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Affichage des messages portant l'étiquette littérature

Voyage à la Villa du Jardin secret

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Coup de cœur de l’année 2024 ! Et tout un hasard, car je n’étais pas au courant de l’existence du bouquin ou de J. P. Chabot. C’est une de mes libraires qui m’en a parlé sur le fly, après une table ronde qu’elle a animée au dernier Salon du livre.   Audrey-Ann Bélanger qui est atteinte d’Ataxie de Friedreich. Fauteuil roulant, chien d’assistance, puissantes douleurs. Elle a rencontré J. P. Chabot alors qu’il était son prof de français au Cégep. Après la session, les deux ont lié une amitié autour d’un projet de la jeune femme. Puis est venue à Chabot l’idée d’écrire sur le vécu d’Audrey-Ann, de la qualité de soins, etc. Mais, comme cela n’avançait pas de la manière dont l’auteur le voulait, les deux décident de partir au Costa Rica pour fuir l’hiver et travailler sur le bouquin.    Le résultat que l’on a entre les mains est un récit avec des passages de type essai et des petits bouts commentés par Audrey-Ann. Puis, ce qui étonne, mais amène une dimension plus intéres...

Les détectives du vivant

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Recruté de force, sous peine qu’on s’en prenne à sa famille, R. intègre la Société des Détectives du Vivant (SDV). Il s’agit d’une obscure organisation qui, pour stimuler la littérature, provoque à peu près tous les troubles du monde. Car, selon elle, de la douleur provient la littérature. Sa mission est donc d’optimiser la souffrance pour produire des textes de qualité.     Les détectives du vivant  est un roman insolite où l’auteur, d’une écriture maîtrisée et certes bien littéraire, entraîne le lecteur dans une aventure étrange. R., au début réfractaire à ses mandats, se ralliera-t-il à la cause de la SDV ? Jusqu’à quel point ?    Une œuvre déroutante, parfois un tantinet opaque, dans laquelle j’ai vraiment embarqué qu’à la moitié. Je crois que je cherchais à comprendre où Rodriguez-Lefebvre allait nous amener. Le postulat de base du roman étant plutôt perturbant. Et j’étais peut-être un peu fatiguée aussi, en début de lecture !    On en ressort ave...

Grande couronne, de Salomé Kiner

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Nous sommes en banlieue pavillonnaire de Paris, en 1999. Une adolescente de 14 ans rêve de sa vie future en regardant passer les trains. Désirant porter des marques comme les autres ados du collège, et alors que sa mère refuse de lui en acheter, la désinvolte narratrice intègre un petit réseau de prostitution juvénile qui offre des services de masturbation et fellation à une clientèle de jeunes hommes.   Parallèlement à cela, la cellule familiale explose. Alors que sa mère sombre dans une dépression et que sa sœur aînée quitte pour l’Espagne, la jeune fille devient en quelque sorte une mère de substitution pour ses deux petits frères.    Grande couronne  se penche sur l’adolescence, les rêves, les espoirs et les désillusions. Un certain humour vient tempérer des thématiques plus lourdes, ce qui en fait une lecture plus légère qu’il n’y paraît. Aussi, ce qui participe à diminuer l’intensité émotive du roman, mais qui est peut-être moins souhaitable, c’est qu’on n...

Ce qui vient après de JoAnne Tompkins

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  La communauté de Port Furlong, tout près du Puget Sound, dans l’État de Washington, est secouée. Jonah et Daniel, deux adolescents de 16 ans, sont décédés. Le plus douloureux c’est que Jonah a tué son meilleur ami avant de se suicider. Les deux garçons étaient voisins et sont rapidement devenus de inséparables, leurs types de personnalités différents étant complémentaires. Jonah était introverti. Daniel, populaire, extraverti.   Evangeline, 16 ans, est enceinte et désertée par sa mère. Isaac la retrouvera sur son terrain en train de dormir. Isaac, récemment séparé de la mère de son fils, se sent terriblement abandonné dans cette épreuve. Il décidera donc de l’héberger pour la nuit. L’homme, très religieux, accepte qu’elle reste plus longtemps lorsqu’il réalise qu’elle n’a nulle part où aller. Les deux tenteront de s’adapter à la vie ensemble, chacun se débattant avec ses propres difficultés. Evangeline, trop souvent brûlée, peine à s’ouvrir et à avoir confiance en ...

