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Affichage des messages portant l'étiquette littérature française

Tssitssi

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Hélène a 16 ans et elle a envie de vivre comme les influenceuses ou toute personne qu’elle voit flasher du luxe sur les réseaux. Elle est prête à tout pour se faire payer ou acheter des trucs, avoir des produits ou soins de luxe. Son amie Poppée, 19 ans, lui suggère de se dénicher un Sugar Daddy . Elle décide de sauter le pas et choisit Tssitssi comme nom de Sugar Baby .    De prime abord, cette jeune fille est insupportable. Au deuxième abord aussi. Elle ne sait rien, n’a pas de culture générale, est naïve et ignorante. Claire Castillon veut vraiment qu’on la trouve idiote, pas intelligente. Tssitssi est caricaturale. Tous ses traits sont trop gros. Et c’est trop. Si c’est pour faire de l’humour, c’est raté. Ça m’a donné l’impression que Castillon ne connaît pas les ados ou peut-être même qu’elle les méprise. On sent que l’autrice pose d’énormes jugements sur elle. À tout le moins, il y a un manque de finesse dans le traitement de ce personnage.    La mère...

Capital rose, par Tom Connan

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Paul, 24 ans, jeune sans grande ambition, a toujours rêvé d’une vie ordinaire. Il est injustement congédié pour motif grave (avoir volé dans la caisse), mais il n’a pas commis cette faute. À cause de la raison de son licenciement, il n’arrive pas à se trouver un nouvel emploi. Sans revenu, les loyers sont en retard, les comptes s’empilent et, malgré l’aide des banques alimentaires, il peine à se nourrir. Un ami lui suggère d’essayer la prostitution homosexuelle plus lucrative que l’hétérosexuelle. Ainsi, il se lance dans le travail du sexe de manière indépendante à l’aide d’une plateforme Internet (pas de proxénète ni d’agence) en recevant ses clients chez lui. Ses affaires vont si bien que le rêve de s’acheter un petit appartement à Paris s’éveille en lui. Rapidement, il ouvre un compte OnlyFans et ses revenus explosent. Il devient l’un des TDS les plus populaires sur les réseaux sociaux. Ce qui vient avec une part de jalousie et de haine. Ce qui a un certain effet sur lui, alors ...

La vie heureuse

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Une petite lecture que je qualifierais presque de « feel good », si je compare mes lectures habituelles. Lire du Foenkinos, c’est un peu du bonbon . Son écriture coule de source et il aborde tous ces sujets avec finesse et sensibilité. C’est avec intérêt que j’ai suivi le cheminement d’Éric et d’Amélie.    Éric mène une existence assez rangée, bercée (presque endormie) au rythme du métro-boulot-dodo. Jusqu’au jour où une ancienne copine de classe perdue de vue depuis 20 ans lui propose de faire partie de son équipe qui a pour mandat de recruter des investisseurs à l’étranger. Lors d’un voyage en Corée, Éric fera une découverte qui le bouleversera. Une entreprise offre à leur client de vivre leurs funérailles à l’avance. Ce rituel permettrait de conscientiser la nécessité d’un changement, de canaliser les énergies pour apporter ces changements pour enfin mener une vie heureuse. C’est l’essence du message que Foenkinos souhaite transmettre.    Un roman q...

Grande couronne, de Salomé Kiner

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Nous sommes en banlieue pavillonnaire de Paris, en 1999. Une adolescente de 14 ans rêve de sa vie future en regardant passer les trains. Désirant porter des marques comme les autres ados du collège, et alors que sa mère refuse de lui en acheter, la désinvolte narratrice intègre un petit réseau de prostitution juvénile qui offre des services de masturbation et fellation à une clientèle de jeunes hommes.   Parallèlement à cela, la cellule familiale explose. Alors que sa mère sombre dans une dépression et que sa sœur aînée quitte pour l’Espagne, la jeune fille devient en quelque sorte une mère de substitution pour ses deux petits frères.    Grande couronne  se penche sur l’adolescence, les rêves, les espoirs et les désillusions. Un certain humour vient tempérer des thématiques plus lourdes, ce qui en fait une lecture plus légère qu’il n’y paraît. Aussi, ce qui participe à diminuer l’intensité émotive du roman, mais qui est peut-être moins souhaitable, c’est qu’on n...

On était des loups : j'ai failli passer à côté!

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Voilà, je reprends les chroniques sur les prix littéraires. On était des loups a remporté le prix Jean Gioni et le Renaudot des collégiens et est en lice pour d'autres prix cette année.   Liam, un mec un peu fruste, acerbe, très terre à terre, pragmatique. Un genre d’ermite qui demeure dans la forêt montagneuse. Il rencontre Ava au hasard d’un périple en ville. Ils deviennent amoureux et elle quitte tout pour habiter dans la montagne avec lui. Après de nombreuses discussions, ils ont un enfant. Malgré les réticences de l’homme, qui estime que leur milieu et leur mode de vie sont incompatibles avec les enfants. C’est déjà difficile et dangereux pour un adulte, il ne voit donc pas comment ce projet pourrait être réaliste. Mais Ava l’avait assuré qu’elle se chargerait du bébé.  « … parce qu’un enfant est une tâche immense, ça signifie s’occuper de quelqu’un d’autre que soi et je ne suis pas sûr qu’on en soit tous capables. C’est étrange que je n’aie jamais eu peur de rien, la nui...

