Habiter ton absence

J'attendais ce livre depuis longtemps. Depuis les premiers poèmes que Myriam St-Denis Lisée avait partagés après la perte de son fils Émile. Ces quelques vers m'avaient déjà remué. Alors quand j'ai enfin eu le recueil entre les mains, j'y suis entrée avec beaucoup d'émotion.

Et je pense que je ne l'ai jamais vraiment tenu comme un livre.

Je l'ai manipulé avec une précaution presque démesurée. Comme si je prenais la peine de quelqu'un entre mes mains. Comme si je pouvais, l'espace de quelques pages, en alléger un tout petit morceau.


Ce que Myriam dépose ici est d'une vulnérabilité immense. Elle écrit le deuil, l'absence, l'amour qui survit malgré tout, mais aussi des sentiments dont on parle moins. La culpabilité. Les questions qui reviennent en boucle. La peur d'avoir avancé trop vite. La peur, aussi, de ce qui viendra après. D'un autre enfant. D'un autre espoir. D'un autre amour qui n'effacera jamais celui-là.


J'ai aussi été profondément touchée par la place accordée au père. On parle souvent de la mère dans ce genre de drame, beaucoup moins du père. Ici, quelques poèmes lui donnent une voix. Ils rappellent que le deuil habite chacun différemment, même lorsqu'on partage la même perte.


C'est un recueil qui m'a bouleversée, mais jamais parce qu'il cherche à provoquer les larmes. Il m'a bouleversée parce qu'il est d'une honnêteté désarmante. Parce qu'il ose montrer la fragilité sans détour. Parce qu'il y a, dans ces pages, une force immense qui naît justement de cette vulnérabilité.


Je referme ce livre avec beaucoup d'admiration pour la poète, mais surtout avec beaucoup de tendresse pour la mère qui s'y révèle.


Un recueil d'une beauté saisissante. Un de ceux qui nous rappellent que les mots ne réparent pas tout, mais qu'ils peuvent parfois nous aider à porter l«'importable.»

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