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Pretty Girls

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Je comprends pourquoi   Pretty Girls   de Karin Slaughter est devenu un incontournable pour plusieurs amateurs de thrillers.   L’autrice sait créer de la tension et construire une intrigue qui donne envie de tourner les pages. Certaines révélations m’ont surprise, d’autres que j’avais vues venir, mais, dans l’ensemble, le suspense fait le travail.   Par contre, pour moi, les personnages l’ont moins une peu moins fait. D’abord parce que je n’ai jamais vraiment réussi à m’attacher aux protagonistes. Claire, en particulier, m’a laissée plutôt froide. Je ne la trouvais pas particulièrement sympathique. Attention, je crois qu’elle était bien construite, mais il m’a manqué quelque chose. Même Lydia ne m’a pas rejointe davantage. Cela dit, d’habitude, je ne cherche pas à aimer les personnages pour être captivée.    Aussi, à mon avis, le roman avait de quelques longueurs. Le suspense est bien présent, mais il s’installe à certains moments dans un mode plus...

C'était ça ou mourir

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Avec  C’était ça ou mourir , Thélyson Orélien propose un récit porté par une très belle écriture poétique. Plus qu'un texte sur la route de l'exil, c'est un livre sur ce qui reste d'une personne quand tout autour d'elle cherche à la déshumaniser. À travers la jungle du Darién, les violences, les morts et les humiliations, il met en lumière les multiples formes de déshumanisation qui jalonnent un parcours migratoire. Pourtant, l'auteur évite le sensationnalisme. Même lorsqu'il décrit l'horreur, il le fait avec retenue. Les quelques objets que Jonas possède occupent une place importante dans le récit. Le sac Carrefour, le short, le livre, la photo, le savon : ces possessions deviennent bien plus que de simples objets. Elles représentent ce qu'il reste d'une vie laissée derrière, mais surtout de l'humain qu'il tente de préserver malgré tout. Parmi les épreuves qui marquent son parcours se trouvent aussi l'attente, qui semble interminable...

«Laissez le feu brûler»

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 Je n’avais jamais entendu parler de MOVE. Ni de ce qui s’est passé à Philadelphie le 13 mai 1985. Pourtant, difficile de comprendre comment un événement aussi hallucinant peut être aussi peu connu. MOVE était un mouvement afro-américain environnementaliste, antispécistes, anti-capitaliste, anti-système et tourné vers un idéal de vie « naturelle ». Un groupe controversé, c’est le moins qu’on puisse dire. Les voisins dénonçaient le bruit, le langage châtié, la saleté, les affrontements et les tensions constantes. Les auteurs prennent bien le temps de nous signifier que la communauté noire de Philadelphie ne les appuyait pas. Qu’on soit d’accord ou non avec leurs idées, une chose demeure : la réponse policière a été complètement disproportionnée. Le 13 mai 1985, après un siège qui s’éternise, la police largue un explosif sur le toit de leur maison. Le feu qui s’ensuit est laissé brûler. Résultat : 11 morts, dont cinq enfants, 61 maisons détruites et plus de 250 personnes déplacées. L...

Habiter ton absence

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J'attendais ce livre depuis longtemps. Depuis les premiers poèmes que Myriam St-Denis Lisée avait partagés après la perte de son fils Émile. Ces quelques vers m'avaient déjà remué. Alors quand j'ai enfin eu le recueil entre les mains, j'y suis entrée avec beaucoup d'émotion. Et je pense que je ne l'ai jamais vraiment tenu comme un livre. Je l'ai manipulé avec une précaution presque démesurée. Comme si je prenais la peine de quelqu'un entre mes mains. Comme si je pouvais, l'espace de quelques pages, en alléger un tout petit morceau. Ce que Myriam dépose ici est d'une vulnérabilité immense. Elle écrit le deuil, l'absence, l'amour qui survit malgré tout, mais aussi des sentiments dont on parle moins. La culpabilité. Les questions qui reviennent en boucle. La peur d'avoir avancé trop vite. La peur, aussi, de ce qui viendra après. D'un autre enfant. D'un autre espoir. D'un autre amour qui n'effacera jamais celui-là. J'a...

L'invité de dernière minute, de Jason Rekulak

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L'invité de dernière minute   est un thriller domestique qui repose sur une recette qu'on connaît bien : une famille fortunée, un mariage en préparation, des apparences hyper trompeuses, le classique, quoi!   Jason Rekulak construit son intrigue avec assurance et maintient une tension psychologique plutôt constante. Il distille l'information au bon moment, joue avec la méfiance et crée cette impression que quelque chose cloche derrière les sourires et la sociabilité superficielle. Le roman se lit avec facilité et les pages défilent rapidement.   Le suspense fonctionne, mais il manque ce petit quelque chose qui me fait normalement me casser la tête entre deux chapitres à tenter de comprendre ce qui se cache derrière les apparences. J'ai deviné certains éléments avant qu'ils ne soient révélés et, même si j'avais envie de connaître la suite, je n'ai jamais été tout à fait happée par le mystère lui-même, qui était somme toute assez simple.   J'ai aussi trouv...

Les vagues scélérates

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 Les vagues scélérates, d’Hélène Rompré, est le genre de roman qui se lit extrêmement vite. Pas parce qu’il est superficiel, mais parce qu’il est construit en fragments : courts flashs, souvenirs, anecdotes, réflexions qui s’enchaînent presque comme une spirale mentale après une rupture. Une rupture que la narratrice n’a absolument pas vue venir, alors que son chum et elle avaient entrepris des travaux dans sa maison pour qu’il y emménage avec elle. Le titre prend ainsi tout son sens : la vague scélérate, c’est cette catastrophe soudaine qui arrive sans avertissement et qui renverse tout. Le roman est profondément autofictionnel. On sent le besoin de saisir ce qui s’est passé, de revisiter la relation pour tenter d’y trouver les signes qu’elle n’a pas vus. Ce qui m’a surtout intéressée, c’est la dynamique amoureuse du couple. Dès le départ, on comprend qu’elle l’aimait plus qu’il ne l’aimait. Elle veut devenir la femme qu’elle croit qu’il souhaite avoir à ses côtés. Elle ...

Nous, la braise

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Nous, la braise   de   Otoniya J. Okot Bitek   est un roman qui s’intéresse à ce que les guerres font aux filles. Pas seulement pendant la guerre elle-même, mais longtemps après. Et c’est justement une force du roman que de raconter des récits qui ont historiquement été écrasés, simplifiés ou effacés. Les jeunes filles kidnappées par les rebelles ne sont jamais réduites à des figures abstraites de victimes. Elles deviennent des enfants soldats, des esclaves domestiques et sexuelles, des mères dans des conditions inimaginables. Elles apprennent à survivre dans un système où la violence est le quotidien. Même l’AK-47 finit par faire partie du corps, de l’identité, de la manière d’exister dans le monde. C’est profondément troublant, justement parce que le roman montre à quel point la guerre transforme tout, jusque dans les gestes les plus ordinaires.   Ce qui marque particulièrement dans le roman, c’est la manière dont il aborde la parole des jeunes filles. Les récits s...