The Damages
En 1998, la coloc de Ros disparaît pendant le verglas. En 2020, son ex — père de son fils de 11 ans — est accusé d’agression sexuelle pour des gestes posés des années plus tôt. Et là, tout s’entrechoque.
À plusieurs moments, j’avais envie de lui dire : voyons donc, pourquoi tu mens comme ça? C’est pas si grave! Pis après, je me suis rappelée la fille que j’étais à 18-19 ans. Celle qui voulait fitter in. Être choisie. Être validée. Être aimée par la fille cool — Sue, la it girl du groupe. À cet âge-là, le regard des autres, c’est tout.
Ros ment pour se sentir appartenir. Pas pour manipuler. Pas par cruauté. Par insécurité. Pis ces mensonges-là vont faire des dommages — des vrais.
Ce que j’ai trouvé vraiment fort, c’est la confrontation entre deux conceptions du consentement. En 1998, on présumait du consentement à moins d’un refus clair. C’était flou. Plein de zones grises. Ça n’excuse rien, mais ça explique le contexte. En 2020, on parle de consentement affirmatif. On vérifie. On valide. On nomme. Ainsi, le roman pose une question inconfortable : peut-on analyser le passé uniquement avec les standards d’aujourd’hui? Pis ça, ça gosse. Parce qu’on veut une réponse claire. On veut savoir qui a raison, qui a tort. Mais la réalité est plus messy que ça.
Ros est traumatisée par ce qui s’est passé en 1998. Elle est obsédée par l’idée de « faire la bonne chose ».Pas dans le sens noble du terme. Pas dans le sens équilibré. Une obsession, ça ne l’est jamais. Ça la gruge. Ça fausse son regard. Ça la pousse à voir des preuves là où il y en a peut-être pas. Ce n’est plus seulement une question de justice. C’est une question d’image. D’identité. De peur d’être encore celle qui a mal fait.
On est constamment dans la tête de Ros. Mais je me suis demandé si un autre point de vue aurait dynamisé le récit. Oxygéné l’histoire. Peut-être. En même temps, rester coincée dans sa subjectivité, ça nous force à ressentir son obsession, son insécurité, ses distorsions.
The Damages ne donne pas de réponses faciles. Il ne nous dit pas quoi penser. Il nous met devant l’inconfort et nous laisse là. Et moi, j’aime ça quand un livre me confronte. Quand ça dérange assez pour que je continue d’y penser après.
The Damages, c’est un livre sur les mensonges, oui. Sur la honte. Sur la peur du jugement. Mais surtout sur la manière dont les normes sociales bougent… et nous obligent à nous repositionner.
C’est lucide. Nuancé. Parfois malaisant.
Pis honnêtement? Ça fait du bien de lire un roman qui n’essaie pas de nous conforter dans ce qu’on pense pis qui nous pousse à réfléchir sur le regard qu’on porte sur les événements, sur les gens.
T’en penses quoi ?
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