Messages

Se sortir d'une enfance malheureuse, est-ce possible?

Image
Je le dis tout de go, cette rencontre avec le roman de Rebecca Lighieri a été le lieu d’un réel coup de cœur   ! Et je vous prédis qu’il figurera sur les listes des prix littéraires. J’en suis certaine   ! J’ai carrément été happée par cette histoire   ! Et que dire de cette fin   ! Mais, allez, je vais vous en dire plus.  En C4 peu de mots :  «  L’espérance de vie de l’amour, c’est huit ans. Pour la haine, comptez plutôt vingt. La seule chose qui dure toujours, c’est l’enfance, quand elle s’est mal passée.  »  Difficile d’avoir une idée de ce qui nous attend. Tout de même, je ne sais pas pourquoi, mais j’étais déjà accrochée. Dès les premières lignes, on sait que le père de Karel, le narrateur, est mort. Le jeune homme s’interroge sur l’identité de la personne qui a tué son père. En fait, il trouve plus juste la question suivante : « qui n’a pas tué mon père   ? » Ce n’est pas lui. Dès lors, on est entraîné dans l’histoire de Karel, de ...

Un roman tout en délicatesse sur l'aide médicale à mourir

Image
Pour son nouveau roman, Nathalie Roy nous propose un qui, cette fois, est inspiré de sa vie. Enfin, la grande ligne directrice. Son père, le journaliste Guy Roy, était atteint de fibrose pulmonaire et a décidé à l’automne 2018 de recourir à l’aide médicale à mourir en janvier 2019. Pour le reste, il s’agit bien de fiction. Lili est une avocate qui a racheté les parts de son père dans l’étude qu’avait fondée l’illustre plaideur que fut son paternel. Très proche de son père, Lili ne plaide pas en cour, notamment par peur de ne pas être à la hauteur des attentes de sonner, qu’elle juge très élevées. À l’automne, quand Paul lui apprend qu’il est résolu à demander l’aide médicale à mourir pour janvier, celle-ci est sous le choc. Elle ne croyait pas qu’il en était là, mais il la détrompe. Son état ne cessera de dégénérer et il peine à évoluer dans un quotidien bien simple qui ne lui permet pas de sortir de la maison.  C’est avec beaucoup de délicatesse et de finesse que Nathalie R...

Un excellent premier roman pour Paul Kawczak

Image
Depuis le début du confinement, l’Association des libraires du Québec diffuse des capsules de prescription littéraire sous le nom de #LireEnCoeur . Plusieurs personnes nous ont suggéré Ténèbre de Paul Kawczak, dont Pénélope Mc Quade. D’emblée, j’ai voulu le lire. Alors là, voici un roman que je n’ai vraiment pas eu de mal à lire   ! Avec le déconfinement qui était amorcé et l’expérience des mois passés, j’ai retrouvé une certaine concentration. Disons que ça aide, mais c’est surtout la qualité du roman qui est en cause. Le premier roman de Paul Kawczak — on ne sent pas du tout que c’est un premier roman, mais alors là, pas du tout   ! — nous amène dans la République démocratique du Congo, anciennement connu sous le nom de Congo belge, puis Zaïre, à la fin du 19esiècle. Le géographe Pierre Claes y est envoyé par le roi Léopold II pour délimiter la frontière nord-ouest du pays. Alors qu’il cherche un assistant personnel pour mener à bien son expédition, on lui réfère Xi Xiao, homme...

Miss Laila..., dépaysant et passionnant!

