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La nuit au cœur

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La nuit au cœur est un livre indéniablement touchant, immanquablement révoltant et éminemment nécessaire.  Ce qui le distingue des autres livres sur le sujet, c’est la volonté de l’auteure de retirer la honte et d’aller au-delà du statut de victime de violence ou de féminicide. Elle parle des femmes joyeuses qu’elles étaient avant la violence, en dehors des épisodes violents. Pour rappeler qu’elles étaient plus que des victimes de féminicide. Pour illustrer l’énorme tragédie de la violence faite aux femmes et des féminicides.    J’ai été outrée de voir à quel point la justice a fait défaut à ces femmes. Et, malheureusement, ce ne sont pas des cas isolés. Une modification des lois et une meilleure application sont cruciales pour sauver des vies.  Le seul endroit où mon avis diffère avec l’auteure, c’est quand elle affirme que « les explications psychologisantes » ne servent qu’à excuser les agresseurs. Or, je crois qu’elles peuvent servir à traiter...

L'épaisseur d'un cheveu, de Claire Berest

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Le roman débute alors qu’Etienne, un correcteur dans le domaine de l’édition, se trouve en garde à vue pour le meurtre de sa femme, Vive. À partir de là, on suit le décompte des trois derniers jours avant le crime.   Les premières pages sont remplies de phrases alambiquées, ça m’a fait craindre que le texte soit comme ça tout le long. Ça s’étiole tranquillement. C'était peut-être pour qu'on puisse saisir le changement qui aura lieu chez Etienne, mais ça m'a donné l’impression que l’auteure a travaillé fort pour nous donner rapidement une idée de la personnalité d’Étienne, puis qu’après, juste le ton pompeux suffisait. Cela ne m’a toutefois pas empêché de poursuivre.   On est avec Étienne, cet homme antipathique, psycho-rigide et narcissique. Incapable de comprendre les autres, il considère ses goûts, ses opinions comme la seule façon de voir les choses.    Claire Berest décrit avec une impitoyable acuité la vertigineuse chute d’Étienne, de la colère à la furie. Le ry...

Désir noir : histoire d’un féminicide

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Le 1 er  août 2003, l’actrice Marie Trintignant décédait après ce qui a été rapporté comme un accident durant une dispute avec son conjoint, le chanteur de Noir Désir, Bertrand Cantat. Vingt ans après sa mort, Anne-Sophie Jahn du journal  Le Point , publie un récit tiré de l’enquête qu’elle a fait sur Bertrand Cantat. Car, il ne s’agit pas seulement de ce qui s’est passé avec Marie Trintignant, mais aussi avec Kristzina Rády, sa femme, qui s’est enlevé la vie en janvier 2010, après un retour à la vie commune avec le chanteur, après qu’il ait été libéré de prison.   Je me souviens très bien de cette affaire. Je ne connaissais pas Marie Trintignant, je regardais peu de films français. Je savais qu’elle était la fille de Jean-Louis Trintignant, mais c’est tout. Par contre, j’avais entendu et écouté quelques chansons de Noir Désir et de Bertrand Cantat. Ce fut un choc quand j’ai appris « l’histoire ». Je mets le mot entre guillemets, car c’est une fiction qui n...