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Mamu : recueil de textes sur l'amour

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Lire  Mamu , c’est entrer dans un territoire où l’amour n’est pas toujours simple. On est loin des histoires cute pis confortables. L’amour, dans ce recueil-là, est traversé par le deuil, l’arrachement, la colère, l’héritage. Certains textes sont habités par une forme de manque. Manque d’un territoire, manque d’une langue, manque d’un lien. Mais il y a aussi de la chaleur, de la douceur et plein de nuances.    Y’a des voix qui m’ont vraiment embarquée. Joséphine Bacon, avec  Le café de la 8e île , m’a happée solide. Court, mais d’une beauté tranquille. J’en aurais pris plus, facilement. Marie-Andrée Gill, dans  Partout et nulle part , livre un amour large, presque diffus, mais profondément senti. Ça, j’ai embarqué. Pis Michel Jean… pas de surprise là. Dans  La somme de leur amour , il raconte, il incarne, il fait ressentir. Ça touche direct. Même chose pour Shayne Michael avec son texte dystopique ( Tambours de l’amour ). Le besoin de contact...

Corps étranger

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« Comment s'ancrer dans une société lorsque nos attaches sont rompues ? Un homme porte en lui l'opacité de ses origines et l'impossibilité de laisser une descendance. Physiothérapeute rigoureux, il soigne ses patients à domicile, sans parvenir à se réparer lui-même. Mais il avance et sillonne un Montréal en chantier, accompagné de son chien Henri et de l'urne de son amoureux. Sa fascination pour les fragilités du corps et son désir d'appartenance l'empêcheront-ils de perdre pied ? Un roman empreint de sensibilité, à la croisée de la fiction, du documentaire et de l'intime.» Dans  Corps étranger  de Denis Fortier, on suit le parcours d’un physiothérapeute qui offre des soins à domicile. Adopté, le narrateur, dont on ne saura jamais le nom, est rongé par l’insécurité et la culpabilité, un mal-être palpable qui se transmet au lecteur. L’écriture se distingue par sa simplicité et sa sensibilité. L’auteur excelle à communiquer les sentiments de son personnage et ...

Même pas morte

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Geneviève Rioux s’est inspirée du drame qui lui est arrivé pour écrire un roman qui frappe comme une tonne de brique.   Steph est une battante et elle n’a aucune intention de mourir pas plus qu’elle a l’intention que son agresseur s’en tire. Elle s’est défendue et est toujours en vie malgré 21 coups de couteau. L’homme s’est sauvé, non sans avoir mangé une volée distribuée par Steph, et la police cherche à l’identifier. Prête à tout, elle collabore avec les forces de l’ordre pour coincer celui qui a tenté de la violer et de la tuer.   Au début, les phrases sont presque télégraphiques pour nous faire respirer au même rythme que Steph, qui est dans l’urgence de la survie, puis du post-trauma. Plus on avance, plus les phrases s’allongent. On sent tout le mépris de l’agresseur dans le « Toé » utilisé par le narrateur pour s’adresser à lui et on est avec lui.    La réaction de la jeune femme, au départ, peut paraître étonnante. À peine arrivée à l’hôpital q...

Raté

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  Raté c’est l’histoire d’un gars, Christian, qui dérape complètement, s’abîme dans le désespoir, tente de se suicider en se jetant devant le métro, manque son coup et se retrouve tétraplégique. Prisonnier de son corps, il doit réapprivoiser sa vie, avec un ado qui lui en veut et une ancienne blonde qui se trouve soudain dans un rôle de proche aidante.   Au départ en crise et donc plutôt désagréable, limite pédant, Christian devient plus sympathique, alors que son état l’amène sur le chemin de l’humilité. Il passe à travers un rude processus d’adaptation qui lui fait revoir ce qui est réellement important pour lui. Maryline, pour sa part, essaie d’être forte et là pour son ex qu’elle accueille à la maison. Elle semble parfois trop parfaite et on aurait envie de sentir davantage la difficulté qu’on sait qu’elle vit à se faire à son nouveau rôle.    Bien que les thématiques de la dépression, du suicide, du handicap, des exigences de la proche aidance, de l’itinérance ...

David Goudreault vient de se hisser à un tout autre niveau avec «Ta mort à moi»

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Quel roman foisonnant, que le dernier roman de David Goudreault. Bien qu’il soit très différent de la trilogie de la Bête, certains thèmes se recoupent. Notamment ce que Tupac Shakur appelle « Thug life » qui est l’acronyme de « The hate ugive little infants fucks everbody » dont la traduction libre est « la haine que l’on donne aux petits baise tout le monde ».C’était le message de La Bête, et c’est encore présent ici, bien qu’un peu plus dilué. Parsemé qu’il est de référence à la littérature, ce dernier roman qui se double également d’un beau témoignage d’amour de la littérature. Par l’entremise du narrateur, qui ébauche de la biographie de la poétesse maudite Marie-Maude Pranesh-Lopez. Son enfance difficile notamment à cause de sa « laideur », de son père trop occupé à « rédiger » un ouvrage de croissance personnelle, d’un jumeau malade qui a tout l’amour de sa mère, même après sa mort. Sans compter que la jeune fille est particulièr...

