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Rien n'est vrai / None of this is true

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 English below RÉSUMÉ DE L'ÉDITEUR «  Rien n'est plus dangereux qu'une personne qui ment avec sincérité. Alix Summer, podcasteuse à succès, mène une existence idyllique à Londres, avec sa famille. Le soir de ses quarante-cinq ans, elle rencontre Josie Fair, sa « jumelle d'anniversaire », une femme en apparence sans histoire. Intriguée par sa personnalité difficile à cerner et sa volonté de changer de vie, Alix accepte de faire d'elle le sujet de son prochain podcast. Grave erreur !   À mesure que Josie s'immisce dans son quotidien, Alix découvre une série de secrets choquants. La frontière entre réalité et mensonge se brouille, et la podcasteuse se retrouve piégée dans un jeu dangereux où chaque révélation pourrait bien être la dernière.   » Généralement bien ficelé, à deux ou trois exceptions près, je ne peux passer sous silence quelques petits effets de répétition. Toutefois, cela n’entrave pas de manière significative le plaisir de lecture. Les retournements ...

Godasse, le vrai visage d'un tueur des Hells

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Stéphane « Godasse » Gagné, au départ trafiquant de drogue, ensuite tueur pour les Hells, considérait Mom Boucher comme un deuxième père. Lorsqu’il est appréhendé pour une tentative de meurtre, les policiers saisissent l’opportunité de convaincre Godasse de devenir délateur. Une intense séance d’interrogation et de bras de fer entre les deux parties s’amorce. Ainsi, on VIT la nuit de l’arrestation de Gagné AVEC les protagonistes. C’est une nuit tumultueuse reproduite avec brio. On sent la tension de chaque interlocuteur. C’est captivant ! Au départ, les premières pages m’ont donné un peu le tournis à cause des allers-retours « présent-passé-futur-présent ». Des passages du genre de « il saura plus tard », etc. Ce sentiment s’estompe assez rapidement, cependant. C’est qu’au début, on a besoin d’un peu de temps pour retenir les divers noms, patronymes et surnoms de chaque personne.     Très documenté, le livre tend à démontrer que le clan mené par M...

Dire Babylone

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Babylone est le nom que donnent les rastafaris à l’État (qu’ils disent raciste). Selon eux, Babylone méprise et enchaîne le peuple et il faut s’en tenir le plus loin possible, dans les montagnes. Mais ne se rendaient-ils pas compte qu’il y avait aussi une forme de chaînes mentales dans le Rastafari ?   Toute la famille vit selon la météo des humeurs du père. Le contrôle de celui-ci augmente peu à peu, les isole de plus en plus au même rythme que sa paranoïa s’accroît. Plus le droit de courir, ou même de sortir de la maison. Le tout ayant pour but de préserver la pureté de leur  livity . La  livity  est un concept spirituel qui est un mode de vie en accord avec tous les êtres vivants et le divin. Pour le père, c’est aussi quelque chose qu’ils ont en eux et que Babylone et de mauvaises fréquentations peuvent souiller.    Tout au long du roman, un leitmotiv, cette désignation : mes frère et sœurs et moi. Ils sont soudés. Un front commun. Car, ils n’ont qu...

Anesthésie générale par Meissoon Azzaria

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Anesthésie. Générale. Tout est gelé, à l’intérieur. En fait, ça semble gelé. Mais l’anesthésie n’est pas générale. Mais il y a des émotions vécues, telle la mélancolie qui est omniprésente dans ce roman qui ressemble à un journal intime.  En effet, Hanane porte une mélancolie. Une mélancolie des choses qui ne sont pas à elle. C’est la mélancolie de ce que ses proches ont vécu. On la découvre au fur et à mesure qu’elle marche autour du parc Beaubien. Ce parcours circulaire est presque méditatif.    C’est écrit de la manière dont c’est vécu. Comme si on était son amie et qu’elle nous racontait des trucs comme ça lui vient. Je n’ai pas senti la violence en elle, à part à un passage où elle parle de la haine qui l’habite. À partir du moment où elle relate un événement traumatique expérimenté à 21 ans et la coupure qu’elle a faite depuis. Malgré tout, ou plutôt à cause de cela, elle cherche l’amour coûte que coûte. Quand elle n’a pas d’amour, elle est perdue. Elle tourne ...

Ta promesse

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Claire et Gilles forment un couple de quinquagénaires. Ils sont en fusion totale, tout le temps ensemble. Chacun d’eux a fait une promesse à l’autre, au début de leur relation. À mesure que le couple évolue, les choses se compliquent.    La psychologie des personnages est on ne peut plus parfaite et bien rendue. La structure du texte et la construction du récit sont efficaces. La force de Ta promesse est de présenter dans toute la subtilité, le mode de fonctionnement d’un narcissique. Comment il te cueille. Comment il te valide un temps, mais en fait, il te manipule. Comment, tranquillement, il instille le doute et la dévalorisation de soi. La négation de soi, même ! Il est aisé de comprendre comment une personne peut se trouver dans une relation toxique sans s’en être rendu compte.    Ça se lit comme un thriller. Au moment où le roman débute, Claire raconte l’histoire de sa relation avec Gilles à son avocate.    Aye, je ne veux pas trop t’en dire, j...

Chiens des Ozarks

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J’adore les romans noirs. C’est un de mes genres préférés. Bien sûr, je les aime bien ficelés et avec de beaux personnages tous en aspérités et bien définis. Ici, j’ai été servie ! Je ne sais pas comment vous expliquer ça, j’ai pris le livre, j’ai plongé, j’ai été maintenue sous l’eau et j’en ai émergé à la toute fin, repue. Vers la page 80, j’ai eu peur de ce qui allait se passer. Réellement, je n’étais pas certaine de continuer à lire, à ce point-là. Mais je devais absolument savoir ce qui allait arriver.   Afin de se protéger d’éventuelles attaques, Jeremiah et Jo vivent dans une forteresse de métal au centre de la casse (cour à scrap) de Jeremiah. Ils sont seuls. Le fils du vieil homme est en prison. La mère de Jo n’est nulle part. La femme de Jeremiah est morte. Opposée à tout ce métal et ces armes, la nature y est omniprésente dans le roman à travers la rivière et les monts Ozarks. Possédant sa dureté bien à elle, elle vient parfois équilibrer, calmer.    Chaqu...

Propre

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Estela est domestique et nounou pour un couple de professionnels qui a un enfant. Dès le début du roman, elle est enfermée seule dans une pièce. On imagine que c’est dans une salle d’interrogation, car elle s’adresse à des gens qu’elle ne voit pas. Probablement derrière un miroir sans tain. Julia, la petite fille de ses patrons, est morte. Elle raconte alors à ceux qui l’ont écrouée ce qu’elle croit important de savoir pour comprendre ce qui a mené au décès de Julia.    Ça m’a semblé un roman étrange. Estela n’est pas sympathique. En fait, aucun des personnages ne l’est. Le mari, un médecin complètement décroché, est indifférent à tout ce qui se passe, la femme, une avocate aux manières empruntées, m’a paru prétentieuse et feindre une affection pour Estela. Puis il y a la petite Julia, une enfant gâtée et déplaisante au comportement bizarre.    Au fil des pages, on constate que l’autrice a souhaité faire un roman sur l’écart entre les classes. Le personnel des gens p...