51e - Canada 2038
Résumé de l'éditeur
«Montréal, État du Canada, USA
Mon avis
Bion, bion, bion! Que dire ou plutôt comment dire?
J’avais déjà lu Hervé Gagnon il y a une dizaine d’années et j’en gardais un bon souvenir. J’avais notamment beaucoup aimé Jack. Alors, j’étais curieuse de retrouver l’auteur. 51e – Canada 2038 m’a moins convaincue.
On est dans une dystopie… ben, à peine. Mais techniquement, c’en est une. Le Canada a été annexé par les États-Unis et Montréal est devenue un État américain. Rationnement alimentaire, censure, exécutions publiques : la démocratie a pris une méchante débarque. Jean-François Foley, policier au SPVM, tente de faire son travail alors que la Garde nationale et le Secret Service ont pris le dessus sur les forces locales. Avec sa partenaire Alexandra, il enquête sur la disparition d’Ellie Belliveau, la fille du gouverneur. L’enquête les mènera vers une résistance qui rappelle les vieux mouvements indépendantistes québécois, dont un FLQ ressuscité sous le nouveau régime.
Le roman se lit bien. C’est un page-turner. C’est rythmé, vif, il y a des revirements et des surprises. L’enquête est intéressante et les personnages sont sympathiques ou pas quand il le faut. Sur le fond, l’analyse politique et sociale tient la route. La fragilité de la démocratie, la montée de l’autoritarisme, la résistance : tout ça donne au roman une dimension qui dépasse le simple thriller politique.
Mais…
J’ai eu l’impression d’un roman écrit trop vite, pour profiter d’une actualité politique qui bouge elle-même à toute vitesse. C’est très inspiré de la réalité : les événements ressemblent à ceux qu’on connaît, les personnages ont des noms qui ne trompent personne — Jasmin Thériault pour Justin Trudeau, Jean St-Juste-Dupont pour Paul St-Pierre Plamondon — et plusieurs situations rappellent directement l’actualité.
C’est une façon de faire qui peut être amusante, mais ce n’est pas un procédé qui me rejoint. À certains moments, j’avais presque l’impression de lire une parodie.
Il y a aussi des clichés et des petits détails reviennent jusqu’à devenir agaçants. On a compris que le café est mauvais. VRAIMENT. Pas besoin de nous le rappeler chaque fois qu’on en boit. ;-)
Mais ce qui m’a le plus dérangée, c’est l’utilisation du mot « hystérique » pour décrire une femme en colère ou outrée. Trois. Fois. Dans un roman publié en 2026, ça ne passe pas pour moi. Surtout quand les hommes, eux, ne sont jamais hystériques lorsqu’ils s’emportent. Ça m’a énervé chaque fois.
Même chose pour les remarques sur l’apparence physique de la femme du gouverneur, dont sa poitrine refaite. Une fois, on comprend. Mais pas besoin d’insister avec une formulation comme « en posant une main indignée sur son ample poitrine pas toute naturelle ». Ça n’apporte rien au récit.
Malgré tout, je ne peux pas dire que je me suis ennuyée. Le roman est léger, facile et efficace dans sa façon de raconter son histoire. Mon chum l’a lu aussi et l’a trouvé divertissant, avec une lecture facile, mais sans être particulièrement impressionné par l’écriture. Je partage son impression.
Et il y a quelque chose de troublant dans cette histoire : l’idée qu’un scénario qui semble complètement improbable puisse, par moments, nous sembler moins loin de la réalité qu’on voudrait le croire. L’annexion, la censure, le rationnement, la perte de liberté, la montée d’un régime autoritaire… On ose à peine imaginer ce que ça donnerait dans la vraie vie.
C’est probablement ce que je retiens du roman : sur le fond, il y a de la matière. Sur la forme, j’aurais voulu moins de répétitions, moins de raccourcis. J’ai aimé retrouver Hervé Gagnon, mais j’avais placé la barre plus haut à cause de mes souvenirs de ses romans précédents, notamment Jack.
51e – Canada 2038 est donc un thriller politique efficace et divertissant, mais qui m’a laissée avec un peu d'irritation.
Est-ce que ce livre pique ta curiosité? As-tu l’intention de le lire?
Merci aux éditions Alire pour le service de presse.
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