Les récidives
Disponible au Québec le 9 octobre .
Résumé de l'éditeur :
Mon avis :
Ça m’a pris un peu de temps avant d’entrer dans Les récidives. Au départ, j’avais une réserve face à Alice, qui dispense un atelier de théâtre et qui se rapproche notamment de Stella, une jeune femme de 19 ans. J’avais peur de retrouver ce regard de privilégiée qui observe la vie de femmes en difficulté avec beaucoup d’empathie, mais aussi avec cette petite distance qui me dérangeait. Une certaine posture de « sauveuse », tu sais ? Le genre de « moi, privilégiée, je suis sensible aux défavorisés ».
Pis, cette impression s’est effacée à mesure que je suis entrée dans le récit.
Les récidives, c’est pas tellement un roman sur la prison. C’est plutôt l’histoire de ce qui vient après. La sortie, qu’on imagine comme une délivrance, n’est pas nécessairement synonyme de liberté. Il faut retrouver un logement, un travail, des repères. Composer avec le regard des autres, l’absence de soutien, les blessures qui ne disparaissent pas parce qu’elles ont été libérées.
Et il y a l’espoir. Celui qui les tient debout. L’espoir d’améliorer sa vie, celui d’un peu de stabilité, d’un amour qui ne fera pas mal. Mais comment reconstruire quelque chose quand tout semble te ramener vers la précarité, la violence et l’isolement ?
C’est là que le roman m’a accrochée. Je me suis demandé si certaines femmes récidivent réellement… ou si ce sont plutôt les circonstances, la violence et l’absence de possibilités qui finissent par se répéter.
Stella m’a touchée. Elle est jeune, en détresse, en quête d’affection et de reconnaissance. Elle cherche sa place, souhaite être aimée, mais se tourne souvent vers les mauvaises personnes et les mauvaises avenues. Sa relation avec sa mère ajoute à cette impression de solitude.
Plus j’avançais, plus je voyais les mêmes blessures revenir sous différentes formes : la violence, la négligence, le manque de soutien. Chez ces femmes, les blessures ne commencent pas en prison. Et elles ne s’arrêtent pas à la sortie.
J’ai fini par aimer la plume de Fabienne Périneau. Elle est fine, sensible, nuancée, avec quelque chose de poétique qui accompagne bien la fragilité de ses personnages. Elle laisse de la place aux contradictions, aux failles, aux parcours qui ne sont jamais aussi simples qu’on voudrait le croire.
Une lecture émouvante qui, après un début plus hésitant, m’a beaucoup plus rejointe que je le pensais après les premières pages.
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