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Affichage des messages du avril, 2026

Celle qui parle aux morts

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Résumé de l'éditeur :  « Cassie Raven est gothique, elle a un goût prononcé pour les piercings, les tatouages et la taxidermie. Technicienne à la morgue de Camden, elle prépare les corps avant l’autopsie pratiquée par l'anapathologiste. Et elle fait plus que ça : elle prend soin de ses "patients". Ses collègues, qui la trouvent un peu borderline, pensent qu'elle a un don : celui de parler aux morts. Il suffit d'y prêter attention. Car souvent, ils ont quelque chose à dire... Cassie n'est pas du genre à flancher et à perdre les pédales. Mais elle vient d'apprendre que se Babcia bien-aimée, sa grand-mère qui l'a élevée depuis la mort tragique de ses parents dans un accident de voiture, lui a menti depuis le début, et que toute sa vie s'est construite sur une illusion. Pour en avoir le cœur net, elle va devoir demander de l'aide à la lieutenante Phyllida Flyte, cette beauté glaciale qui l'émeut singulièrement malgré sa répulsion instinctiv...

Body Language

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 Il y a des personnages qui te restent dans la tête longtemps après avoir refermé le livre. Cassie Raven, clairement, fait partie de ceux-là.   Dans   Body Language   de   A.K. Turner , on débarque à la morgue de Camden. Cassie y travaille comme technicienne : elle prépare les corps, assiste aux autopsies… et, accessoirement, parle aux morts. Oui oui. Et pour elle, c’est pas une métaphore.   Avec son look gothique, ses piercings, ses tattoos pis son côté franchement asocial, Cassie pourrait être cliché. Mais non. Elle est brillante, sensible, un peu rough sur les bords, pis surtout profondément attachante. Son rapport à la mort, façonné par un passé pas mal chargé — elle a perdu ses parents jeune — donne quelque chose d’unique.   L’histoire prend un tournant quand elle voit arriver sur sa table le corps de Géraldine Edwards, son ancienne prof de sciences. Celle qui l’a sortie de la rue. Officiellement, c’est une mort accidentelle. Cassie, elle, y croit...

The Damages

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Lire  The Damages , c’est accepter de rester dans une zone grise. Pis pas une petite. Une zone qui dérange, qui accroche, qui remue. Le roman est ancré dans deux moments de crise : la crise du verglas en Ontario en 1998 et la pandémie de 2020. Deux époques. Deux climats sociaux. Deux visions complètement différentes du consentement, de la responsabilité, de la faute.   En 1998, la coloc de Ros disparaît pendant le verglas. En 2020, son ex — père de son fils de 11 ans — est accusé d’agression sexuelle pour des gestes posés des années plus tôt. Et là, tout s’entrechoque.   À plusieurs moments, j’avais envie de lui dire :  voyons donc, pourquoi tu mens comme ça? C’est pas si grave! Pis après, je me suis rappelée la fille que j’étais à 18-19 ans. Celle qui voulait  fitter in . Être choisie. Être validée. Être aimée par la fille cool — Sue, la  it girl  du groupe. À cet âge-là, le regard des autres, c’est tout. Ros ment pour se sentir appartenir. Pas p...

Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux : Tenir debout dans un récit qui aurait pu la briser

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Il y a des livres qui arrivent après d’autres. Pas pour répéter, mais parce que quelque chose a été ouvert — pis que ça ne peut plus se refermer. C’est exactement ce que fait   Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux   de   Judith Godrèche .   Un récit. Pas un roman. Un texte construit en fragments : photos, lettres, courriels, souvenirs. Quelque chose de décousu, oui — mais comme la mémoire. Comme ce qui revient quand ça veut, pas quand c’est pratique. Et ça, ça fonctionne.   Au centre, il y a cette relation avec   Benoît Jacquot . Elle a 14 ans. Lui, 25 ans de plus. Elle l’appelle « BJ ». Parfois « le maître ». Et elle va vivre avec lui pendant cinq ans.   Déjà là, ça devrait sonner des cloches. Mais non. Parce que le récit qu’on nous a servi longtemps, c’est celui d’une histoire d’amour. Consentie. Presque romantisée. Ce livre-là, il vient faire éclater ça.   Godrèche met en face deux versions : celle de l’homme, et la sienne. El...

Ces femmes-là

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Un polar qui n’en est pas vraiment un. Et ça, j’ai aimé ça. On est à South L.A., à Los Angeles. Des prostituées assassinées, la gorge tranchée, la tête dans un sac en plastique. Treize à la fin des années 1990. Puis le tueur revient en 2014. Classique? Oui. Sauf que non. Ivy Pochoda déplace complètement la focale. Le tueur, on s’en fout presque. Ce qui compte, ce sont elles. Dorian, qui nourrit les filles de son quartier à son stand de poisson frit pendant que sa propre fille fait partie des mortes. Julianna, pleine d’énergie, qui aurait pu être photographe, qui fait semblant de gérer pendant que tout s’écroule. Marella, Feelia, Anneke. Et Essie Perry, la détective latina – appelée Blanche – rabaissée par ses collègues, la seule qui voit le pattern, la seule qu’on n’écoute pas. Évidemment. C’est un roman profondément féministe. Ces femmes-là, Pochoda ne les idéalise pas. Ce ne sont pas des saintes. Elles se mentent, elles s’abîment, elles survivent comme elles peuvent. Et c’est ça qui ...