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La ligne de nage : la piscine comme métaphore

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Dans   La ligne de nage , Julie Otsuka utilise un lieu en apparence banal — la piscine — pour déployer une métaphore puissante de notre société, de nos rythmes de vie et de nos fractures contemporaines. La piscine devient un microcosme : un espace clos où se croisent les corps, les règles, les obsessions, les peurs et les croyances. Le roman aborde de nombreux thèmes : l’addiction (ici celle de la nage), le vieillissement, le traitement parfois déshumanisant des personnes âgées en centre, les divisions sociales, la circulation des fake news et des théories complotistes, ainsi que notre rapport au temps et à la norme. Pourtant, rien n’est pesant. L’humour discret, parfois absurde, rend la lecture accessible. C’est un roman que l’on peut lire à plusieurs niveaux, selon notre disponibilité mentale : en surface, comme une chronique originale du quotidien ; plus en profondeur, comme une réflexion sociale et existentielle. Alice est le fil conducteur du récit. Même si le premier chapitre...

Dire Babylone

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Babylone est le nom que donnent les rastafaris à l’État (qu’ils disent raciste). Selon eux, Babylone méprise et enchaîne le peuple et il faut s’en tenir le plus loin possible, dans les montagnes. Mais ne se rendaient-ils pas compte qu’il y avait aussi une forme de chaînes mentales dans le Rastafari ?   Toute la famille vit selon la météo des humeurs du père. Le contrôle de celui-ci augmente peu à peu, les isole de plus en plus au même rythme que sa paranoïa s’accroît. Plus le droit de courir, ou même de sortir de la maison. Le tout ayant pour but de préserver la pureté de leur  livity . La  livity  est un concept spirituel qui est un mode de vie en accord avec tous les êtres vivants et le divin. Pour le père, c’est aussi quelque chose qu’ils ont en eux et que Babylone et de mauvaises fréquentations peuvent souiller.    Tout au long du roman, un leitmotiv, cette désignation : mes frère et sœurs et moi. Ils sont soudés. Un front commun. Car, ils n’ont qu...