La petite-fille, de Bernhard Schlink

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  J’attendais ce roman impatiemment, sans trop avoir d’attentes quant à son histoire. Grand aveu, je n’ai pas lu  Le liseur , son précédent roman ( j’ai par contre vu le film comme plusieurs d’entre nous ), je ne connaissais pas son style d’écriture, or donc, j’ai plongé dans le bouquin un peu les yeux fermés.    Un soir en rentrant de sa librairie, Kaspar trouve Birgit, sa femme, décédée dans la baignoire. Inconsolable, il décide tout de même de ranger la paperasse dans le bureau de la défunte et découvre que celle-ci accouché et donné son enfant en adoption juste avant de quitter l’Allemagne de l’Est pour le rejoindre à l’Ouest. Dans un manuscrit où elle en parle, elle mentionne qu’elle veut trouver sa fille, sans toutefois arriver à trouver le courage de le faire. Désireux de compléter ce dernier souhait de Birgit, Kaspar se met à la recherche de l’enfant. Après quelques démarches, il localise Svenja. Elle est mariée à un ancien néo-nazi. Avec leur fille de 14 ans...

On était des loups : j'ai failli passer à côté!

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Voilà, je reprends les chroniques sur les prix littéraires. On était des loups a remporté le prix Jean Gioni et le Renaudot des collégiens et est en lice pour d'autres prix cette année.   Liam, un mec un peu fruste, acerbe, très terre à terre, pragmatique. Un genre d’ermite qui demeure dans la forêt montagneuse. Il rencontre Ava au hasard d’un périple en ville. Ils deviennent amoureux et elle quitte tout pour habiter dans la montagne avec lui. Après de nombreuses discussions, ils ont un enfant. Malgré les réticences de l’homme, qui estime que leur milieu et leur mode de vie sont incompatibles avec les enfants. C’est déjà difficile et dangereux pour un adulte, il ne voit donc pas comment ce projet pourrait être réaliste. Mais Ava l’avait assuré qu’elle se chargerait du bébé.  « … parce qu’un enfant est une tâche immense, ça signifie s’occuper de quelqu’un d’autre que soi et je ne suis pas sûr qu’on en soit tous capables. C’est étrange que je n’aie jamais eu peur de rien, la nui...

Mercy street, Jennfer Haigh

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Claudia travaille dans une clinique de santé des femmes, qui pratique notamment des avortements. Elle a grandi avec sa mère, qui arrondissait les fins de mois en étant une famille d’accueil. Cependant, elle ne s’occupait pas des enfants et Claudia devait le faire, dès l’adolescence. Prendre soin des autres semble s’être imposé dans sa vie. Toutefois, ces responsabilités, de même que la menace quotidienne sur les cliniques qui effectuent des avortements, finissent par générer pas mal de stress. Pour essayer de l’endiguer, Claudia consomme du pot. Timmy est son fournisseur, chez qui elle débarque à toute heure du jour ou de la nuit, sans crier gare. Parmi les clients de Tommy, il y a Anthony, un jeune homme timide, dévot, qui a subi un traumatisme crânien et qui ne travaille pas. Il administre un site Internet et prend des photos de femmes qui vont à la clinique sur Mercy Street pour le compte de Victor, un gourou anti-choix qui les publie sur le web. L’opinion de ce dernier sur l’avorte...