Stardust, de Leonora Miano

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**   Roman   qui   figurait   sur   la   liste   préliminaire   du   Prix   des   Libraires du Québec ,   catégorie   Roman   -   Hors   Québec ** C’est un texte très personnel que   Stardust . C’est le premier roman qu’a écrit Léonora Miano, il y a 20 ans. Elle a attendu pour publier. Attendu de voir comment ça allait, attendu pour le retravailler. Attendu de se faire un nom et de ne pas être qu’une « sans papiers, sans abris ». Maintenant que son statut d’écrivaine est confirmé, elle se permet de le faire publier. Et à la lecture, on comprend un peu. On est devant un roman audacieux ! Stardust  est une autofiction basée sur son expérience alors qu’elle avait 23 ans. Elle y aborde la situation dans laquelle elle s’est retrouvée après une rupture avec son copain, père de son bébé. N’ayant pu renouveler son visa d’étudiante parce qu’elle ne pouvait pas fournir une preuve de résid...

GPS, de Lucie Rico : quand réalité et virtualité semblent se confondre.

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Une journaliste (on saura qu’elle s’appelle Ariane dans la deuxième moitié du roman) de faits divers au chômage qui vit recluse en raison de tendances agoraphobe et dépressive est invitée à une soirée pour célébrer les fiançailles de sa copine Sandrine. Nerveuse à l’idée de sortir de chez elle et de devoir se rendre seule et sans voiture, elle essaie de se défiler. Son amie lui assure qu’elle l’aidera. La journaliste reçoit alors une notification de Google Maps qui dit ceci : « Sandrine souhaite partager sa localisation avec vous. » Ariane y arrive tant bien que mal en ne lâchant pratiquement pas son écran des yeux. Le lendemain, on apprend que Sandrine est disparue, mais le point rouge est encore actif. Et c’est là le départ de la quête obsessive d’Ariane pour retrouver Sandrine. Quête qui se passera en majeure partie dans son appartement, puisqu’elle est toujours craintive de se hasarder à l’extérieur. On est aspiré dans une espèce de course-poursuite à saveur d’aventur...

Le Goncourt 2022, c'est bon?

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En juin 1999, à la veille d’emménager dans leur nouvelle maison, le conjoint de Brigitte Giraud décède dans un accident de moto. La moto du frère de Brigitte qu’il n’aurait pas dû conduire. Vingt ans plus tard, alors qu’à regret elle a vendu la maison, l’auteure souhaite en finir avec le deuil de son mari et tourner une page.  Ainsi, elle se lance dans ce qui est en fait l’exploration de l’effet papillon. Ce sont une vingtaine de « et si…   ? » dans lesquelles on trouve une douzaine de supplications à son conjoint de prendre une décision différente. D’une écriture précise, sans fioritures, elle défait les morceaux de casse-tête qui ont ensemble formé le drame de sa vie. C’est un long jeu de suppositions.  Un deuil, c’est complexe. Parfois, ça se complique et on peut être, comme l’auteure, pris pendant de très longues années dans un espèce de vortex à spéculer sur ce qui aurait pu changer la réalité et à la refuser. Vingt ans à se demander « Etsi… ? » C’es...

Le consentement : L'autre version des faits rapportés dans les journaux d'un pédophile

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Voici enfin ma chronique sur le livre qui a tant fait jaser au début janvier. Il faut dire que les ventes ont été telles que la sortie au Québec en a été retardée d’un bon mois.  Quelle lecture nécessaire   ! Oui, nécessaire, car il est primordial que les victimes puissent faire entendre leur voix et donner leur version de ce qui s’est passé. Alors que Gabriel Matzneff raconte sa version de ses crimes sexuels (parce que c’est bien de ça qu’il s’agit) depuis plus de 40 ans, voilà que Vanessa Springora, une des nombreuses adolescentes maintenant adultes avec lesquelles il a entretenu une relation, nous livre sa version des faits. D’une écriture maîtrisée au ton juste, l’autrice ajoute sa voix à celles qui déferlent depuis le début du mouvement #Metoo .  Dans son récit, Vanessa Springora prend son lecteur et refait avec lui le chemin qui l’a mené dans les griffes de ce prédateur sexuel ayant pour préférence de jeunes filles et parfois des jeunes garçons. Le portrait qu’ell...

