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Affichage des messages portant l'étiquette Agression sexuelle

Les éléments : Quatre éléments. Une même violence

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Avec   Les Éléments , John Boyne signe un roman aussi ambitieux que dérangeant. Quatre récits, quatre éléments, quatre personnages principaux, reliés par des croisements parfois discrets, parfois vertigineux. Ils se sont rencontrés, frôlés, influencés sans toujours le savoir. Rien n’est laissé au hasard : les histoires se répondent et composent un ensemble cohérent et profondément troublant.   Le fil conducteur du roman est clair et frontal :   les violences sexuelles et leurs   séquelles , notamment lorsqu’elles touchent des mineurs. Boyne explore la   culture du viol , la culpabilité, la honte, le déni, la quête de rédemption — ou son impossibilité. C’est une lecture qui peut être lourde, éprouvante émotionnellement, mais elle est aussi   puissante et immersive , portée par une écriture   sobre, sensitive , jamais sensationnaliste.   Les personnages sont l’un des grands points forts du livre. Tous sont complexes, contradictoires, profondément hu...

Implosion

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  Implosion   de Laurence Florisca Rivard est un roman percutant qui plonge au cœur de thématiques aussi complexes que dérangeantes. Récit polyphonique, ce qui permet une immersion dans des perspectives variées et souvent contradictoires.   Dès les premières pages, l’autrice installe une tension palpable. Des allégations de violence sexuelle ont été faites par trois femmes qui dénoncent un jeune joueur de tennis qui les a violées. La mère et la blonde de Sébastien réagissent complètement différemment, mais sont toutes deux soufflées par ces informations. On le comprend. Que son fils soit accusé d’agression sexuelle (ou de violence), je crois que c’est le pire cauchemar d’une mère. Et idem pour une conjointe.     L’écriture, bien que simple, offre des descriptions des émotions et des situations qui sont claires, même si le style fait en sorte que l’on reste un peu au premier niveau, que c’est moins immersif que je l’aurais souhaité. Toutefois, ça demeure suffisam...

Y avait-il des limites si oui je les ai franchies mais c’était par amour ok

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Quelle lecture ! Un roman autofictionnel qui raconte une histoire comme j’en ai tant entendu en tant qu’intervenante sociale et sexologue. C’est très bien écrit. Vibrant. Criant. Y avait-il des limites si oui je les ai franchies mais c’était par amour ok  décrit ce qui se passe à l’intérieur d’une femme qu’on a brisé dès la petite enfance. Ce qui advient quand la personnalité s’est développée autour des traumas, et qui ont teintés celle-ci. Traumas qui ont inscrit en l’enfant et la femme qu’elle est devenue l’absence de limites ou la difficulté à les identifier, à les faire respecter. Parce que l’abus et la négligence sont tricotés dans les fibres de son être et qu’elle est sans cesse revictimisée. Parce que les prédateurs savent déceler les fêlures dans l’âme et les exploiter à leur avantage. C’est rempli de mots durs, mais qui le sont moins que les blessures réelles et trop souvent insoutenables. Si insoutenables que l’on veut à tout prix être aimé. Ce besoin d’amour et d’accepta...

Et j'ai cessé de t'appeler papa

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Ce petit bouquin à fait le voyage de la France au Québec l’été dernier dans les valises de ma belle-sœur. Il était temps que je le lise!   Le 2 novembre 2020 en pleine pandémie de COVID, lorsque le mari de Caroline Darian entend le message de sa belle-mère lui demandant de la rappeler en urgence au sujet de son beau-père, il pense tout de suite que ce dernier a dû être hospitalisé. C’est avec étonnement que le couple apprend que le père de Caroline a été arrêté pour avoir filmé sous les jupes de trois femmes. Mais ce n’était que la pointe de l’iceberg, car en fait, il a drogué et livré son épouse à d’autres hommes qui l’ont violée.   Ce que Caroline Darian nous raconte ébranle les certitudes à plusieurs niveaux. On apprend que la soumission chimique serait plus fréquente qu’on ne le croit et qu’elle n’est pas que l’apanage des inconnus dans les bars. Elle illustre de manière frappante le tiraillement et le sentiment de trahison ressentis, notamment par l’imbrication dans ...

