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Effacement

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 Dans   Effacement   de   Percival Everett , Thelonious « Monk » Ellison est un auteur érudit, absolument brillant — il est clairement pas neurotypique. Parfois, je te jure, c’est étourdissant tellement le dude est intelligent. Il pense vite, loin, tout le temps. Ses conférences sont d’un absurde délicieux. C’est brillant, sarcastique, mais aussi volontairement long, presque rébarbatif.  Alors, Monk, écrivain exigeant et cérébral, fait le pire (ou le plus brillant ?) move possible : il écrit une parodie caricaturale de roman « ghetto » pour l’argent. Pas par militantisme. Pas pour dénoncer frontalement. Pour vendre. Et ça marche. Là-dedans, le code switching devient central. L’effacement aussi. Effacer sa complexité pour fitter dans ce que le marché blanc attend. Performer une identité simplifiée, digeste, monnayable. C’est brutal, mais souvent très drôle. L’exagération sert de bouclier : on rit… et le message passe pareil. Moi, j’a...

Le châtiment d’une histoire jamais réparée

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Résumé de l'éditeur :  «  Une série de meurtres brutaux secoue la petite ville de Money, Mississippi : des hommes blancs sont retrouvés atrocement mutilés. Mais ces meurtres recèlent un mystère, car sur chaque scène de crime on retrouve un second cadavre qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Emmett Till, un garçon noir lynché dans la même ville en 1955. Lorsqu’un duo d’enquêteurs tout en second degré est dépêché sur les lieux, il se heurte à la résistance attendue du shérif, de ses adjoints, du légiste et d’une cohorte de Blancs tous plus racistes les uns que les autres. Les deux agents spéciaux pensent avoir affaire à des crimes punitifs… Dans cette comédie noire audacieuse et provocatrice, Everett a le racisme et les violences policières dans le collimateur et déploie son intrigue à un rythme effréné, ne laissant aucune chance au lecteur de détourner le regard. » Mon avis :  Dès les premières pages de  Châtiment , j’ai été happée (comment ne pas l’être ?). L’int...

James

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English below! Inspiré du roman de Mark Twain  Les aventures de Huckleberry Finn , Percival Everett reprend essentiellement la même histoire, mais il inverse la lunette. Ici, c’est Jim/James qui est le narrateur qu’on suit. Jim est le nom d’esclave, James est le prénom qu’il préfère employer.    Dans  James , les esclaves sont plus intelligents qu’on ne le pense. Ils parlent différemment entre eux et devant les blancs, qui s’attendent à un vocabulaire limité et une mauvaise prononciation pour répondre aux attentes de la société. En réalité, ils utilisent le  code switching  pour se protéger, adaptant leur langage à leur audience. Les blancs croient que les esclaves sont moins intelligents, mais ceux-ci savent qu’il vaut mieux ne pas blesser leur ego. Jim/James, le personnage central, enseigne aux enfants des esclaves à se comporter avec soumission et discrétion face aux blancs.   J’ai beaucoup aimé le roman, mais je n’ai pas été transportée. Plusieurs ...