Ceux qui nous frappent
RENTRÉE LITTÉRAIRE 2026
Résumé de l'éditeur
«Charles Levain, jeune trentenaire bien sous tous rapports, comparaît devant le tribunal de Rennes pour un motif inhabituel : harcèlement moral sur conjointe ayant causé son suicide. Son ex-compagne, la championne de boxe Sara Messina, s'est jetée dans les eaux de la Vilaine. Si Charles affirme que Sara était dépressive et qu'il tentait tant bien que mal de la soutenir, pour la mère de la victime, il est un homme violent et sa fille était sous son emprise. Quant aux amies de Sara, cela fait longtemps qu'elles ne croient plus à la justice. Mais elles ne laisseront pas Charles impuni.
Les trois jours de procès autour de ce « suicide forcé » verront défiler à la barre experts, policiers et avocates - témoins parfois troubles de la détresse mais aussi du caractère impétueux et complexe de la boxeuse. Tous tenteront de répondre à l'épineuse question : qui a tué Sara?»
Mon avis
Comme les juges, on écoute les témoignages, les interrogatoires, les versions qui se croisent. On se fait une idée, puis une nouvelle information arrive et elle bouscule ce que l’on croyait. Petit à petit, le portrait se complète.
Parce que dans les cas de violence conjugale, il y a rarement des témoins. Et dans la violence psychologique, il n’y a pas de traces. Alors comment prouver ce qui s’est passé? Comment établir la responsabilité? Comment juger une situation quand rien n’est parfaitement clair?
Le roman montre aussi très bien le cycle de la violence. Ce ne sont pas nécessairement de grands événements isolés, mais une accumulation de choses, de comportements, de paroles et de situations qui finissent par former un tout.
Sara était une jeune femme disciplinée, puissante, championne européenne de boxe. Et le roman pose des questions que je préfère vous laisser découvrir. Des questions qui sortent du cas « parfait », de la situation où tout est évident, où la victime correspond à l’image qu’on s’en fait.
L’autrice utilise une métaphore navale pour entraîner les lecteurs et perso, au départ, j’avais un peu de difficulté à y adhérer. Puis l’audience a avancé et je l’ai de moins en moins remarquée. En fait, j’ai surtout fini par me laisser embarquer dans le roman. Et je l’ai dévoré. Je n’ai pratiquement rien noté durant ma lecture. J’en ai fait une bouchée.
Ceux qui nous frappent est tout en finesse et en nuance. Mais il est aussi fort et intense. J’ai été captivée du début à la fin. Je me suis vraiment crue assise dans la salle d’audience, à écouter les échanges et à essayer, moi aussi, de comprendre ce qui s’était passé.
Un roman qui remue les certitudes et qui nous oblige à regarder la violence conjugale dans toute sa complexité.
À lire!
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