Messages

Affichage des messages du mai, 2026

Les vagues scélérates

Image
 Les vagues scélérates, d’Hélène Rompré, est le genre de roman qui se lit extrêmement vite. Pas parce qu’il est superficiel, mais parce qu’il est construit en fragments : courts flashs, souvenirs, anecdotes, réflexions qui s’enchaînent presque comme une spirale mentale après une rupture. Une rupture que la narratrice n’a absolument pas vue venir, alors que son chum et elle avaient entrepris des travaux dans sa maison pour qu’il y emménage avec elle. Le titre prend ainsi tout son sens : la vague scélérate, c’est cette catastrophe soudaine qui arrive sans avertissement et qui renverse tout. Le roman est profondément autofictionnel. On sent le besoin de saisir ce qui s’est passé, de revisiter la relation pour tenter d’y trouver les signes qu’elle n’a pas vus. Ce qui m’a surtout intéressée, c’est la dynamique amoureuse du couple. Dès le départ, on comprend qu’elle l’aimait plus qu’il ne l’aimait. Elle veut devenir la femme qu’elle croit qu’il souhaite avoir à ses côtés. Elle ...

Nous, la braise

Image
Nous, la braise   de   Otoniya J. Okot Bitek   est un roman qui s’intéresse à ce que les guerres font aux filles. Pas seulement pendant la guerre elle-même, mais longtemps après. Et c’est justement une force du roman que de raconter des récits qui ont historiquement été écrasés, simplifiés ou effacés. Les jeunes filles kidnappées par les rebelles ne sont jamais réduites à des figures abstraites de victimes. Elles deviennent des enfants soldats, des esclaves domestiques et sexuelles, des mères dans des conditions inimaginables. Elles apprennent à survivre dans un système où la violence est le quotidien. Même l’AK-47 finit par faire partie du corps, de l’identité, de la manière d’exister dans le monde. C’est profondément troublant, justement parce que le roman montre à quel point la guerre transforme tout, jusque dans les gestes les plus ordinaires.   Ce qui marque particulièrement dans le roman, c’est la manière dont il aborde la parole des jeunes filles. Les récits s...

Les fantômes de Shearwater

Image
Lire   Les fantômes de Shearwater /  Wild Dark Shore , c’est entrer dans un territoire où la nature prend toute la place. Pas juste comme décor. Comme présence. Comme menace. Comme mémoire. L’île de Shearwater finit par devenir un personnage à part entière : le vent, le froid, l’humidité, les cris des oiseaux, les fantômes des animaux massacrés qui semblent encore hanter l’endroit. Tout dans l’écriture de  Charlotte McConaghy   est sensoriel. On sent le sel, le gel, la bouette, les vêtements trempés. Ça crée une ambiance lourde, isolée, presque suffocante par moments. Le roman repose beaucoup plus sur son atmosphère et sur la psychologie de ses personnages que sur le suspense pur. Pis ça, je pense que c’est important de le dire, parce que le marketing peut presque laisser croire à un thriller. Oui, il y a un mystère. Oui, il y a un secret — « the thing » — qui plane sur le récit. Mais honnêtement, ce n’est pas particulièrement difficile à deviner. Sauf que le livre ...