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Sa préférée, de Sarah Jollien-Fardel

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Si tu aimes des romans intenses qui te bouleversent, j’ai une suggestion pour toi : Sa préférée , de Sarah Jollien-Fardel. Il est tout petit, à peine 200 pages, mais il te laissera peu de répit, et ce de la première à la toute dernière page.   Un bouquin qui frappe. Un concentré d’émotions. Une écriture sans compromis.    Dès les premières lignes, on est plongé dans l’ambiance de cette maisonnée située dans un village du canton valaisien en Suisse. Jeanne y vit avec sa sœur aînée et ses parents. Le père de famille est un homme d’une grande violence qui fait régner la terreur autour de lui.    « Parfois, ma mère tombait devant moi, lovée en boule sur le sol. Ses yeux criaient la peur, ses yeux criaient “Pars”, je détalais sous mon lit. Regarder, observer. Jauger. Rester ou courir. Mais jamais, jamais boucher mes oreilles. Ma sœur, elle, plaquait ses mains sur les siennes. Moi, je voulais entendre. Déceler un bruit qui indiquerait que, cette fois, ...

Le jeu de l'oiseau

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  Comment survit-on à la violence conjugale quand on en est témoin lorsqu’on est petit ?    Claire et Normand, de jeunes jumeaux, vivent avec leurs parents dans un taudis sans perron et où les champignons poussent sur le tapis. Au bout du terrain, il y a une grosse fosse devant laquelle ils regardent la fumée de l’usine, pas loin. Pour compléter le portrait de leur enfance défavorisée, leur père bat leur mère et ne s’arrête que lorsque le voisin du haut frappe sur le plancher parce que cela fait trop de bruit.    Afin de supporter leur quotidien et éviter de stimuler l’agressivité du paternel, leur mère leur apprend le jeu de l’oiseau. Leur capacité de se réfugier dans leur imagination les sauve, bien qu’il ne les protège pas de la violence. Il en atténue néanmoins momentanément la morsure.   Le récit de leur sombre réalité est allégé par la candeur de l’enfant qui agit comme une grande inspiration que l’on prend entre les secousses des vagues. Le pouvoir d...

Mélasse de fantaisie, de Francis Ouellette

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  BRÈVE : Francis Ouellette dresse le portrait d’un jeune garçon, d’une galerie de personnages rugueux, ainsi que du quartier du Faubourg à’m’lasse, qui est aussi un personnage tout aussi important que les autres. On est au début des années » 80, ça sent la bière, les clopes, la vie dure, la violence, la pauvreté, l’ignorance crasse. Mais il y a aussi del’humour, des moments attendrissants et de la solidarité, notamment autour de Frigo, l’itinérant que tout le monde connaît et aide chacun son tour. Un roman poignant, dur et doux à la fois où l’humour adoucit les aspérités de la vie. Clin d’œil à tous les X : ma première réaction en début de lecture fut de la nostalgie. Je me suis surprise à penser « ah, c’est l’fun de retrouver un petit peu le langage des années » 80   ! » 

Se sortir d'une enfance malheureuse, est-ce possible?

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Je le dis tout de go, cette rencontre avec le roman de Rebecca Lighieri a été le lieu d’un réel coup de cœur   ! Et je vous prédis qu’il figurera sur les listes des prix littéraires. J’en suis certaine   ! J’ai carrément été happée par cette histoire   ! Et que dire de cette fin   ! Mais, allez, je vais vous en dire plus.  En C4 peu de mots :  «  L’espérance de vie de l’amour, c’est huit ans. Pour la haine, comptez plutôt vingt. La seule chose qui dure toujours, c’est l’enfance, quand elle s’est mal passée.  »  Difficile d’avoir une idée de ce qui nous attend. Tout de même, je ne sais pas pourquoi, mais j’étais déjà accrochée. Dès les premières lignes, on sait que le père de Karel, le narrateur, est mort. Le jeune homme s’interroge sur l’identité de la personne qui a tué son père. En fait, il trouve plus juste la question suivante : « qui n’a pas tué mon père   ? » Ce n’est pas lui. Dès lors, on est entraîné dans l’histoire de Karel, de ...

Un premier roman singulier pour Adeline Dieudonné

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Je l’ai attendu longtemps. Comme il figurait parmi les premiers titres retenus pour quelques prix littéraires, le Québec a dû attendre quelques semaines supplémentaires avant la sortie du roman. J’avais vu l’auteure à On n’est pas couché, émission culturelle et politique française. J’ai tout de suite voulu le lire   ! Comme c’est enfin chose faite, je peux maintenant en parler… mais que dire sans mentionner des éléments clés dont le dévoilement pourrait nuire au plaisir du lecteur de découvrir par lui-même petit à petit de quoi il en retourne. Lauréat du Prix FNAC, mis en lice pour le Goncourt des lycéens, le Goncourt et le Renaudot, La vraie vie d’Adeline Dieudonné, premier roman de l’auteure-trice est fort singulier. Dans la maison, il y a une jeune fille avec une imagination foisonnante, son petit frère, sa mère l’« amibe » et son père le chasseur au tempérament violent et prédateur qui collectionne ses trophées de chasse dans une pièce de la maison que la narratrice app...