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Boucher de Joyce Carol Oates : Quand la science devient un alibi à la violence envers les femmes

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Boucher  de Joyce Carol Oates s’appuie sur une figure historique bien réelle : le Dr Silas Weir Mitchell, autoproclamé « père de la gyno-psychiatrie » au XIXᵉ siècle. Dès les premières pages, je suis plongée dans un univers où la médecine, loin de soigner, sert surtout d’outil de domination, d’expérimentation et de brutalité — particulièrement envers les femmes jugées « indociles ».   Rien, dans ce que je lis, ne me choque au sens strict. Ces pratiques, je les ai apprises durant mes études en sexologie à l’université. Mais savoir que ça a existé n’empêche pas le malaise. La lecture n’est pas toujours facile. C’est même pénible par moments — et je crois que c’est voulu. C’est du Joyce Carol Oates, après tout : une écriture qui insiste, qui répète, qui enfonce le clou jusqu’à l’inconfort.   Le discours médical de l’époque est particulièrement éloquent quant à la perception du corps féminin. Les organes génitaux des femmes sont qualifiés de « répugnants », « infernaux », sys...

Fox : Chronique complète / Full Review

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ENGLISH VERSION BELOW  « Q ui est vraiment Francis Fox ? Ce professeur d’anglais nouvellement arrivé à la prestigieuse Langhorne Academy, une école mixte privée du New Jersey, séduit élèves, parents, consœurs et confrères. Mais sa vie passée échappe à tous : d’où vient cet homme à la forte personnalité ? Pourquoi n’est-il jamais resté en poste plus d’une année dans le même établissement ? Que contiennent ces carnets qu’il offre à seulement certaines de ses plus jeunes écolières ? Surtout, que se trame-t-il derrière la porte close de son bureau durant ses heures de permanence ? Lorsque deux frères ouvriers de la région, Marcus et Demetrius Healy, découvrent sa voiture au fond d’un ravin en plein milieu des marais, environnée de restes humains non identifiables, c’est toute la communauté locale qui vibre d’incertitude. Jusqu’à ce que le détective Horace Zwender mette au jour des vérités perturbantes sur le professeur estimé ...  »  -- C’est quand je me suis assise pour rédi...

Flint Kill Creek : un recueil de nouvelles de Joyce Carol Oates

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 Mystérieuses, troublantes, étranges. Trois mots qui décrivent bien les nouvelles Mystérieuses, troublantes, étranges. Trois mots qui décrivent bien les nouvelles contenues dans ce recueil publié chez Philippe Rey, par Joyce Carol Oates.    Les structures changent pour chaque nouvelle. Parfois il y a de très longues phrases, dans certains cas des paragraphes de plus d’une page, puis à d’autres moments le rythme est en saccade. Le ton aussi diffère. Chaque texte est bien distinct.    Si tu connais Joyce Carol Oates, tu sais que les histoires ne se terminent pas bien ou ont des fins ouvertes et ambiguës. Moi, j’adore ça ! Je n’ai jamais été fan de happy endings. Même enfant, je trouvais ça un peu irréaliste.    Celles que j’ai le plus aimées sont : Jour de semaine (l’erreur tragique d’un parent, déchirante), Amie de mon cœur (vengeance planifiée, satisfaisante), Mick & Minn (famille d’accueil maltraitante, abominable), pour ne nommer que ce...

48 indices sur la disparition de ma sœur

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Marguerite (M.) Fulmer est disparue en avril 1991. En 2011, sa sœur, Georgene (G.) revient sur cet événement et ce qui en a découlé sur 20 ans. M. l’aînée, au physique splendide, était une sculptrice et prof à l’université. Georgene (G.), a 6 ans de moins et une apparence qui correspond moins aux standards de beauté. Elle est viscéralement jalouse de M., plutôt misanthrope — elle est cuirassée au possible, elle garde une distance avec les gens — et son attitude la rend profondément antipathique. Puissance mille. Doutant du travail des policiers, qui pensent davantage à un départ volontaire de M., G. va tenter d’élucider ce qui est arrivé à sa sœur.    Ça m’a pris un certain temps à entrer dans l’histoire. J’ai toujours ce temps d’adaptation avec du Joyce Carol Oates. Son style est si idiosyncratique que j’ai besoin d’un moment pour m’immerger dans ses ambiances. Parce que du Oates, c’est souvent un peu abscons, on ne sait pas où elle veut nous mener, c’est le mystère...

Babysitter, de Joyce Carol Oates

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C’était la première fois que je lisais Joyce Carol Oates en anglais et je dois avouer que ça m’a demandé une bonne période d’adaptation en raison du style d’écriture et du niveau de langue. Cependant, d’avoir accès à la version originale plutôt que la traduction a été une expérience intéressante. Babysitter  est un suspense psychologique à la solide construction de personnages, comme tous les romans de l’autrice. Elle prend bien le temps d’installer l’atmosphère glauque et enlise son lecteur dans un malaise qui ne le lâchera pas.    Au cœur des années 1970, en banlieue cossue de Détroit réside Hannah, à l’aube de ses quarante ans, mère de deux jeunes enfants qui s’ennuie dans sa vie et particulièrement dans son couple. Elle rencontrera brièvement Y. K., un homme énigmatique, lors d’un gala caritatif. En mal de sensations fortes, elle amorcera tête baissée une liaison avec lui, sans avoir son vrai nom ni sa profession. Cette relation ne sera pas de tout repos et ...