Brown girls / Les filles comme nous

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English review will follow Je vous disais dans la chronique de  The Other Black Girl  que la prochaine partagerait des points communs avec elle. Hormis les titres semblables, bien sûr. En raison des similarités j’ai choisi de les publier l’une après l’autre, même si je n’ai pas lu les deux livres consécutivement (il s’est écoulé plus d’un mois entre les deux).   Brown Girls / Les filles comme nous  contient environ 200 pages, mais ça m’a pris un peu plus de temps à lire qu’un bouquin de même volume, parce que je n’arrêtais pas d’inscrire des annotations. Je dois mentionner qu’on est devant un style peu ordinaire. Narré à la première personne du pluriel c’est un roman polyphonique, un « nous », une réelle chorale. Ce sont les voix de toutes les filles qui ne sont pas caucasiennes (d’origine sud-américaine, asiatique, antillaise, etc.). Il ne s’agit pas ici d’un récit d’apprentissage dans le sens de passage à l’âge adulte, mais plutôt de la vie, du début...

The Other Black Girl / Black Girl, de Zakia Dalila Harris

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English Review follows Thématique du mois de l’histoire des noir.e.s Les deux prochaines chroniques ( incluant celle-ci ), vont avoir un lien ensemble. Je n’ai pas acheté les livres en même temps, ni ne les ai lus en même temps, mais je me suis dit que tant qu’à faire, je les publierais l’une après l’autre.  Dans une douce satire, Zakiya Dalila Harris présente une intéressante analyse du vécu des individus BIPOC ( b lack,  i ndigenous and  p eople  o f  c olor, ou en Français PANDC pour  p ersonnes  a utochtones,  n oires  et  d e  c ouleur) dans les milieux de travail. Ici, ça se passe aux États-Unis, mais le lieu importe peu puisque les dynamiques décrites s’observent ailleurs dans le monde.    Nella Rogers occupe un poste d’adjointe à l’édition dans la prestigieuse maison d’édition Wagner.  Depuis deux ans elle bosse d’arrache-pied dans l’objectif de grimper les échelons. Le monde de l’édition est un où les employé...

Stardust, de Leonora Miano

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**   Roman   qui   figurait   sur   la   liste   préliminaire   du   Prix   des   Libraires du Québec ,   catégorie   Roman   -   Hors   Québec ** C’est un texte très personnel que   Stardust . C’est le premier roman qu’a écrit Léonora Miano, il y a 20 ans. Elle a attendu pour publier. Attendu de voir comment ça allait, attendu pour le retravailler. Attendu de se faire un nom et de ne pas être qu’une « sans papiers, sans abris ». Maintenant que son statut d’écrivaine est confirmé, elle se permet de le faire publier. Et à la lecture, on comprend un peu. On est devant un roman audacieux ! Stardust  est une autofiction basée sur son expérience alors qu’elle avait 23 ans. Elle y aborde la situation dans laquelle elle s’est retrouvée après une rupture avec son copain, père de son bébé. N’ayant pu renouveler son visa d’étudiante parce qu’elle ne pouvait pas fournir une preuve de résid...

Harlem shuffle : un premier roman noir pour Colson Whitehead / Harlem Shuffle : A first crime novel for Colson Whitehead

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English version will follow L’auteur qui nous a donné  Underground Railroad  et  Nickel Boys , tous deux récompensés d’un Prix Pulitzer, est de retour dans un genre différent des précédents. Cette fois-ci, il nous présente un roman noir ayant pour toile de fond Harlem au début des années soixante alors que la lutte pour les droits civiques est à son apogée. Ray Carney est propriétaire d’un magasin de meuble dans Harlem. Aspirant à gravir l’échelle sociale, il navigue entre deux mondes. D’une part, il y a celui où il est l’honnête homme, mari et père qui souhaite pouvoir payer un appartement sur une rue bien en vue et être admis au  Dumas Club , club sélect pour les Afro-Américains bien nantis. D’autre part, il recèle des télés et des bijoux dans son arrière-boutique.   Son cousin Freddie, petite frappe, l’entraîne malgré lui dans une combine louche. Sa bande et lui projettent de cambrioler les coffrets de sécurité de l’Hôtel Theresa, un gîte de luxe où les Afro-...

