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La vie heureuse

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Une petite lecture que je qualifierais presque de « feel good », si je compare mes lectures habituelles. Lire du Foenkinos, c’est un peu du bonbon . Son écriture coule de source et il aborde tous ces sujets avec finesse et sensibilité. C’est avec intérêt que j’ai suivi le cheminement d’Éric et d’Amélie.    Éric mène une existence assez rangée, bercée (presque endormie) au rythme du métro-boulot-dodo. Jusqu’au jour où une ancienne copine de classe perdue de vue depuis 20 ans lui propose de faire partie de son équipe qui a pour mandat de recruter des investisseurs à l’étranger. Lors d’un voyage en Corée, Éric fera une découverte qui le bouleversera. Une entreprise offre à leur client de vivre leurs funérailles à l’avance. Ce rituel permettrait de conscientiser la nécessité d’un changement, de canaliser les énergies pour apporter ces changements pour enfin mener une vie heureuse. C’est l’essence du message que Foenkinos souhaite transmettre.    Un roman q...

Le temps du paysage

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Lundi j’ai fait la lecture du dernier bouquin d’Hélène Dorion. Lundi, je me suis plongé dans ses mots, ses images. Lundi, elle m’a plongé dans mes zones de brouillard. Dans un état presque méditatif, j’ai lu, j’ai vu ce qu’elle a couché sur les pages. J’ai vu, ressenti et pu nommer le petit malaise qui m’habitait depuis quelques semaines. Lundi, après ma lecture, j’ai peint ce que je vivais. Lundi, j’ai mis des mots sur l’inconfort que je couvais. La littérature a la capacité de nous émouvoir. La bonne littérature va plus loin encore. Elle a le pouvoir de résonner en nous et nous amener à une meilleure conscience de nous-même. De nous pousser à agir pour avoir une vie qui nous convient. C’est ce qu’a fait Le temps du paysage pour moi. Ce petit bouquin est composé de textes et d’images qu’Hélène Dorion a écrit et prises alors qu’elle était effectuait une résidence littéraire en Italie. À travers les mots et les paysages, elle y explore les états transitoires où l’on ne peut encore ape...

Communication post-mortem

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Pour acheter ce livre, cliquez sur l'image Par Yannick Ollassa/La Bouquineuse boulimique Vickie, 23 ans, apprend qu’elle a une tumeur au cerveau. L’opération est impossible. Elle mourra jeune, trop jeune. À l’annonce de cette nouvelle, elle décide d’écrire un livre. Son testament qu’elle adresse à ses proches. L’auteure nous transporte entre les fragments de ce testament et les réactions des personnes qui lisent l’extrait qui leur est destiné. À chaud, comme ça, encore ébranlés par sa mort. On oscille donc entre le présent et le passé, entre Vickie et l’autre. Des deux côtés, il y a la douleur. Celle parfois camouflée de Vickie, puis celle des autres, criantes. La souffrance ultime de ce décès annoncé s’ajoute à celles d’un amour déçu, non réciproque. Elle est omniprésente. Déchirante. Quelle tragédie que cette fin prochaine, alors que sa vie commence, alors qu’elle n’a pas encore connu l’amour! Puis il y a la blessure du viol qu’elle a subi. Il y a cette scène de fête avec l...

Ne dites pas à ma mère que je suis vivant

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Par Yannick Ollassa/La Bouquineuse boulimique Il y a dix ans, un drame a eu lieu dans la famille de Thomas. Depuis que le drame a éclaté, sa mère, Béatrice, séjourne dans une clinique à l’Île d’Orléans. Pour sa part, Clément, proche de cette dernière, ne s’est jamais remis des événements et de ce qui en a découlé. Il s’est coupé de son père et de sa sœur. Deux fois, il a tenté de concrétiser son désir de mourir. Depuis sa dernière tentative de suicide, il se trouve à la même clinique que Béatrice, qui ne le reconnaît pas. Pour elle, sa fille, son mari et son fils ont tous péri dans l’incendie de leur maison. Thomas visitera sa mère sans relâche afin de provoquer un déclic qui lui permettrait de se souvenir à nouveau de sa vie, de lui, et de le consoler. Après avoir trouvé une photo que Béatrice avait en sa possession, il essaie de creuser cette piste afin de ramener sa mère à la vie. Certes, c'est le choc de l’événement qui a plongé la mère dans ce mutisme et dans cet état. Toutefo...

Quand les guêpes se taisent : le charme de la vie

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Stéphanie Pelletier présente cet automne 14 nouvelles où elle aborde les thèmes universels de la vie et de la mort. L’auteure, par sa plume, fait appel à tous nos sens et nous amène dans diverses réalités. On voudrait que chacun de ses textes se transforme en roman. Ils sont absolument incroyables, magnifiques et si uniques. Ses phrases sont simples, s’emboitent parfaitement afin de créer une histoire en si peu de temps et nous remplir d’émotions. Certains tableaux sont à peine plus longs qu’une page. Je n’ai jamais lu de nouvelles si courtes et ce détail m’a échappée à ma première lecture. Je n’ai pas pu m’empêcher de les savourer une deuxième fois et je veux encore les relire. L’auteure inclut aussi de façon admirable le vocabulaire québécois à ses histoires. Ce petit recueil est une sorte d’hymne au Québec, à ses habitants et à un moment de leur vie. Ses personnages principaux ont tous les âges, mais sont majoritairement féminins. Voici un extrait qui démontre bien le style et ...

Les doigts croisés

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Par Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique Les doigts croisés , c’est un chauffeur de corbillard intensément amoureux de la vie et follement épris de Suzie, cette femme dont les courbes le rendent fou, au point qu’il les photographie sans cesse. C’est le quotidien, la lumière, l’espoir, la mort. C’est l’histoire d’un homme qui profite de chaque instant, sans se presser, le présent est tout ce qui existe. Pourquoi s’inquièterait-il de la mort, puisqu’elle viendra un jour, inévitablement? En attendant, il y a l’amour. L’ivresse du sentiment. Jusqu’à ce que… À la lecture des premières pages du roman, on se dit «Wow! Ce gars est d’un optimisme inébranlable»! Quelle bouffée de fraîcheur dans le cynisme ambiant! En effet, l’homme qui se définit comme « anthropologue de l’âme », est un grand passionné. De la vie et de Suzie. Adepte de l’idéologie : « La mort fait partie de la vie, pourquoi la combattre ? », il prend le temps de profiter de chaque moment...