Le professeur d'Émilie Frèche

Résumé de l’éditeur

« Une élève l'a accusé, un père l'a traité de voyou, un homme de foi a demandé sa radiation.

Des vidéos ont été diffusées, des menaces ont été prononcées, une rumeur malfaisante s'est installée.

Les collègues se sont désolidarisés. On a organisé des réunions. On a fait venir un référent. Et on a demandé au professeur de s'excuser.

Il n'avait pas commis de faute, pourtant, ni d'erreur, mais on lui demandait de reconnaître qu'il avait froissé ses élèves.

Nous étions le 9 Octobre 2020, à Conflans-Sainte-Honorine. Une semaine plus tard, ce professeur était décapité à la sortie de son collège. Il s'appelait Samuel Paty.»

Mon avis

C’est un texte difficile à commenter. Non pas à cause de ce qu’il raconte, mais parce qu’il s’appuie sur des faits réels, qui, en soi, ne se commentent pas dans un avis de lecture. Le Professeur se lit vite. Trop vite presque. Et pourtant, il laisse une trace lourde, persistante. Émilie Frèche ne cherche ni à expliquer ni à juger. Elle nous place dans la peau de l’enseignant, au plus près de ses derniers jours, avec une écriture courte, resserrée, presque sèche. C’est dur. Comme la réalité l’a été.

Ce qui frappe fort, au-delà de la fin qu’on connaît, c’est le dépouillement du texte. Une langue brute, sans fioritures. Une mise en scène minimale, pensée pour que les mots, les dates, les faits prennent toute la place. Les entrées sont balisées par des heures, des jours : une mécanique implacable qui installe une tension sourde, inexorable. On avance tableau après tableau, sans détails lugubres, sans effets faciles. Et c’est précisément cette retenue qui ébranle.

 

Frèche ne cherche pas le spectaculaire. Elle fait confiance à la force du réel et à l’intelligence du lecteur. Le texte fonctionne presque comme un compte à rebours, où chaque silence pèse autant que les paroles. Un texte qui secoue, non pas par ce qu’il ajoute, mais par ce qu’il enlève.


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