Le Calamity Club

Kathryn Stockett a un talent indéniable : elle crée des personnages qui semblent exister en dehors des pages. Qu'elles nous soient sympathiques ou non, on a envie de savoir comment leur histoire va se terminer, et c'est sans doute la plus grande force du roman.
 
À travers elles, elle aborde une foule de sujets difficiles, particulièrement durant la Grande Dépression. J'ai senti une réelle volonté de mettre en lumière des réalités souvent passées sous silence, le tout avec une légèreté qui rend la lecture agréable, sans jamais minimiser la gravité des enjeux.
 
Par contre, j'ai un petit bémol concernant le développement de certaines intrigues. Kathryn Stockett prend le temps de les élaborer, mais j'ai parfois eu l'impression que certaines plot lines s'étiraient davantage que ce qu'elles apportaient réellement au récit. À mes yeux, moins aurait été plus. Non pas parce que le roman manque de cohérence, mais parce que quelques passages auraient gagné à être resserrés sans rien perdre de leur force. Malgré cette impression, j’ai toujours lu avec intérêt (et c’est pas rien, parce que je ne suis pas friande de longs romans d’habitude). 
 
Nonobstant cette réserve, je comprends sans difficulté pourquoi Le Calamity Club est un roman aussi aimé. Kathryn Stockett possède un réel talent pour faire vivre une galerie de personnages complexes, imparfaits et profondément humains. Elle leur donne une voix, une histoire et une dignité qui les rendent difficiles à oublier. Son regard sur une époque marquée par les injustices faites aux femmes est à la fois sensible et lucide, sans jamais perdre de vue l'importance des liens qui se tissent entre elles.
 
Je retiens surtout une histoire généreuse, portée par des personnages mémorables et une magnifique célébration de la solidarité féminine. C'est un roman qui fait du bien sans être naïf, qui rappelle que, même dans les périodes les plus sombres, les femmes trouvent des façons de résister, de s'entraider et de reprendre un peu de pouvoir sur leur destin.
 
À lire! 

Merci aux Éditions Robert Laffont et à Interforum Canada pour le service de presse

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