Nous, la braise
Nous, la braise de Otoniya J. Okot Bitek est un roman qui s’intéresse à ce que les guerres font aux filles. Pas seulement pendant la guerre elle-même, mais longtemps après. Et c’est justement une force du roman que de raconter des récits qui ont historiquement été écrasés, simplifiés ou effacés. Les jeunes filles kidnappées par les rebelles ne sont jamais réduites à des figures abstraites de victimes. Elles deviennent des enfants soldats, des esclaves domestiques et sexuelles, des mères dans des conditions inimaginables. Elles apprennent à survivre dans un système où la violence est le quotidien. Même l’AK-47 finit par faire partie du corps, de l’identité, de la manière d’exister dans le monde. C’est profondément troublant, justement parce que le roman montre à quel point la guerre transforme tout, jusque dans les gestes les plus ordinaires. Ce qui marque particulièrement dans le roman, c’est la manière dont il aborde la parole des jeunes filles. Les récits s...