Celles qui peuvent encore marcher et sourire

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Il y a quelques jours, je sollicitais votre aide pour choisir le prochain bouquin. J’étais déstabilisée par mes deux dernières lectures qui ont suscité des questionnements moraux. Je voulais quelque chose de moins confrontant. Parmi la sélection que je vous ai présentée, vous avez été plusieurs à voter pour celui-ci et j’en suis bien heureuse. J’ai vraiment adoré ce roman.   Héloïse est enquêtrice au groupe des Violences, et s’occupe des agressions sexuelles. Elle est dévouée à son travail, mais se sent de plus en plus impuissante, parce que les procureurs classent trop souvent les plaintes sans suite, faute de preuves tangibles. Ophélie est stagiaire en sociologie au même service. Elle observe curieusement le fonctionnement de l’équipe d’enquêteurs et y décèle des points un peu obscurs.    Côté technique : le livre est subdivisé en huit sections portant sur une agression qui contiennent chacune au moins trois chapitres. Un au « je » : Ophélie ...

J'ai un nom, de Chanel Miller

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Le 18 janvier 2015, Chanel Miller se réveille à l’hôpital. Elle ne sait pas ce qu’elle fait là. Elle apprend qu’elle a été violée lors d’un party d’une fraternité sur le campus de l’université de Stanford la veille. Son agresseur présumé est un nageur promis à un brillant avenir. Bien sûr, il prétendra qu’elle était consentante. Après un éprouvant processus juridique, il est condamné à six mois de prison. Au moment du verdict, Chanel Miller, sous le pseudonyme Emily Doe, lira une déclaration si poignante qui deviendra virale et aura des conséquences sur la loi californienne.   Chanel Miller a une écriture percutante avec laquelle elle décrit les répercussions dans des agressions sexuelles, dans les infimes détails. Les coûts financiers, relationnels, psychologiques. Scalpel à la main, elle décortique également les micro-agressions dont les femmes sont victimes au quotidien, dans la rue, au travail, etc. De même, son texte est une éloquente critique du système judiciaire a...

Tout le monde savait, de Valérie Bacot

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Le 13 mars 2016, à la suite d’un viol effectué par un client, Valérie Bacot tue son mari violent qui la prostituait. En octobre 2017, elle est arrêtée pour le meurtre de Daniel Polette et ses enfants sont aussi interpellés pour avoir enterré le cadavre de leur père.   Valérie Bacot est agressée sexuellement (à répétition) par le conjoint de sa mère, une femme alcoolique et violente, dès l’âge de 12 ans. La mère sait et ferme les yeux. Après une dénonciation dont on ne connaît pas la provenance, l’agresseur est emprisonné. Valérie est forcée par sa mère à l’accompagner lorsqu’elle le visite. À sa libération, il retourne habiter avec elles jusqu’au jour où, inévitablement, Valérie se trouve enceinte. Daniel Polette décide de quitter la mère et amène la jeune fille avec lui. En plus des assauts sexuelles, les violences psychologique et physique deviennent peu à peu son lot quotidien. L’homme maltraitera aussi leurs quatre enfants.    Il est révoltant que tout ...

Mélasse de fantaisie, de Francis Ouellette

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  BRÈVE : Francis Ouellette dresse le portrait d’un jeune garçon, d’une galerie de personnages rugueux, ainsi que du quartier du Faubourg à’m’lasse, qui est aussi un personnage tout aussi important que les autres. On est au début des années » 80, ça sent la bière, les clopes, la vie dure, la violence, la pauvreté, l’ignorance crasse. Mais il y a aussi del’humour, des moments attendrissants et de la solidarité, notamment autour de Frigo, l’itinérant que tout le monde connaît et aide chacun son tour. Un roman poignant, dur et doux à la fois où l’humour adoucit les aspérités de la vie. Clin d’œil à tous les X : ma première réaction en début de lecture fut de la nostalgie. Je me suis surprise à penser « ah, c’est l’fun de retrouver un petit peu le langage des années » 80   ! » 

