À la chaîne, d'Eli Cranor
Direction l’Arkansas, dans une usine où les poulets défilent à une vitesse folle, pis où les humains essaient de suivre. C’est là qu’on rencontre Edwin et Gaby, venus chercher un avenir meilleur — même si, disons-le, le fameux rêve américain a ici des airs de mirage pas mal rough. Mais ce qui fait que À la chaîne fonctionne aussi bien, c’est la plume de Eli Cranor . C’est vif, incarné, super visuel. Tu sens presque le froid de l’usine, la fatigue dans les bras, la répétition qui use — sans que ça devienne lourd. Au contraire, ça rend la lecture hyper immersive. Là où le roman prend encore plus d’ampleur, c’est dans le contraste entre les deux mondes. D’un côté, Edwin et Gaby, qui tiennent à bout de bras leur quotidien. De l’autre, le directeur pis sa femme, Mimi, dans une réalité complètement différente. Deux univers séparés par quelques mètres… mais tout un gouffre. Ça, Cranor le montre avec finesse, sans tomber dans le cliché. Autre point fort : les ...