Ces femmes-là
Un polar qui n’en est pas vraiment un. Et ça, j’ai aimé ça. On est à South L.A., à Los Angeles. Des prostituées assassinées, la gorge tranchée, la tête dans un sac en plastique. Treize à la fin des années 1990. Puis le tueur revient en 2014. Classique? Oui. Sauf que non. Ivy Pochoda déplace complètement la focale. Le tueur, on s’en fout presque. Ce qui compte, ce sont elles. Dorian, qui nourrit les filles de son quartier à son stand de poisson frit pendant que sa propre fille fait partie des mortes. Julianna, pleine d’énergie, qui aurait pu être photographe, qui fait semblant de gérer pendant que tout s’écroule. Marella, Feelia, Anneke. Et Essie Perry, la détective latina – appelée Blanche – rabaissée par ses collègues, la seule qui voit le pattern, la seule qu’on n’écoute pas. Évidemment. C’est un roman profondément féministe. Ces femmes-là, Pochoda ne les idéalise pas. Ce ne sont pas des saintes. Elles se mentent, elles s’abîment, elles survivent comme elles peuvent. Et c’est ça qui ...