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La nuit au cœur

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La nuit au cœur est un livre indéniablement touchant, immanquablement révoltant et éminemment nécessaire.  Ce qui le distingue des autres livres sur le sujet, c’est la volonté de l’auteure de retirer la honte et d’aller au-delà du statut de victime de violence ou de féminicide. Elle parle des femmes joyeuses qu’elles étaient avant la violence, en dehors des épisodes violents. Pour rappeler qu’elles étaient plus que des victimes de féminicide. Pour illustrer l’énorme tragédie de la violence faite aux femmes et des féminicides.    J’ai été outrée de voir à quel point la justice a fait défaut à ces femmes. Et, malheureusement, ce ne sont pas des cas isolés. Une modification des lois et une meilleure application sont cruciales pour sauver des vies.  Le seul endroit où mon avis diffère avec l’auteure, c’est quand elle affirme que « les explications psychologisantes » ne servent qu’à excuser les agresseurs. Or, je crois qu’elles peuvent servir à traiter...

Veiller sur elle

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  Je ne suis pas généralement fan des romans historiques. Mais celui-là m’a beaucoup plu. Notamment parce que l’histoire (avec un grand H) est secondaire aux personnages et que ceux-ci ne sont pas parfaits. Il y a le jeune Mimo Vitaliani, un homme de petite taille. Il deviendra un sculpteur renommé un peu dépravé, dont l’œuvre ultime, La Piéta, sera gardée cachée dans un monastère. Puis Viola, une aristocrate rebelle, anti-conventionnelle, forte et vulnérable à la fois, résolument féministe. Deux êtres qui n’auraient pas dû se rencontrer se croisent au hasard et lient une amitié souventes fois mise à l’épreuve à travers les décennies. À eux se joint une galerie de personnages qu’on aime et qu’on déteste.   La fresque historique et sociale dans laquelle l’auteur aborde l’amitié, l’amour, la puissance, le fascisme, le milieu de l’art, la lutte des classes, la religion, les rôles sociaux,  s’étend de 1914 à 1986. Grâce à une écriture simple et accessible à tous, on se glisse...

Le Goncourt 2022, c'est bon?

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En juin 1999, à la veille d’emménager dans leur nouvelle maison, le conjoint de Brigitte Giraud décède dans un accident de moto. La moto du frère de Brigitte qu’il n’aurait pas dû conduire. Vingt ans plus tard, alors qu’à regret elle a vendu la maison, l’auteure souhaite en finir avec le deuil de son mari et tourner une page.  Ainsi, elle se lance dans ce qui est en fait l’exploration de l’effet papillon. Ce sont une vingtaine de « et si…   ? » dans lesquelles on trouve une douzaine de supplications à son conjoint de prendre une décision différente. D’une écriture précise, sans fioritures, elle défait les morceaux de casse-tête qui ont ensemble formé le drame de sa vie. C’est un long jeu de suppositions.  Un deuil, c’est complexe. Parfois, ça se complique et on peut être, comme l’auteure, pris pendant de très longues années dans un espèce de vortex à spéculer sur ce qui aurait pu changer la réalité et à la refuser. Vingt ans à se demander « Etsi… ? » C’es...