Un premier roman bouleversant pour Inès Bayard

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  Le roman commence fort. Marie a décidé de tuer son mari et son fils avant de s’enlever la vie. Certains appellent ça un drame familial, mais j’appelle un chat un chat et ici, il s’agit de deux meurtres suivis d’un suicide. Tout comme c’est le cas quand un homme se suicide après avoir tué sa famille. J’ai toujours détesté l’expression « drame familial » pour décrire ce genre de situation. C’est banaliser la violence. Enrober de sucre une réalité amère. Bref, ce premier chapitre nous amène donc à la fin de l’histoire, qu’on reprend depuis le début dès le deuxième chapitre. Que s’est-il produit pour que Marie en arrive là   ? Elle semble pourtant tout avoir. La trentaine, un mari qui l’aime et qui aune carrière enviable dans le domaine du droit, elle mène elle-même une carrière intéressante dans une agence bancaire. Ils vivent dans un bel appartement parisien, ont de bons amis, de bonnes relations avec leur famille. Et ils souhaitent maintenant devenir parents. Tout va po...

S'emmurer pour survivre

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Chronique de Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique L’histoire s’ouvre sur la scène des cinq enfants d’âge adulte avec leur père au chevet de leur mère agonisante. Autour de son grabat, ils rivalisent pour une marque d’attention de la mère leur démontrant qu’elle les aura aimés un peu quand même. Ce comportement démontre l’ampleur de la carence affective qu’ils portent. La négligence parentale ne crée pas toujours une solidarité entre les enfants. Parfois il en naît une féroce compétition pour un signe, même équivoque, qu’ils sont aimés. Bonsoir la muette , c’est l’histoire de l’enfance négligée et abusée. Pas tant sur l’inceste et la négligence comme faits, comme actes, mais plutôt sur leurs conséquences. Bien sûr, elle relève les traits parentaux qui sous-tendent la maltraitance. Très tôt, France est délaissée par sa mère et frappée et agressée sexuellement par son père. Pour survivre, elle sombre dans une forme de dissociation. Entre l’âge de 4 ans et 5 ans, France n’a pas pron...

En territoires interdits, tome 1 : les tragédies d'une vie

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On rencontre Justine, 27 ans, alors qu’elle rencontre une psychiatre afin de l’aider à guérir des traumatismes de son passé. À travers ces séances, on alterne entre le passé et le présent. D’abord réfractaire à s’ouvrir, la jeune femme brise tranquillement ses secrets. Durant des années, elle a été agressée sexuellement par son grand-père. Ces assauts ont fait d’elle une femme brisée, vulnérable. Quand sa mère se met en couple avec Pierre, Justine rencontre les fils de celui-ci, Alexandre et Antoine. Dès qu’elle le voit, elle devient amoureuse de ce dernier. Une passion fulgurante autant qu’interdite naît. Antoine y résiste un certain temps alors que Justine met tout en œuvre pour vivre son amour. Consciente du tabou qui entoure la relation qu’elle souhaite, elle a des moments de lucidité qui la mène à parfois repousser Antoine. Ainsi s’installe un lien toxique qu’ils tentent de combattre autant que d’y succomber. Cette histoire est vouée à un destin tragique. En territoires interdits ...

Cru, de Nefertari Bélizaire : puissant et poignant

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Il y a quelques semaines, un mouvement incitait les femmes à dénoncer les agressions qu’elles avaient subies. Parce que c’est essentiel pour diminuer leur occurrence, pour peut-être un jour les éradiquer complètement. Dans cette foulée, je vous parle aujourd’hui d’un texte puissant de Nerfertari Bélizaire. La narratrice de cru a décidé, près de 50 ans après le début des agressions qu’elle a subies, de confronter son agresseur. Son oncle, son parrain. Celui qui était l’intermédiaire entre elle et Dieu, son représentant, en quelque sorte. La petite que l’on surnomme Poupette vit chez sa grand-mère puisque ses parents vivent à l’étranger. C’est dans la maison de sa grand-mère, où vit aussi son oncle, que ce dernier l’a agressé la petite sans défense de 2 ans et demi. Dans la lettre qu’elle lui écrit et qu’elle va lui remettre en main propre au pays de son enfance, elle répète de nombreuses fois cet âge, deux ans et demi. Pour qu’il saisisse bien l’horreur de ses gestes. L’impuissanc...