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Chiens des Ozarks

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J’adore les romans noirs. C’est un de mes genres préférés. Bien sûr, je les aime bien ficelés et avec de beaux personnages tous en aspérités et bien définis. Ici, j’ai été servie ! Je ne sais pas comment vous expliquer ça, j’ai pris le livre, j’ai plongé, j’ai été maintenue sous l’eau et j’en ai émergé à la toute fin, repue. Vers la page 80, j’ai eu peur de ce qui allait se passer. Réellement, je n’étais pas certaine de continuer à lire, à ce point-là. Mais je devais absolument savoir ce qui allait arriver.   Afin de se protéger d’éventuelles attaques, Jeremiah et Jo vivent dans une forteresse de métal au centre de la casse (cour à scrap) de Jeremiah. Ils sont seuls. Le fils du vieil homme est en prison. La mère de Jo n’est nulle part. La femme de Jeremiah est morte. Opposée à tout ce métal et ces armes, la nature y est omniprésente dans le roman à travers la rivière et les monts Ozarks. Possédant sa dureté bien à elle, elle vient parfois équilibrer, calmer.    Chaqu...

L'affaire Emmett Till

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Emmett Till avait 14 ans. Le jeune garçon de Chicago était venu passer l’été 1955 dans sa famille dans le Mississippi. Il aurait sifflé une femme blanche. Celle-ci, outrée, en aurait parlé à son mari.   Roy Bryant et son beau-frère,  J. W.   Milam, se pointent chez l’oncle de Till et l’amènent.   Trois jours plus tard, son corps affreusement battu a été repêché d’une rivière.   Cette affaire de l’époque où la ségrégation avait encore cours est devenue un cas emblématique du mouvement des droits civils. Parce que les deux accusés ont été innocentés par un jury entièrement blanc.    Jean-Marie Pottier nous livre un dossier très complet et très fouillé. La moitié du livre porte sur après 1956. L’autre moitié s’attarde sur les suites du procès et des démarches de la mère ainsi que du mouvement des droits civiques pour obtenir justice. En effet, de nouveaux rebondissements et enquêtes ont eu lieu notamment en 2004 et 2008. Puis, en 2008, l’Emmett ...

Brown girls / Les filles comme nous

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English review will follow Je vous disais dans la chronique de  The Other Black Girl  que la prochaine partagerait des points communs avec elle. Hormis les titres semblables, bien sûr. En raison des similarités j’ai choisi de les publier l’une après l’autre, même si je n’ai pas lu les deux livres consécutivement (il s’est écoulé plus d’un mois entre les deux).   Brown Girls / Les filles comme nous  contient environ 200 pages, mais ça m’a pris un peu plus de temps à lire qu’un bouquin de même volume, parce que je n’arrêtais pas d’inscrire des annotations. Je dois mentionner qu’on est devant un style peu ordinaire. Narré à la première personne du pluriel c’est un roman polyphonique, un « nous », une réelle chorale. Ce sont les voix de toutes les filles qui ne sont pas caucasiennes (d’origine sud-américaine, asiatique, antillaise, etc.). Il ne s’agit pas ici d’un récit d’apprentissage dans le sens de passage à l’âge adulte, mais plutôt de la vie, du début...

Un suspense ingénieux que l'on termine à bout de souffle

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  Un autre pavé de près de 1000 pages où Iles manœuvre habillement ses innombrables intrigues et personnages clés. Si vous vous souvenez, j’avais vraiment aimé Brasier noir, qui a été mon coup de cœur de lecture cet été. C’est donc avec plaisir que je me suis plongé dans le deuxième tome de la trilogie.  Je vous vends la mèche d’emblée : je n’ai pas été déçue. L’Arbre aux morts est encore plus fort que Brasier noir. Réel roman à sensations fortes où l’on reprend exactement où l’on avait quitté les personnages. Pour être sûr que l’on se souvienne bien de tout, l’auteur resitue habilement le lecteur au cours des premiers chapitres, sans qu’il le sente. Dans cet opus, les intrigues se centrent davantage sur le complot pour assassiner JFK ainsi que sur Forrest Knox, chef du bureau d’investigations criminelles de la police d’État de la Louisiane et fils de Franck Knox, fondateur des Aigles bicéphales. L’enquête que mène Penn Cage, le maire de Natchez, ainsi que sa fian...

Un excellent roman de Deni Ellis Béchard

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  Note : Je crois important de spécifier que j’utiliserai, avec un certain malaise, les dérivés de la famille du mot « race » dans ce texte, bien que la science a démontré que le concept de race ne s’applique pas aux êtres humains. J’en aurais long à dire à ce sujet, mais ce sera sur une autre plateforme. ;-) Voilà qui est dit. C’est avec enthousiasme et grande curiosité que je me suis lancée dans la lecture de Blanc, de Deni Ellis Béchard. Mon père étant né au Congo-Brazzaville, juste de l’autre côté du fleuve de la République démocratique du Congo. Disons que c’était un élément de plus pour stimuler mon intérêt de lecture. Le dernier roman de Deni Ellis Béchard présente le journaliste Deni Béchard qui s’envole pour Kinshasa, en République démocratique du Congo, pour traquer un mystérieux militant écologiste sans scrupule qui se cache dans une forêt de la RDC. Il planifie rédiger un papier sur l’homme, autour duquel des rumeurs de pédophilie et de corruption circ...

Un autre excellent roman de Toni Morrison

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La Nobel de la littérature de 1993 a souvent écrit sur le passé des Afro-Américains. Ce roman-ci se situe majoritairement à notre époque. Hormis quelques passages de l’enfance du personnage principal. Lula Ann Bridewell (devient Bride) est née d’une mère métisse (personnellement, j’aime moins le qualificatif mulâtre, même s’il est utilisé dans le texte), dont la couleur de peau est claire, tout comme celle de son mari. Or, Lula Ann est noire comme du café. Son père, convaincu que sa femme l’a trompé, les abandonne rapidement. Sweetness, la mère de la petite, la rejette. Elle s’en occupe, mais elle en a profondément honte. Elle ne veut pas qu’on sache qu’elle est sa fille. Après le départ du père, elle visite des appartements, mais sans Lula Ann afin de ne pas subir le racisme de la part des locateurs. Aussi, lorsqu’elle se promène dans la rue, elle ne prend pas sa fille par la main. Elle ne veut pas qu’on croie que c’est la sienne. Lula Ann grandira en se sentant coupable de vivre. Cou...