I'm thinking of ending things

On suit une jeune femme qui part en road trip avec Jake, son chum depuis six semaines, pour rencontrer ses parents. On ne sait presque rien d’elle. Pas son nom, pas son âge, pas vraiment ce qu’elle fait dans la vie. Elle n’étudie plus. Elle observe, elle réfléchit, elle doute. Elle doute de cette relation. Tout au long du roman, 
I’m Thinking of Ending Things est un leitmotiv. 
 
Ici, tout est dans l’ambiance. C’est malaisant, creepy, cringey, étrange. On sent constamment qu’il y a quelque chose qui cloche, sans toujours pouvoir mettre le doigt dessus. Reid réussit particulièrement bien à nous faire entrer dans cette sensation d’inconfort. On avance avec la narratrice et, comme elle, on observe les détails en essayant de comprendre ce qui se passe.
 
Au cœur du roman, il y a cette opposition qui m’a beaucoup intéressée : être seul ou être avec les autres. Être en couple, être entouré, appartenir à quelque chose… à quel prix ? La jeune femme réfléchit à la solitude, qui n’est pas présentée comme quelque chose de triste ou de négatif. Au contraire. 
 
C’est un livre d’ambiance, avant tout. Un livre de malaise. Et god que ça fonctionne !
 
Bien que je n’ai pas été surprise pour 100% des éléments de la fin, celle-ci est tout de même suprenante, bien amenée et, surtout, elle donne un autre éclairage à tout ce qu’on vient de lire. Reid parvient à faire quelque chose d’assez particulier : nous maintenir dans un état de tension presque constant sans avoir besoin d’en faire trop et nous secoue juste à la fin. 
 
Un roman court, étrange, inconfortable et réussi !  

Au fait, la version française a un titre qui ne rend maleureusement pas et ne contribue pas au feeling d'ambiguïté du roman. C'est Je sens grandir ma peur. À la décharge de l'éditeur, il est difficile de bien traduire le titre d'origine sans un peu écorcher l'effet. 

Maintenant, je vais regarder le film tiré du roman, même si je connais le punch !

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