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Tant que je serai Noire

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 Je me suis plongée dans   Tant que je serai Noire   de   Maya Angelou . J’avais déjà essayé de le lire il y a quelques années, puis j’avais réalisé que c’était le quatrième tome de ses Mémoires. J’avais mis ça de côté, me disant que je trouverais les précédents tomes. Finalement, je me suis lancée quand même — et honnêtement, on n’a pas l’impression d’avoir manqué quoi que ce soit. Ça se lit très bien indépendamment. On arrive juste dans sa vie alors qu’elle a 31 ans. On embarque en cours de route, et ça fonctionne. On est en 1959. Quatre ans après le meurtre d’ Emmett Till . Avant les grandes victoires des Civil Rights. On est dans le  « eux contre nous ». Une tension constante, lourde, qui consume tout le monde. D’ores et déjà, je dois avouer que j’ai trouvé ça difficile de lire la haine de certains envers les Blancs. Je la comprends, totalement. Mais il n’en demeure pas moins que ça me dérange. Je sais que la colère est un puissant moteur de changement....

Le livre des vies

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Margaret Atwood, connue pour son œuvre marquante  La Servante écarlate , nous offre avec  Le livre des vies : Mémoires écarlates  un regard introspectif sur sa vie et son parcours littéraire, mais pas que. Bien que la deuxième partie du titre français «  Mémoires écarlates »  semble un clin d’œil marketing à son roman le plus célèbre, le titre original «  Memoirs of Sorts »  reflète mieux la nature de l’ouvrage : une série de réflexions littéraires plutôt qu’une autobiographie classique.   Dès la première page de l’introduction, je suis interloquée. Voilà que je lis la « crosse » de hockey et le « palet ». Je me suis dit que ça partait mal. Mais finalement, la traduction n’était pas aussi mauvaise que je l’anticipais.   L’autrice alterne entre anecdotes personnelles et réflexions, parfois de manière digressive, mais toujours en revenant habilement à son propos initial. Sa plume est ponctuée d’humour sub...

Noir d'os

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On connaît Gloria Jean Watkins sous le nom de bell hooks (avec des minuscules, pour faire passer la cause avant l’individu). L’écrivaine et militante américaine, figure importante du féminisme afro-américain, est décédée en 2021. Ces dernières années on a eu la chance que ses textes soient réédités, car ils sont furieusement d’actualité. Toujours. Noir d’os — Mémoires de filles est son premier ouvrage autobiographique.    bell hooks a grandi durant les années 50 et 60 dans Kentucky dans le Sud des États-Unis, à l’époque de la ségrégation. À travers une collection de perceptions et de ressentis rendus comme des petites vignettes de trois pages. hooks traite de racisme, de colorisme, de sexisme, de violence, d’isolement, de sexualité, d’identité et de liberté. On y trouve les signes précurseurs du futur militantisme de l’autrice.   La narration est en grande partie à la troisième personne, même quand elle parle d’elle. Au départ, donne l’impression que c’est imper...