Figurante de sa propre vie

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  Pauline Klein nous livre un roman qui pose des questions assez philosophiques. Qu’est-ce que l’identité   ? Sommes-nous « un » ou bien sommes-nous la somme des personnages que nous jouons selon le contexte et les personnes avec qui nous sommes   ? Sommes-nous autre chose qu’une construction que nous donnons à voir   ? Dans ce contexte, est-ce si important de définir son identité   ? Camille se trouve au passage de l’âge adulte, l’un des moments où la question de l’identité en est une sur laquelle on se questionne davantage. On y est appelé à se définir.  Elle mène une vie relativement tranquille, sans grandes ambitions. Que veut-elle   ? Pas grand-chose. Elle erre dans un train-train quotidien pour le mieux ennuyant. Elle ne cherche pas à lui donner un sens particulier, mais à survivre, car elle a toujours attendu de la vie de survivre. Rien de plus. Plutôt désabusée, elle se trouve un emploi qui l’ennuie et où elle fait un peu n’importe quoi, se foutant de bien ...

L'étincelle, de Karine Reysset

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C’est le premier roman de Karine Reysset sur lequel j’ai eu la chance de poser mes yeux et ce ne sera probablement pas le dernier. Lorsqu’elle reçoit une invitation au mariage d’une amie qu’elle n’a pas revue depuis trente ans, Coralie se remémore l’été de ses 18 ans, alors qu’elle a été invitée à passer plusieurs à la maison de campagne d’une nouvelle amie qu’elle s’est faite à l’université, Soline. Trop heureuse que quitter le triste pavillon qu’elle habite avec sa mère et son petit frère, elle accepte avec plaisir. Rapidement, elle est plongée dans un milieu bien différent du milieu familial austère et gris, surtout depuis que ces parents ont divorcé. Impressionnée par leur culture et leur capacité à profiter de la vie et surtout de faire farniente durant les vacances, elle leur emboîte le pas et décide de profiter à plein de son été, formant un trio tissé serré avec Soline et son ami Thomas. Alors que tout baigne dans la légèreté et le plaisir, une jeune fille de 10 ans d...

Un premier roman singulier pour Adeline Dieudonné

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Je l’ai attendu longtemps. Comme il figurait parmi les premiers titres retenus pour quelques prix littéraires, le Québec a dû attendre quelques semaines supplémentaires avant la sortie du roman. J’avais vu l’auteure à On n’est pas couché, émission culturelle et politique française. J’ai tout de suite voulu le lire   ! Comme c’est enfin chose faite, je peux maintenant en parler… mais que dire sans mentionner des éléments clés dont le dévoilement pourrait nuire au plaisir du lecteur de découvrir par lui-même petit à petit de quoi il en retourne. Lauréat du Prix FNAC, mis en lice pour le Goncourt des lycéens, le Goncourt et le Renaudot, La vraie vie d’Adeline Dieudonné, premier roman de l’auteure-trice est fort singulier. Dans la maison, il y a une jeune fille avec une imagination foisonnante, son petit frère, sa mère l’« amibe » et son père le chasseur au tempérament violent et prédateur qui collectionne ses trophées de chasse dans une pièce de la maison que la narratrice app...

Un premier roman bouleversant pour Inès Bayard

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  Le roman commence fort. Marie a décidé de tuer son mari et son fils avant de s’enlever la vie. Certains appellent ça un drame familial, mais j’appelle un chat un chat et ici, il s’agit de deux meurtres suivis d’un suicide. Tout comme c’est le cas quand un homme se suicide après avoir tué sa famille. J’ai toujours détesté l’expression « drame familial » pour décrire ce genre de situation. C’est banaliser la violence. Enrober de sucre une réalité amère. Bref, ce premier chapitre nous amène donc à la fin de l’histoire, qu’on reprend depuis le début dès le deuxième chapitre. Que s’est-il produit pour que Marie en arrive là   ? Elle semble pourtant tout avoir. La trentaine, un mari qui l’aime et qui aune carrière enviable dans le domaine du droit, elle mène elle-même une carrière intéressante dans une agence bancaire. Ils vivent dans un bel appartement parisien, ont de bons amis, de bonnes relations avec leur famille. Et ils souhaitent maintenant devenir parents. Tout va po...

Entretien avec Michel Bussi pour la sortie de son roman Le temps est assassin

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crédit photo : D. Ghosarossian Michel Bussi était au Québec la semaine dernière afin de faire la promotion de son dernier roman Le temps est assassin, maintenant disponible en librairie au Québec. C'est par téléphone que je me suis entrenue avec lui après avoir lu le polar en question.  L’histoire Le roman s’ouvre sur Clotilde, une ado de 15 ans, écouteurs sur les oreilles, journal intime sur les genoux. Elle doit rejoindre son père, sa mère et son frère pour aller à un spectacle à Prezzuna, en Corse. Du Manu Chao plein les oreilles, elle résiste encore quelques instants, le temps de terminer d’écrire ce qu’elle avait commencé, mais son père arrive en trombe, lui tirant impatiemment le bras pour la traîner jusqu’à la Renaud Fuego rouge afin qu’elle y prenne place. Il est temps de partir et elle n’y échappera pas! Tous quatre s’élancent sur les lacets corses, le spectacle va bientôt commencer. Mais ils ne le verront jamais. La Fuego rate un virage et plonge dans un ravin. Seule Clot...