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Les détournements

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J’avais adoré  In between , le premier roman de l’autrice, paru en 2016. Elle en a publié d’autres depuis, mais je ne les avais pas lus. Je me reprends ici avec son « petit » dernier. Gros dernier, devrais-je dire, parce qu’il y a de la matière là-dedans.  Dans  Les détournements , œuvre autofictionnelle, Marie Demers met carrément ses tripes sur la table. Elle scrute ses relations familiales, amoureuses, professionnelles et tente d’y défaire les nœuds, de lier ce qui pourrait améliorer le flot, pour que ça coule enfin dans sa vie. Elle y expose les éléments toxiques et les tendances autodestructrices au grand jour.    « Je choisissais peut-être la dépression pour la simple et bonne raison que je ne voulais ni vivre ni mourir. » 

 C’est brutal, c’est cru, c’est férocement honnête. Quelle introspection et quelle justesse de l’analyse ! Quelle lucidité quant à ses mécanismes ! Je n’ai pas eu le sentiment qu’elle écrivait ce livre pour se compr...

Coincée entre le temps d'avant et le temps d'après

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À 21 ans, Ariane est une jeune femme comme tant d’autres de son âge. Ayant dû choisir une voie professionnelle alors qu’elle n’était pas prête à le faire, elle se retrouve à ne pas aimer ce qu’elle étudie après deux ans de baccalauréat en communication. C’était un choix qu’elle a fait sous l’influence de ses proches qui la pressaient à faire un choix de carrière raisonnable. Elle ne s’y sent pas à sa place, mais n’a aucune idée d’où est sa place dans le monde. À la fin de sa deuxième année, elle part pour passer trois mois en Asie du Sud-Est. Peut-être là-bas trouvera-t-elle réponse à ses nombreux questionnements existentiels. Ce voyage aura aussi comme bienfait de l’éloigner de sa mère envahissante et plutôt manipulatrice depuis que la fille a tenté de prendre de la distance avec celle-ci. Vers la fin de son voyage, celui-ci se trouve écourté par une mauvaise nouvelle. Son père est décédé. De retour à Montréal, elle n’y tient pas longtemps. Le poids du deuil est trop lourd et rien ne ...