Fille en colère sur un banc de pierre

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  Une île italienne. Un père à tendance tyran. Une mère effacée. Quatre filles scindées en deux clans : les deux plus vieilles, les deux plus jeunes. Une disparition d’enfant.    Lorsque le père décède, c’est rempli d’appréhension qu’Aïda retourne auprès de sa famille pour ses funérailles. Elle avait quitté l’île pour Palerme à l’âge de 16 ans, quelques années après la disparition de Mimi, sa petite sœur bien-aimée et n’avait pas eu de contact avec ses deux grandes sœurs ou ses parents depuis 15 ans. Voilà le canevas de base de ce nouveau roman de Véronique Ovaldé.    On est dans une ambiance typiquement insulaire : chaud, lent, où la vie semble sur pause le temps de régler la succession de leur père. On a l’impression d’entendre le chant des cigales. Par contre, accrochez-vous! Un peu partout sont parsemées des phrases alambiquées (il arrive de trouver une phrase sur trois pages) pour démontrer l’état d’esprit du personnage et accentuer le r...

Ce que je sais de toi : un premier coup de cœur en 2023!

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C’est l’histoire d’une vie tracée pour soi. D’une rencontre qui chamboule tout. De secrets qui éclatent et brisent. D’un exil qu’on sent obligé.   Dès qu’il est tout-petit, le père de Tarek, un médecin, souhaite fortement qu’il pratique la même profession que lui. Ayant senti qu’il n’y avait pas de place pour ses propres désirs, il a continué dans la voie que sa famille a choisie pour lui. Tout juste marié, il travaille dans la clinique de son père, maintenant décédé. Il a également fondé un dispensaire dans un quartier plus défavorisé où les gens n’ont pas les moyens de se payer ses services. Il y fera une rencontre qui changera la trajectoire de son mariage, de sa vie. Et un jour, tout se brisera. Il se brisera.   Tarek est un personnage émouvant. Beau et bon, il a le souci d’aider les autres, de suivre le chemin tracé. Son quotidien est plutôt monotone et prévisible, mais tout de même confortable. Un événement lui fauchera les jambes et il tentera tant bien que mal de faire...

Arpenter la nuit, de Leila Mottley

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En septembre dernier, j’ai lu   Arpenter la nuit , de Leila Mottley. Ce premier roman de l’auteure a été écrit alors qu’elle avait 17 ans. Il a été en lice pour le Man Booker Prize 2022. Il est inspiré d’un fait divers de 2015.     Depuis l’emprisonnement de leur mère, Kiara (Kia), 17 ans, et son frère aîné Marcus vivent seuls dans un appartement d’Oakland. Kia a quitté l’école pour travailler afin de payer le loyer et la nourriture. Malgré plusieurs petits boulots, elle n’y arrive pas et les deux sont frappés d’un avis d’éviction. Marcus passe le plus le plus clair de son temps dans un studio d’enregistrement qui se trouve dans le sous-sol d’un ami, tant il est obsédé par son rêve de devenir riche en faisant du rap et donc subvenir à leurs besoins de manière plus durable. Il se dévoue à cette voie et refuse de se prendre un emploi qui leur permettrait de subsister à courte échéance.    Dans la vie, on ne peut faire qu’avec ce que l’on a et quand ...

Le jeu de l'oiseau

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  Comment survit-on à la violence conjugale quand on en est témoin lorsqu’on est petit ?    Claire et Normand, de jeunes jumeaux, vivent avec leurs parents dans un taudis sans perron et où les champignons poussent sur le tapis. Au bout du terrain, il y a une grosse fosse devant laquelle ils regardent la fumée de l’usine, pas loin. Pour compléter le portrait de leur enfance défavorisée, leur père bat leur mère et ne s’arrête que lorsque le voisin du haut frappe sur le plancher parce que cela fait trop de bruit.    Afin de supporter leur quotidien et éviter de stimuler l’agressivité du paternel, leur mère leur apprend le jeu de l’oiseau. Leur capacité de se réfugier dans leur imagination les sauve, bien qu’il ne les protège pas de la violence. Il en atténue néanmoins momentanément la morsure.   Le récit de leur sombre réalité est allégé par la candeur de l’enfant qui agit comme une grande inspiration que l’on prend entre les secousses des vagues. Le pouvoir d...