Ma Bête .

Ce n’est pas une lecture facile, mais c’est une lecture sincère, qui met des mots sur l’épuisement, le déni et l’amour mis à l’épreuve. 

Ma bête est un roman d’autofiction qui plonge le lecteur dans l’univers poignant de l’accompagnement d’un être cher aux prises avec des maladies dégénératives. L’œuvre expose avec une intensité brute la détresse émotionnelle liée à la proche aidance.

 

À travers ses personnages, Michèle Ouimet aborde des thématiques lourdes : la maladie de Parkinson, l’aphasie, la démence, l’anxiété, la dépression et même des idées homicidaires. Le conjoint de la narratrice évolue dans une spirale descendante, et l’autrice décrit sans fard les crises, les complications du système de santé, les rencontres avec des professionnels, ainsi que des souvenirs de moments de bonheur, fragiles mais bien présents.

 

Cependant, la lecture me laisse avec des impressions mitigées. Je trouve que certaines répétitions sont superflues et donnent à l’écriture un aspect moins raffiné, plus convenu. Est-ce une volonté de refléter la confusion mentale des protagonistes ou un effet inconscient ? 

 

Ensuite, je me questionne sur certaines réflexions et opinions. Sont-elles parce que le personnage est une baby-boomer ou que l’autrice en est une ? À mi-lecture, je n’étais pas sûre et, en fin de compte, je ne le sais toujours pas.

 

Quelques éléments sont saisis avec force, mais peuvent paraître à l’occasion trop appuyés, voire caricaturaux. Michèle Ouimet joue-t-elle sur cette ambiguïté pour illustrer les mécanismes de défense psychologiques ? J’ai trouvé que cela manque parfois de subtilité, notamment lorsque de petites contradictions surgissent d’une page à l’autre.

 

Malgré des passages qui m’ont semblé un peu convenus, Ma bête reste un ouvrage bouleversant. Il réussit à transmettre la détresse des personnes atteintes de maladies dégénératives et de leurs proches ainsi que le fardeau de la proche aidance avec une sincérité désarmante. C’est une lecture qui peut être émotionnellement difficile, mais nécessaire, car elle parle de tous les gens en perte d’autonomie.  

 

Un livre touchant, à la fois douloureux et empreint d’une vérité crue.


Oh et euh… Fun fact (ou pas) : la narratrice dit qu’elle connaît « une grande variété de sacres grâce à son enfance à l’eau bénite ». J’ai trouvé que ça fait très Boomer (dans le sens péjoratif). On en connais tous une pléthore! 😏

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