Image
J’ai reçu ce roman au début du confinement. Avec l’inquiétude devant la totale incertitude concernant le fameux virus, bien sûr, ma concentration n’était pas maximale. Comme je l’ai mentionné dans mon dernier billet, j’ai eu plus de difficulté à lire depuis le mois d’avril. J’ai commencé plusieurs lectures, certaines jusqu’à la moitié, puis, je ne sais pas pourquoi en particulier, je décrochais de l’histoire. Parmi ceux que j’ai réussi à terminer, il y a Miss Laila armée jusqu’aux dents. J’avais besoin de quelque chose qui me sortirait de ma bulle, je crois. Alors là, j’ai été complètement dépaysée par ce roman dont la sortie a été reportée en raison du confinement. J’avoue qu’en cette période de confinement ponctuée des points de presse à 13 heures chaque jour, ça m’a fait tellement de bien de me retrouver en Inde. D’une part, il y a Akhila, étudiante en médecine, mais aussi blogueuse. Pour sa plateforme, elle questionne les héros de la gauche dans des capsules qui sont en fait ...

L'appel du Huard : chercher à connaître réellement son père

Image
Oh, lala   ! Ça fait deux mois que je n’ai pas rédigé de chronique. Entre l’inquiétude de début de pandémie, les exercices effrénés dus à la fermeture de mon centre de kinésiologie et les douleurs, ma concentration m’a grandement fait défaut. J’ai entrepris la lecture de plusieurs romans que je n’ai pas encore finis pour cette raison. Mais parmi ceux que j’ai terminés, il y a L’appel du huard de Lily Gaudreault. Pour son premier roman, elle nous présente Janie, une avocate quadragénaire qui se lance sur la piste de l’histoire de son père après avoir reçu un courriel d’une certaine Carmine, dans lequel la description ne colle pas du tout avec l’homme que Janie connaît.  Fort turlupinée par l’écart entre leurs deux perceptions du même homme, elle part vers le Nord afin de le trouver ainsi que d’élucider le mystère qu’il constitue pour elle. En chemin, elle trouvera réponse à ses questions, malgré l’opposition de son frère et l’indifférente de sa sœur.  Concernant l’amorce du ...

Quand une myriade de violences s'accumulent

Image
  Sylvie Meyer a 53 ans et deux fils. L’histoire débute comme tant d’autres. Une relation s’est étiolée. Les individus s’étaient distanciés. Ils ne se voyaient plus. Ils ne se touchaient plus. Il n’y avait de place que pour les responsabilités et les routines qu’elles commandaient. Puis l’un est parti, alors que c’était un peu le tout de l’autre. À son grand étonnement, elle n’a pas senti d’état de choc. Inconsciemment, elle savait que c’était fini. Aucune réaction. Pas de pleurs… rien. Elle a continué et continue toujours comme avant, juste sans lui. Elle continue de se rendre au travail et de s’occuper de ses fils. Comme si rien n’était advenu, sauf qu’une toute petite brèche avait été créée. Son patron, éternellement exigeant, lui lègue la lourde responsabilité d’observer ses collègues, de les surveiller afin de dresser des listes. Les « utiles » d’un côté, les « nuisibles » de l’autre. Parce que ça ne roule pas bien à l’entreprise. Elledoit donc les...

Francis d'Alexandre Michaud : de désoeuvrement et de rêve

Image
Dans la vie, il y a de ces amitiés qui sont toxiques. Antoine Lavoie, un ado plutôt introverti d’Amqui pourrait très bien en faire l’expérience. L’aspirant écrivain, qui se confond à la tapisserie et qui trouve un certain réconfort dans la lecture de classiques de la littérature, mène une vie plutôt morne et… franchement difficile par moments. Sa mère est en dépression chronique et fortement médicamentée depuis sa naissance. La brume médicamenteuse dans laquelle elle se trouve la plupart du temps rend ses interactions avec son fils et son mari minimales. De son côté, le père d’Antoine a été déclaré invalide au travail après un accident et fait les bennes à ordures d’épiceries et de restaurants afin de nourrir sa famille.  Un jour où il est dans la forêt, il aperçoit Francis et sa bande. Pour les éviter, il essaie de se camoufler derrière un buisson, mais peine perdue, Francis l’a aperçu. Francis, c’est un jeune à la réputation peu reluisante. Il terrorise même de nombreux adultes....