La ligne de nage : la piscine comme métaphore
Dans La ligne de nage , Julie Otsuka utilise un lieu en apparence banal — la piscine — pour déployer une métaphore puissante de notre société, de nos rythmes de vie et de nos fractures contemporaines. La piscine devient un microcosme : un espace clos où se croisent les corps, les règles, les obsessions, les peurs et les croyances. Le roman aborde de nombreux thèmes : l’addiction (ici celle de la nage), le vieillissement, le traitement parfois déshumanisant des personnes âgées en centre, les divisions sociales, la circulation des fake news et des théories complotistes, ainsi que notre rapport au temps et à la norme. Pourtant, rien n’est pesant. L’humour discret, parfois absurde, rend la lecture accessible. C’est un roman que l’on peut lire à plusieurs niveaux, selon notre disponibilité mentale : en surface, comme une chronique originale du quotidien ; plus en profondeur, comme une réflexion sociale et existentielle. Alice est le fil conducteur du récit. Même si le premier chapitre...