Lola va mourir
Tout d’abord, un avertissement : si tu veux lire ce roman, il faut être prêt.e à te taper 400 pages de misogynie. C’est tout le temps là. Et même du fils de 17 ans de Lola. C’est évident que si les hommes qu’il côtoie méprisent les femmes, les probabilités qu’ils fassent de même sont élevées. Mais ça demeure dérangeant d’être témoin de la manière dont il agit avec sa mère.
Ce que je trouve intéressant, c’est que Dumiot ne traite pas la misogynie comme un concept abstrait. Elle passe par les paroles, les comportements, la culture qu’on consomme, les jeux vidéo, la musique, les films. Elle se transmet aussi d’une génération à l’autre, notamment à travers les deux jeunes. Et surtout, elle n’est pas toujours spectaculaire : elle est souvent tellement banale pour les personnages qu’ils ne semblent même plus voir le problème.
Le roman réussit également à maintenir cet inconfort jusqu’au bout. Les passages crus peuvent être difficiles à lire, mais ils participent au propos et empêchent de mettre la violence à distance. La fin pousse encore plus loin ce malaise. Je ne dirais pas que j’ai aimé tout ce que j’ai ressenti, mais je reconnais qu’il m’a forcée à rester là où je n’avais pas forcément envie d’être. Et pour un roman qui parle de violences sexistes, ce n’est pas rien.
Lola va mourir nous maintient dans un inconfort constant. Mais un inconfort nécessaire. Dans la vie, il y a un principe indéniable, les changements ne surviennent que quand l’inconfort est suffisamment grand pour faire les efforts pour changer les choses. La gêne ressentie au cours de cette lecture pourrait nous mener, nous lecteurices, à ne plus ignorer, banaliser, accepter ou excuser les violences sexistes.
Aussi, cet inconfort n’est rien aux vues de ce que les femmes qui vivent ces violences expérimentent.
Un livre à lire. Parce que nous faisons tous.tes partie de la solution.
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