’aime et qui aune carrière enviable dans le domaine du droit, elle mène elle-même une carrière intéressante dans une agence bancaire. Ils vivent dans un bel appartement parisien, ont de bons amis, de bonnes relations avec leur famille. Et ils souhaitent maintenant devenir parents. Tout va po...

Livre du mois de novembre du Club de lecture Châtelaine

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Oups! Ayant quitté le groupe avant la publication de ma dernière participation au Club de lecture Châtelaine, j'ai oublié de vous transmettre le lien pour y lire les avis des membres. Le roman du mois était La nuit de feu, d'Eric-Emmanuel Schmitt. Je vous invite à cliquer ici  pour découvrir ce que nous en avons pensé.