Petit papillon se brûle les ailes à la passion

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Carl est frappé par un coup de foudre quand il voit M. A. Il développe une solide passion pour elle. Le seul hic, c’est que ce béguin n’est pas réciproque. En fait, M. A. (Myriam Aaron) est une actrice populaire pour qui il est tombé en la voyant à l’écran. Pour nous, il est évident qu’il souffre d’obsession pathologique, mais lui se décrit comme étant « un passionné fou ». Sérieusement, quand on constitue un « temple » pour une personne (il y a regroupé des photos et des affiches de la vedette ainsi que des articles à son sujet), on n’est pas dans la simple passion. Mais tant que ça restait ainsi, ce n’était pas si mal. Les choses se corsent quand il reçoit une réponse formatée à une lettre qu’il lui a envoyée et qu’il décide de la traquer pour qu’elle puisse enfin tomber amoureuse de lui à son tour.   Soyons clairs, de « petites obsessions », on en a tous eu ou on en a tous encore. Pensez à l’adolescence, période propice à ce genre de passion et à ...

Abattre la bête : le summum pour la fin

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C’est avec un plaisir doux amer de retrouver la Bête, car on sait que c’est la dernière fois. Incarcérée à l’Institut Philippe Pinel, la Bête fomente des « plans de nèg », comme je suis sûre qu’il les décrirait lui-même, pour retrouver sa mère. Eh oui, cette obsession n’est pas près de lui passer! La Bête, toujours en quête d’amour et de reconnaissance, tombe amoureuse ou « en amitié » à rien. Elle démontre une naïveté désarmante, preuve de son développement affectif cristallisé dans la prime enfance. C’est pour cela que l’on s’y est attaché et qu’elle nous manquera. C’est aussi pour cela qu’elle se mettra dans des situations toujours plus abracadabrantes. Que dire de plus sinon que la Bête est encore plus déchaînée que jamais? Elle et l’auteur, David Goudreault, sont au summum de leur forme dans ce dernier opus. Non, mais quel esprit inventif, vif, fabuleux! La plume alerte et vitriolique de Goudreault rythme le récit de telle manière qu’il semble qu’on entend l’hom...

Une suite épatante pour David Goudreault

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La bête est incarcérée dans une prison à sécurité maximale, dans l’aile psychiatrique, ce qu’il trouve plutôt incohérent, puisqu’il n’a pas été jugé incompétent à subir son procès, pour cause de maladie mentale. Il doit y purger une peine de 16 ans. Être l’esclave de tous, très peu pour lui. Comment fera-t-il pour s’imposer dans le milieu carcéral qu’on sait hyper hiérarchisé? Au fur et à mesure que son séjour avance, il se découvre de grandes ambitions. À défaut d’avoir eu l’amour et la reconnaissance de sa mère, il sera connu du monde. Il tuera à nouveau et passera aux nouvelles? Comment? Quand? Il ne sait pas, mais il réfléchit à une façon de réaliser ce grand projet. Ce qu’on lit, c’est le fil des événements qui se sont passés après son deuxième meurtre. On sait donc qu’il tuera à nouveau. On ne sait pas quand ni comment. Tout comme dans La bête à sa mère , c’est abrasif et c’est sombre. Mais c’est aussi rempli d’un humour parfois loufoque. Il y a de nombreux passages qui sont carr...

Poutine pour emporter

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Chaque étape de la vie a une crise associée. Celle de la vingtaine n’est pas moins importante que les autres. Si elle est gérée de manière constructive, avec des prises de consciences et de décisions claires qui mèneront sur des actes concrets, voilà l’individu en possession de nouvelles bases qui lui permettraient de mener une existence plus satisfaisante. Si ce n’est pas le cas, il se retrouvera pris dans des schémas répétitifs qui ne pourront que mener à l’aigreur, le ressentiment, le cynisme. Pour Fred, 27 ans, la vie n’est tout simplement pas ce à quoi il s’attendait. Petit gars de Rimouski qui est partie à Montréal surtout pour fuir sa famille, Fred est, selon ses propres termes un chokeux . Le genre de gars qui a trop peur d’être heureux, t’sais. Un gars qui se fuit, qui en veut à ses parents de l’avoir éduqué de façon à se contenter de ce qui passait (même s’il avait l’esprit de compétition au soccer). Il abrite une haine particulière pour sa grand-mère, un peu dévote, ...