Messages

Maquina

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Ouais, ben voilà un roman qui m’a plu!     La grand-mère de Luz a tout flambé au jeu et pour comprendre la dépendance qui a causé sa perte, Luz devient préposé aux machines à sous au casino. Au cours de ses rondes, elle remarque une dame qu’elle nommera Madame B. Rapidement, elle développe une obsession pour celle-ci.   Ironiquement, Luz, qui cherche à saisir ce qui a avalé sa grand-mère, fait preuve d’une incapacité à percevoir, décoder, accepter les signaux envoyés par Madame B. En dépit de son aveuglement, je n’ai pas trouvé la jeune femme totalement pathétique. J’ai, surtout vers la fin, eu envie d’avoir une discussion avec elle pour lui permettre de voir les choses d’un point de vue plus objectif.   Lula Carballo démontre, d’une part, que tout peut constituer une dépendance. Bien sûr, les conséquences négatives sont plus évidentes pour certaines d’entre elles, mais elles laissent toutes des blessures, quelles qu’elles soient. D’autre part, elle expose le côté pervers des casinos,

Fabriquer une femme

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Oh que ça ne l’a pas vraiment fait pour moi ! Je suis complètement passée à côté!   Malheureusement, je n’ai pas cru à ce lien entre ces deux filles que l’on dit meilleures amies, qui devait être central dans l’histoire.    Tout d’abord, la structure du texte va comme suit : une partie pour Rose, une pour Solange et un petit bout conjoint. Cela aurait dû permettre une plongée plus en profondeur de l’univers de chacune. Cependant, Marie Darrieussecq a choisi de débuter son roman par la version de Rose alors que Justine est enceinte et une bonne distance sépare les deux filles de 15 ans. En principe, être meilleures amies à l’adolescence, c’est avoir un lien fort, se parler souvent, avoir une affection particulière pour l’autre. Ici, il n’y a pas cette proximité. C’est comme si elles n’étaient que de simples connaissances. Et encore. On aurait souhaité constater cette amitié. Là, on doit croire l’auteure, mais on ne sent pas ce lien, qui nous semble au mieux ténu.    Les deux jeunes fill

Fantastique Grace Adams

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Au départ, la couverture m’a accroché, puis le  pitch  m’a fait penser au film avec Michael Douglas,  L’enragé  (d’ailleurs dans ses remerciements, l’autrice mentionne que ce film a inspiré son roman). Ça a titillé ma curiosité. Il n’en fallait pas plus pour qu’il vienne se joindre aux autres livres de mes bibliothèques à lire.    Par une journée suffocante, pressée d’arriver à la fête d’anniversaire de sa , Lotte, Grace est prise dans le trafic. Alors que la circulation est à l’arrêt complet, elle se met à paniquer et laisse sa voiture en plein milieu de la rue. C’est que sa relation avec sa fille est distendue. Celle-ci, qui habite avec l’ex-mari de Grace, refuse de la voir. Mais Grace a un plan, elle se rendra à la fête de celle-ci avec le gâteau de ses rêves afin que Lotte soit touchée par son geste et lui pardonne.    On suit son parcours à pied alors que la narration alterne entre trois périodes : le moment présent, il y a huit ans et il y a quatre mois, quand un drame - dont je

La vie heureuse

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Une petite lecture que je qualifierais presque de « feel good », si je compare mes lectures habituelles. Lire du Foenkinos, c’est un peu du bonbon . Son écriture coule de source et il aborde tous ces sujets avec finesse et sensibilité. C’est avec intérêt que j’ai suivi le cheminement d’Éric et d’Amélie.    Éric mène une existence assez rangée, bercée (presque endormie) au rythme du métro-boulot-dodo. Jusqu’au jour où une ancienne copine de classe perdue de vue depuis 20 ans lui propose de faire partie de son équipe qui a pour mandat de recruter des investisseurs à l’étranger. Lors d’un voyage en Corée, Éric fera une découverte qui le bouleversera. Une entreprise offre à leur client de vivre leurs funérailles à l’avance. Ce rituel permettrait de conscientiser la nécessité d’un changement, de canaliser les énergies pour apporter ces changements pour enfin mener une vie heureuse. C’est l’essence du message que Foenkinos souhaite transmettre.    Un roman qui peut nous enjoint à réfléchir à

Vingt-trois jours de haine, Steve Laflamme

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Dans  Vingt-trois jours de haine  se déroule   la deuxième enquête de Frédérique Santinelli et j’aurais préféré lire la première au préalable, pour mieux saisir les personnages, leurs enjeux, leurs histoires. J’aurais eu besoin de mise en contexte à quelques reprises et ça m’aurait permis d’apprécier ma lecture dans sa globalité.    C’est décidément un roman addictif qui nous entraîne dans de denses (très denses) intrigues que Steve Laflamme a habilement tissées. On vogue entre le passé mystérieux de Frédérique et sa quête pour faire la lumière sur celui-ci, la quête de l’identité de l’auteur du manuscrit et la résolution des énigmes que celui-ci contient, des meurtres annoncés et de l’identité des victimes potentielles. Ajouté à cela, de la violence et des gens avec des paraphilies. Le lecteur a de quoi se retourner le cerveau pas à peu près!    D’ailleurs, dans un lieu où se déroulent des scènes importantes, plusieurs personnages sont désignés tantôt par leur prénom, tantôt par leur

Congé, de Cassie Bérard

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Clémence est une policière en congé. Elle vit dans le village de Mystic, dans les Cantons-de-l’Est, où elle a hérité de la ferme de son père. Elle entretient une relation avec Jacob, auteur et Stephen King  wannabe , qui habite à Portland dans le Maine et vient écrire dans son chalet de Mystic, quelques semaines ou mois par année. Son dernier séjour s’est interrompu lorsqu’il a abruptement quitté en plein milieu de la rédaction d’un roman sur un meurtre non résolu ayant eu lieu au village en 1903. Il est parti si vite qu’il a laissé derrière lui son manuscrit.    Au fur et à mesure qu’on avance, le récit passe de « ah ok.. ? » à « aaah okkkkk !!! » On comprend tranquillement petite info par petite info qu’au moins un drame s’est joué. Malaise ? Consternation ? Un peu tout ça en même temps. J’étais accrochée encore plus qu’au début.   La narratrice, dont on devine l’identité, a un ton que j’ai bien aimé. Elle a un petit quelque chose de cynique qui se prend bien. Tout comme Clémence, qu

Fermer les yeux ne suffit pas, de Danny Émond

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Après le suicide de son père, alors qu’il vide la maison de celui-ci, Danny est confronté à de nombreux souvenirs qui font surgir en lui des sentiments contradictoires. On est devant deux êtres qui n’arrivaient pas à se rejoindre. Au cours des années, les non-dits se sont accumulés pour ériger un mur entre les deux.    Les courts chapitres nous présentent des fragments de souvenirs, chacun lié à un objet qui tombe sur la main du fils.  On découvre son père, Paulo. C’est un homme marginal qui tente tant bien que mal de se débrouiller dans la vie, malgré ses problèmes de santé mentale. Pris entre les crises de décompensation, les combines qui le mènent en prison et son rôle de père. Au fil des réminiscences, il est aisé de saisir que comme fils ça pouvait être difficile de grandir dans un climat d’instabilité constante.    Émouvant , Fermer les yeux ne suffit pas  nous enjoint à assumer nos vulnérabilités et nous rappelle la nécessité de toucher, d’étreindre ce qu’on aime, de leur dire q