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Jacaranda

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Dans ce deuxième roman, Gaël Faye nous présente sur 30 ans et quatre générations, les diverses conséquences du génocide. On y rencontre Milan qui, en 1994, a 12 ans. Il habite en France avec sa mère née au Rwanda, pays qu’elle a quitté en 1973, et son père français. Son premier réel contact avec le Rwanda, c’est à travers les fragments des infos qui rendent compte du génocide des Tutsis qu’il voit à la télé avant que sa mère change de chaîne. Elle a toujours refusé de parler de sa vie avant la France, de sa famille, et ce n’est pas aujourd’hui qu’elle va commencer.    Quelques mois plus tard, ils accueillent Claude, un gamin rwandais du même âge, sérieusement blessé à la tête. Milan l’accepte comme son petit frère et promet de prendre soin de lui. Mais après un voyage dans la famille en Belgique, sa mère revient sans Claude, sans explications. À ce moment, cette impossibilité de discuter avec sa mère, le silence que celle-ci garde au sujet de sa vie au Rwanda, de sa ...

Stardust, de Leonora Miano

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**   Roman   qui   figurait   sur   la   liste   préliminaire   du   Prix   des   Libraires du Québec ,   catégorie   Roman   -   Hors   Québec ** C’est un texte très personnel que   Stardust . C’est le premier roman qu’a écrit Léonora Miano, il y a 20 ans. Elle a attendu pour publier. Attendu de voir comment ça allait, attendu pour le retravailler. Attendu de se faire un nom et de ne pas être qu’une « sans papiers, sans abris ». Maintenant que son statut d’écrivaine est confirmé, elle se permet de le faire publier. Et à la lecture, on comprend un peu. On est devant un roman audacieux ! Stardust  est une autofiction basée sur son expérience alors qu’elle avait 23 ans. Elle y aborde la situation dans laquelle elle s’est retrouvée après une rupture avec son copain, père de son bébé. N’ayant pu renouveler son visa d’étudiante parce qu’elle ne pouvait pas fournir une preuve de résid...

Le consentement : L'autre version des faits rapportés dans les journaux d'un pédophile

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Voici enfin ma chronique sur le livre qui a tant fait jaser au début janvier. Il faut dire que les ventes ont été telles que la sortie au Québec en a été retardée d’un bon mois.  Quelle lecture nécessaire   ! Oui, nécessaire, car il est primordial que les victimes puissent faire entendre leur voix et donner leur version de ce qui s’est passé. Alors que Gabriel Matzneff raconte sa version de ses crimes sexuels (parce que c’est bien de ça qu’il s’agit) depuis plus de 40 ans, voilà que Vanessa Springora, une des nombreuses adolescentes maintenant adultes avec lesquelles il a entretenu une relation, nous livre sa version des faits. D’une écriture maîtrisée au ton juste, l’autrice ajoute sa voix à celles qui déferlent depuis le début du mouvement #Metoo .  Dans son récit, Vanessa Springora prend son lecteur et refait avec lui le chemin qui l’a mené dans les griffes de ce prédateur sexuel ayant pour préférence de jeunes filles et parfois des jeunes garçons. Le portrait qu’ell...

Vernon Subutex, tome 2

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Ça m’a demandé un certain temps avant de rédiger cette chronique. D’une part, ma situation médicale s’est posée en obstacle, d’autre part, j’avais besoin de prendre une certaine distance quant au deuxième tome de cette fresque sociale de la France d’aujourd’hui. On retrouve Vernon Subutex dans la rue, malade et fiévreux. Un homme, qui s’avère à être Charles, un prolo qui a gagné à la loto, mais qui ne l’a dit à personne – même pas à sa compagne de longue date – veille sur Vernon. Il lui apporte des oranges et des Dolipranes. Grâce à ses bons soins, il se rétablit tranquillement. Les individus qui le cherchaient dans le premier tome pour obtenir les enregistrements d’Alex Bleach sont toujours à sa recherche. Après maints efforts, ils le retracent. La Hyène convoque alors tout le monde pour un visionnement privé des bandes vidéo qu’elle a subtilisé dans l’appartement de Sylvie. Depuis l’attaque subie par Xavier dans le tome précédent, Vernon n’est plus le même. La vie dans la rue l’a cha...

Conversations d'un enfant du siècle

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Cet automne, Frédéric Beigbeder nous offre un recueil de conversations. Il y a colligé quelques dialogues, ayant eu lieu entre 1999 et 2014, avec des écrivains qu’il a rencontré, et quelques-uns qu’il aurait aimé rencontrer. Ces derniers sont bien sûr des discussions imaginaires, vous l’aurez deviné. Le but de l’exercice : échanger sur des questions plus ou moins relatives à leurs livres, qui sont des prétextes pour parler de littérature et même de la vie en général, puisque la littérature raconte la vie. Certains échanges sont plus profonds, mais à la Beigbeder, c’est-à-dire qu’il y a intégré un peu de folichonneries. On sait bien que d’une part, c’est plus plaisant de le faire en s’amusant un peu, et d’autre part, Beigbeder n’aime pas trop faire dans le traditionnel sérieux qui entoure généralement ce type de rencontres. Beigbeder voulait également tenter de déceler la méthode de travail des écrivains interviewés et leur façon de l’aborder. Je ne sais pas s’il estime avoir attein...

Profession du père

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En 1961, Émile Choulans a 12 ans. Il est chétif, asthmatique et médiocre à l’école, mais nourrit une passion pour le dessin. À la maison, la vie n’est pas plus aisée pour lui. Sa mère, employée d’une compagnie de transport, est effacée, engoncée dans des routines strictes, généralement confinée à la cuisine. Son père est un homme énigmatique qui a pratiqué une foule de métiers extraordinaires. Il a été pasteur, professeur de judo, parachutiste et j’en passe. La famille vit cloîtrée dans une maison où la lumière entre rarement, où l’on ne reçoit personne, où le père les tyrannise de ses sautes d’humeur. C’est un mythomane violent que femme et enfant redoutent. Émile est terrifié par son père, mais il est aussi fasciné par lui. Le jeune garçon croit sincèrement ce que son père lui dit. Pourquoi douterait-il de lui? C’est son père et il sait être convaincant et tuer dans l’œuf tout questionnement qui le mettrait dans l’embarras. Quand son père entre à la maison et déclare que c’est la gue...

Oona & Salinger … et beaucoup de Beigbeder!

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Beigbeder, Beigbeder, Beigbeder… Soit on est un admirateur ou on ne l’est pas. Moi, je le suis. Ça ne veut pas dire que je partage sa vision, ou plus précisément sa perception des choses. J’avais toutefois très hâte d’entrer dans l’histoire qui relate des faits avérés (et documentés) ainsi que des éléments fictionnels. Ce n’est pas un hasard qu’il ait choisi de parler de Salinger en relatant cette histoire d’un amour malheureux. Pas seulement pour faire différent et aborder un autre aspect de la vie de Salinger. Beigbeder aime les amours malheureuses, c’en est presque obsessif. Je le soupçonne fortement de vouloir croire en l’amour heureux, mais d’avoir si peur d’être blessé qu’il se concentre sur les cœurs brisés pour se convaincre qu’il a raison d’avoir la trouille d’être blessé. Tout débute quand Jerome David Salinger rencontre Oona O’Neill au Stork Club alors qu’il a 22 ans, et Oona, 15 ans. Celle-ci est accompagnée de ses inséparables amis Gloria Vanderbilt et Carol Marcus et Trum...