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Affichage des messages du mars, 2026

À propos de Nora

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Dès les premières pages, tu comprends assez vite dans quel type de récit t’embarques. Pas un thriller qui roule à toute allure, mais un   slow, slow burn   — un suspense psychologique et juridique qui prend son temps, et qui mise surtout sur les tensions, les relations et les zones grises, plus que sur les rebondissements.   L’écriture, elle, est somme toute efficace. Fluide, accessible, ça se lit tout seul. Je me suis laissée porter sans effort. Il y a une belle attention aux émotions, aux dynamiques entre les protagonistes, qui, pour leur part, sont d’ailleurs   complexes, nuancés, profondément humains . On sent que l’autrice cherche à comprendre ses personnages, pas à les juger — pis ça, ça marche.   J’ai aussi trouvé intéressant le regard posé sur le système judiciaire, surtout envers les mineurs. Sérieux, c’est affligeant de constater qu’aux États-Unis, des jeunes peuvent être jugés comme des adultes, même à 13 ans. Ça ajoute une couche de réflexion qui don...

Au bout de notre sang : et si la vraie question n’était pas la ménopause?

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Vieillir comme femme, ce n’est pas seulement une affaire d’hormones. C’est aussi une histoire de regard. De place qu’on nous accorde — ou qu’on nous retire. Et de tout ce qu’on a porté pendant des années. Le collectif  Au bout de notre sang : malmenées, maltraitées, ménopausées , publié chez Hamac, rassemble une série de textes d’autrices qui réfléchissent à la ménopause. Mais très vite, on comprend que le livre parle d’autre chose aussi :  du vieillissement des femmes dans une société qui valorise surtout leur jeunesse et leur désirabilité . Le recueil est riche parce que les expériences sont multiples. Les textes sont très différents dans le ton comme dans la forme : certains sont introspectifs, d’autres plus revendicateurs, parfois cyniques, parfois lumineux. Comme dans tout collectif, certains m’ont davantage marquée.  Celui de Anne Peyrouse apporte une touche d’humour que j’ai bien aimé. «Je ris je glousse je tousse j'atchoume je saute je fais des squa...

Les cennes noires d'Akena Okoko

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Akena Okoko, mieux connu sous le nom de KNLO, membre d’Alaclair Ensemble, signe ici un texte qui respire la poésie du quotidien.   Fils d’un père congolais (RDC, zaïrois), il remonte le fil de ses jobs comme on fait l’inventaire d’une vie en chantier : assistant camelot avec ses frères, entraîneur de soccer, plongeur, préposé au sandwich chez Subway, soldat de réserve dans les Forces armées, ouvrier à l’usine de Crocs, cobaye pour des études cliniques, fleuriste, caissier de dépanneur, entraîneur de basket, videur de truck au casino, déménageur, employé de construction et j’en passe. La vie d’artiste, c’est souvent ça : être polyvalent, débrouillard, accepter que la création se faufile entre deux quarts de travail. Mais le livre ne parle pas seulement de précarité. Il parle de valeurs. De persévérance, d’efforts, d’appartenance. De ce qui compte vraiment quand le chèque est encaissé et que la fatigue reste.   Il y a quelque chose de profondément beau dans sa faç...

Prochain arrêt

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  Prochain arrêt  est un roman sur les   secrets de famille et la quête du passé . Au décès de son père, avec qui elle entretenait peu de liens, Yana tombe sur un vieil album photo. À l’intérieur : des clichés de sa mère enfant, pris par son grand-père. Sur les photos, la fillette est dans un train, puis sur le quai d’une gare — celle de   Malma . Ce qui frappe surtout Yana, c’est la   tristesse   qui émane de cette enfant. Sa mère a disparu du jour au lendemain.   Alors qu’elles avaient une relation très fusionnelle, ce silence devient une énigme. Persuadée que les réponses se trouvent dans le passé, Yana refait le voyage en train que sa mère a fait — enfant, puis adulte — pour tenter de comprendre ce qui s’est réellement passé.   Le roman navigue entre plusieurs époques et plusieurs points de vue — notamment   Oskar, Harriet et Yana   — et tous les fils convergent vers Malma.   Si au départ j’ai trouvé intéressant ce jeu d’allers-...

Noces de coton d'Edem Awumey : Révolution verte, désillusion noire

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Je vais être honnête :   Noces de coton   de   Edem Awumey ,   ça m’a demandé plus que ce que j’étais capable de donner au moment où je l’ai lu.   C’est un roman qui pense. Beaucoup. Ça discute, ça argumente, ça fouille l’histoire du coton, la colonisation, la «Révolution verte», les multinationales, l’illusion du progrès. Et si t’es un peu fatigué.e, tu peux passer à côté de plein de choses.   Le huis clos dans le musée de la Révolution verte — avec ses photos de travailleurs obligés de sourire, coton blanc à la main — c’est d’une ironie violente. La colonisation ne disparaît pas. Elle se  rebrande . Elle met un logo vert sur ses pratiques. Elle parle d’aide, de rendement, d’innovation.   Mais le fil reste le même.   La langue d’Awumey est dense, presque hypnotique. Il écrit comme on tisse : phrase par phrase, fibre par fibre. Il y a quelque chose de très maîtrisé, presque solennel par moments. Ce n’est pas une écriture pressée. Ça demande q...

Effacement

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 Dans   Effacement   de   Percival Everett , Thelonious « Monk » Ellison est un auteur érudit, absolument brillant — il est clairement pas neurotypique. Parfois, je te jure, c’est étourdissant tellement le dude est intelligent. Il pense vite, loin, tout le temps. Ses conférences sont d’un absurde délicieux. C’est brillant, sarcastique, mais aussi volontairement long, presque rébarbatif.  Alors, Monk, écrivain exigeant et cérébral, fait le pire (ou le plus brillant ?) move possible : il écrit une parodie caricaturale de roman « ghetto » pour l’argent. Pas par militantisme. Pas pour dénoncer frontalement. Pour vendre. Et ça marche. Là-dedans, le code switching devient central. L’effacement aussi. Effacer sa complexité pour fitter dans ce que le marché blanc attend. Performer une identité simplifiée, digeste, monnayable. C’est brutal, mais souvent très drôle. L’exagération sert de bouclier : on rit… et le message passe pareil. Moi, j’a...