Mon nom dans le noir,
Je m’attendais à un roman d’anticipation plus frontal, presque dystopique. Réchauffement climatique, pannes massives d’électricité, montée du suprémacisme blanc, les États-Unis qui implosent. Tout est là. Mais en réalité, ce décor reste en arrière-plan. Mon nom dans le noir est surtout un huis clos. Ça se passe à Monticello, et ce n’est pas un lieu anodin. Il s’agit de l’ancienne plantation de Thomas Jefferson — celui qui écrivait sur la liberté tout en possédant des centaines d’esclaves et en imaginant Noirs et Blancs séparés. Installer une jeune femme noire, Da’Naisha Love, dans ce lieu chargé d’histoire, c’est fort. C’est ironique. C’est politique. Et il y a une autre dimension liée au lieu que je te laisse découvrir. Da’Naisha arrive là avec MaViolet, sa grand-mère, Knox, Devin et quelques voisins. Ils tentent de rebâtir une micro-société improvisée, fragile, presque utopique. Le roman est court, à peine deux cents pages, et il se concentre moins su...