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Affichage des messages portant l'étiquette violence conjugale

Ils appelent ça l'amour

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«  Parce qu'elle a laissé ses amies organiser leur escapade durant ce week-end de trois jours, Clotilde se retrouve dans une ville qu'elle avait rayée de la carte. Ici, il y a vingt ans, elle a vécu avec Monsieur, un homme qui fit d'elle sa Madame sous prétexte de lui faire du bien. C'est ainsi que Clotilde se dépouilla d'elle-même, jusqu'à devenir un simple objet, mais un objet d'amour. -De son assujettissement d'alors, Clotilde a encore abihonte, et elle a beaucoup de mal à se découdre la bouche pour reconnaître les faits. La preuve: ni Adélaïde, ni Judith, ni Bérangère, ni Hermeline ne connaissent cette histoire, et aucune ne se doute qu'à deux rues de leur location, dans son immense maison, habite toujours Monsieur: Clotilde se demande si libérer sa parole pourrait aider la honte à enfin changer de camp. «  Dans  Ils appellent ça l’amour , l’autrice nous livre un récit poignant à travers le personnage de Clotilde, dont l’évolution entre ses 30 ...

La nuit au cœur

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La nuit au cœur est un livre indéniablement touchant, immanquablement révoltant et éminemment nécessaire.  Ce qui le distingue des autres livres sur le sujet, c’est la volonté de l’auteure de retirer la honte et d’aller au-delà du statut de victime de violence ou de féminicide. Elle parle des femmes joyeuses qu’elles étaient avant la violence, en dehors des épisodes violents. Pour rappeler qu’elles étaient plus que des victimes de féminicide. Pour illustrer l’énorme tragédie de la violence faite aux femmes et des féminicides.    J’ai été outrée de voir à quel point la justice a fait défaut à ces femmes. Et, malheureusement, ce ne sont pas des cas isolés. Une modification des lois et une meilleure application sont cruciales pour sauver des vies.  Le seul endroit où mon avis diffère avec l’auteure, c’est quand elle affirme que « les explications psychologisantes » ne servent qu’à excuser les agresseurs. Or, je crois qu’elles peuvent servir à traiter...

Monique s'évade

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Pour compléter  Combats et métamorphoses d’une femme  où il racontait comment sa mère avait quitté son père. Sa mère, une nouvelle fois dans une relation violente, décide de quitter l’homme avec lequel elle habite, avec l’aide de son fils. Ce même fils à qui elle en a longtemps voulu pour avoir écrit la violence de l’enfance qu’il a vécu auprès de ses parents, dans le vibrant  En finir avec Eddy Bellegueule .    Avec ce roman il voulait déterminer quel est le prix de la liberté. Car celle-ci a un prix. Que fait une personne qui n’a pas d’argent pour quitter un conjoint violent? Et même hors du contexte violent. Quand on n’a pas les moyens de quitter une relation qui ne nous convient plus.      « En lisant cette histoire vous devez aussi vous dire : Pourquoi certains fuient, quand d’autres n’ont pas à fuir? Pourquoi certains doivent toujours courir, quand d’autres peuvent dormir? Pourquoi certains doivent toujours lutter, quand d’autres peuven...

Conduire à sa perte, de Jean-Nicolas Paul

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J ’ai eu de la difficulté à rédiger mon avis sans divulgâcher. Quelle tâche ardue ! Cependant, il faut que j’en dise certaines choses. J’aimerais commencer par mentionner que je ne suis tout de même pas totalement à l’aise avec le micro roman où il est question de violence conjugale.     Dès les premières pages de lecture, j’ai eu la frousse. J’ai eu peur que l’auteur nous expose une histoire de la violence conjugale où l’homme justifie ses actes. Le narrateur relate très, très, très peu de bons aspects de sa blonde, il la présente un peu comme une folle furieuse. Il s’agit bien sûr de sa perception. Il se campe dans une posture victimaire face à sa vie et c’est difficile à lire.    Cependant, quand on va jusqu’à la fin, ça apaise légèrement l’effet. La version de la conjointe permet de saisir qu’elle a la perception que c’est Alexandre qui est « fautif ». Ce qui fait voir au lecteur qu’il y a une question de perception. Que tout n’est pas tout noir ou tout...

Tout le monde savait, de Valérie Bacot

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Le 13 mars 2016, à la suite d’un viol effectué par un client, Valérie Bacot tue son mari violent qui la prostituait. En octobre 2017, elle est arrêtée pour le meurtre de Daniel Polette et ses enfants sont aussi interpellés pour avoir enterré le cadavre de leur père.   Valérie Bacot est agressée sexuellement (à répétition) par le conjoint de sa mère, une femme alcoolique et violente, dès l’âge de 12 ans. La mère sait et ferme les yeux. Après une dénonciation dont on ne connaît pas la provenance, l’agresseur est emprisonné. Valérie est forcée par sa mère à l’accompagner lorsqu’elle le visite. À sa libération, il retourne habiter avec elles jusqu’au jour où, inévitablement, Valérie se trouve enceinte. Daniel Polette décide de quitter la mère et amène la jeune fille avec lui. En plus des assauts sexuelles, les violences psychologique et physique deviennent peu à peu son lot quotidien. L’homme maltraitera aussi leurs quatre enfants.    Il est révoltant que tout ...

Désir noir : histoire d’un féminicide

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Le 1 er  août 2003, l’actrice Marie Trintignant décédait après ce qui a été rapporté comme un accident durant une dispute avec son conjoint, le chanteur de Noir Désir, Bertrand Cantat. Vingt ans après sa mort, Anne-Sophie Jahn du journal  Le Point , publie un récit tiré de l’enquête qu’elle a fait sur Bertrand Cantat. Car, il ne s’agit pas seulement de ce qui s’est passé avec Marie Trintignant, mais aussi avec Kristzina Rády, sa femme, qui s’est enlevé la vie en janvier 2010, après un retour à la vie commune avec le chanteur, après qu’il ait été libéré de prison.   Je me souviens très bien de cette affaire. Je ne connaissais pas Marie Trintignant, je regardais peu de films français. Je savais qu’elle était la fille de Jean-Louis Trintignant, mais c’est tout. Par contre, j’avais entendu et écouté quelques chansons de Noir Désir et de Bertrand Cantat. Ce fut un choc quand j’ai appris « l’histoire ». Je mets le mot entre guillemets, car c’est une fiction qui n...

Le jeu de l'oiseau

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  Comment survit-on à la violence conjugale quand on en est témoin lorsqu’on est petit ?    Claire et Normand, de jeunes jumeaux, vivent avec leurs parents dans un taudis sans perron et où les champignons poussent sur le tapis. Au bout du terrain, il y a une grosse fosse devant laquelle ils regardent la fumée de l’usine, pas loin. Pour compléter le portrait de leur enfance défavorisée, leur père bat leur mère et ne s’arrête que lorsque le voisin du haut frappe sur le plancher parce que cela fait trop de bruit.    Afin de supporter leur quotidien et éviter de stimuler l’agressivité du paternel, leur mère leur apprend le jeu de l’oiseau. Leur capacité de se réfugier dans leur imagination les sauve, bien qu’il ne les protège pas de la violence. Il en atténue néanmoins momentanément la morsure.   Le récit de leur sombre réalité est allégé par la candeur de l’enfant qui agit comme une grande inspiration que l’on prend entre les secousses des vagues. Le pouvoir d...