Les fantômes de Shearwater
Lire Les fantômes de Shearwater / Wild Dark Shore , c’est entrer dans un territoire où la nature prend toute la place. Pas juste comme décor. Comme présence. Comme menace. Comme mémoire. L’île de Shearwater finit par devenir un personnage à part entière : le vent, le froid, l’humidité, les cris des oiseaux, les fantômes des animaux massacrés qui semblent encore hanter l’endroit. Tout dans l’écriture de Charlotte McConaghy est sensoriel. On sent le sel, le gel, la bouette, les vêtements trempés. Ça crée une ambiance lourde, isolée, presque suffocante par moments. Le roman repose beaucoup plus sur son atmosphère et sur la psychologie de ses personnages que sur le suspense pur. Pis ça, je pense que c’est important de le dire, parce que le marketing peut presque laisser croire à un thriller. Oui, il y a un mystère. Oui, il y a un secret — « the thing » — qui plane sur le récit. Mais honnêtement, ce n’est pas particulièrement difficile à deviner. Sauf que le livre ...