Body Language

 Il y a des personnages qui te restent dans la tête longtemps après avoir refermé le livre. Cassie Raven, clairement, fait partie de ceux-là.

 

Dans Body Language de A.K. Turner, on débarque à la morgue de Camden. Cassie y travaille comme technicienne : elle prépare les corps, assiste aux autopsies… et, accessoirement, parle aux morts. Oui oui. Et pour elle, c’est pas une métaphore.

 

Avec son look gothique, ses piercings, ses tattoos pis son côté franchement asocial, Cassie pourrait être cliché. Mais non. Elle est brillante, sensible, un peu rough sur les bords, pis surtout profondément attachante. Son rapport à la mort, façonné par un passé pas mal chargé — elle a perdu ses parents jeune — donne quelque chose d’unique.

 

L’histoire prend un tournant quand elle voit arriver sur sa table le corps de Géraldine Edwards, son ancienne prof de sciences. Celle qui l’a sortie de la rue. Officiellement, c’est une mort accidentelle. Cassie, elle, y croit zéro. Fait qu’elle décide de creuser. À sa manière.

 

Évidemment, ça ne fait pas l’affaire de l’inspectrice Phyllida Flyte, qui la trouve pas mal dérangeante (et réciproquement). Leur dynamique est franchement savoureuse : deux femmes à l’opposé, qui se jaugent, se confrontent, mais qui évoluent aussi — c’est vraiment bien amené.

 

Côté intrigue, le suspense marche. L’écriture est fluide, efficace, pis l’autrice sait comment garder ton attention accrochée à son univers. Ça se lit tout seul.

Et quel univers, justement. La morgue de Camden devient presque un personnage en soi. C’est à la fois glauque, fascinant, parfois même étonnamment drôle. Le roman navigue entre le sarcastique, l’émouvant et le franchement sombre sans jamais perdre son équilibre.

 

Mais au final, ce qui fait que ça marche, c’est Cassie. Son regard sur le monde, sa façon d’être en marge, son besoin de comprendre, de rendre justice. Je me suis vraiment attachée à elle.

 

Pis cette fin… disons juste qu’elle ouvre des portes. Clairement, ça donne envie de plonger dans la suite de cette trilogie — même si le dernier tome n’a malheureusement pas encore été traduit en français.

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