Boucher de Joyce Carol Oates : Quand la science devient un alibi à la violence envers les femmes
Boucher de Joyce Carol Oates s’appuie sur une figure historique bien réelle : le Dr Silas Weir Mitchell, autoproclamé « père de la gyno-psychiatrie » au XIXᵉ siècle. Dès les premières pages, je suis plongée dans un univers où la médecine, loin de soigner, sert surtout d’outil de domination, d’expérimentation et de brutalité — particulièrement envers les femmes jugées « indociles ». Rien, dans ce que je lis, ne me choque au sens strict. Ces pratiques, je les ai apprises durant mes études en sexologie à l’université. Mais savoir que ça a existé n’empêche pas le malaise. La lecture n’est pas toujours facile. C’est même pénible par moments — et je crois que c’est voulu. C’est du Joyce Carol Oates, après tout : une écriture qui insiste, qui répète, qui enfonce le clou jusqu’à l’inconfort. Le discours médical de l’époque est particulièrement éloquent quant à la perception du corps féminin. Les organes génitaux des femmes sont qualifiés de « répugnants », « infernaux », sys...