Quand viendra l’orage
C4 :
Toute l'Amérique qu'on aime est dans Quand viendra l'orage. Coup de cœur garanti pour l'histoire pleine de souffle et de passion de deux familles du Midwest liées sur plusieurs générations par un secret inavouable.
Dans le Midwest, dans l'Ohio, des années 1940 à 1990
C'était, il s'en apercevait à présent, le grand travail de sa vie : tâcher de rectifier ce qu'il avait fait de travers. Notre valeur ne se mesure-t-elle pas à ce que nous faisons de nos erreurs ?
Mai 1945. L'euphorie de la victoire des Alliés en Europe résonne dans la petite ville de Bonhomie dans l'Ohio et Margaret Salt échange un baiser avec Cal Jenkins. L'un et l'autre ignorent que ce tendre échange furtif va sceller leur destin à tout jamais. Et tandis que le pays se reconstruit dans le boom de l'après-guerre, un secret prend racine à Bonhomie.
Mais rien ne chuchote plus qu'une petite ville du Midwest, et Bonhomie n'est pas en reste quand il s'agit de colporter des ragots. Car la rencontre entre Margaret, mariée à l'honnête mais prude Felix, et Cal, marié lui à la clairvoyante Becky, va avoir des conséquences sur les deux familles sur plusieurs générations. Il y a aura des enfants et leurs enfants après eux, il y aura des blessures, des trahisons, des amitiés sincères, une autre guerre, des fêtes, des départs et de retrouvailles. Et tout au bout, une certitude : quand viendra l'orage, Cal et Margaret pourront toujours se dire que le soleil brillera demain...
Mon avis:
Il y a beaucoup de matière dans ce roman. L’auteur s’intéresse à l’homosexualité, au rejet maternel, aux handicaps et à leurs conséquences sur la vision de la vie, à l’infidélité, au deuil, aux ravages de la guerre sur les individus. J’ai notamment aimé la manière dont il a démontré que deux personnes puissent vivre une même situation de manière complètement différente. Les personnages ont chacun leurs blessures, leurs contradictions et leurs façons bien à eux de composer avec ce qu’ils vivent.
Parmi les éléments dont l’exploitation a été très bien réussie, il y a les non-dits. Les personnages gardent tout pour eux et ces silences finissent par devenir des secrets. Au fur et à mesure qu’on avance dans la lecture, on constate toutes les conséquences de ceux-ci. Ils font boule de neige et n’évitent pas de blesser les gens.
Tout au long du roman, les événements historiques ne servent pas uniquement de toile de fond : ils influencent les trajectoires des personnages et permettent de réfléchir à ce que les guerres laissent derrière elles, dans les vies comme dans les familles.
L’auteur possède une plume fluide, qui porte une attention particulière aux détails. Il installe une ambiance qui traverse le récit. Une ambiance qui, parfois, stagne, en tout cas à mon avis.
En fait, je suis juste restée détachée durant ma lecture. Bon, pas totalement indifférente : je suivais avec intérêt la trajectoire de Margaret et de Tom, mais il me semblait que peu de choses se passaient. Peut-être à cause de l’écriture très descriptive, qui finit par ralentir le récit.
Et c’est peut-être là que se trouve ce qui m’a manqué dans ce roman : je vois très bien ce qu’il cherche à faire, et je reconnais la qualité du travail, mais je ne l’ai pas vraiment ressenti.
Lu juste après Le Calamity Club, la comparaison est difficile à éviter. Les deux romans ont pourtant des ambitions intéressantes, mais Quand viendra l’orage m’a semblé beaucoup plus statique et moins vibrant. Là où l’autre roman m’avait davantage happée, celui-ci m’a laissée plus en retrait.
Cela dit, c’est un roman accessible, l’écriture est de manière générale méticuleuse et les thèmes sont intéressants. Les personnages ont de la matière et le roman a beaucoup à raconter. Pour ma part, toutefois, je suis arrivée à la dernière page sans avoir été émue.
Il m’a simplement manqué quelque chose.
Je suis restée aux portes de l’orage. À l’abri de l’orage.
Merci aux Éditions Belfond et à Interforum Canada pour la lecture!
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