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Affichage des messages du février, 2026

Récapitulatif des lectures de février

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 Le mois de février est le mois de l'histoire des Noir.e.s et j'ai décidé de faire diminuer ma pile de livres de littérature africaine ou afro-descendante. Disons qu'au départ, j'avais un peu de choix... 😁 Ça c'est une partie des titres que j'ai :  Alors voilà, j'ai puisé dedans durant le mois et je n'ai PAS ACHETÉ de livre avant le 25 février! Toutes les lectures que j'ai faites durant le mois provenaient de ma collection déjà acquise, sauf pour deux exceptions. Un service de presse reçu des Éditions Libre expression (merci, merci!) et un emprunt à la bibliothèque. Voici donc mes lectures du mois!

Tant que je serai Noire

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 Je me suis plongée dans   Tant que je serai Noire   de   Maya Angelou . J’avais déjà essayé de le lire il y a quelques années, puis j’avais réalisé que c’était le quatrième tome de ses Mémoires. J’avais mis ça de côté, me disant que je trouverais les précédents tomes. Finalement, je me suis lancée quand même — et honnêtement, on n’a pas l’impression d’avoir manqué quoi que ce soit. Ça se lit très bien indépendamment. On arrive juste dans sa vie alors qu’elle a 31 ans. On embarque en cours de route, et ça fonctionne. On est en 1959. Quatre ans après le meurtre d’ Emmett Till . Avant les grandes victoires des Civil Rights. On est dans le  « eux contre nous ». Une tension constante, lourde, qui consume tout le monde. D’ores et déjà, je dois avouer que j’ai trouvé ça difficile de lire la haine de certains envers les Blancs. Je la comprends, totalement. Mais il n’en demeure pas moins que ça me dérange. Je sais que la colère est un puissant moteur de changement....

I am not your N*gro

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J’ai fini   I Am Not Your Negro . Il faut un peu de contexte pour vraiment l’apprécier. Si tu ne connais pas Baldwin, le texte   est fragmentaire , et même si tu connais un peu l’auteur, ça reste vrai. Raoul Peck a composé cette œuvre à partir des notes du roman inacheveé   Remember This House , que Baldwin voulait écrire pour raconter les États-Unis à travers des figures marquantes que son Medgar Evers, Malcolm X et Martin Luther King Jr. Le résultat est un vrai patchwork, un collage politique et intime où la pensée de Baldwin circule librement entre mémoire personnelle, critique sociale et accusation frontale.   Baldwin déconstruit l’idée du « problème noir » et pointe ce qu’il nomme le « problème blanc » : la blancheur comme norme, comme innocence supposée, comme refus obstiné de se regarder en face. Être Noir.e aux États-Unis, c’est vivre sous un regard qui nie ton humanité tout en exigeant ton silence. Baldwin montre comment cette dynamique structure la société ...

Parce que... la vie : Parce que... du léger ça fait du bien de temps en temps!

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 Dès les premières pages, j’ai senti que ce roman allait être une lecture cosy et où on peut se retrouver. La course effrénée avec le travail, les enfants, les parents vieillissants… toutes les quadras et plus vont hocher la tête à chaque situation. Les chapitres, titrés façon « Parce que… » suivi d’une expression, donnent un rythme léger et amusant.    Côté style, c’est un peu de la chick lit: l’héroïne est gaffeuse, speedée, et se ramasse dans des situations parfois rocambolesques. Mais t’sais, je sais pas trop si on considère ça comme ça. Anyway! Au-delà de ça, y’a des messages féministes subtils, sur la façon dont on considère les femmes qui dérangent et sortent du lot, mais aussi des petites piques aux masculinistes.    Le passage du lancement avec la description des gens présents? Priceless. Et pour les fans de Grey’s Anatomy… on a droit à un clin d’œil qui fait sourire. Je ne l’ai pas lu en cherchant un message, en cherchant les failles, en essayant de l’...

Les Disgracieuses

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Dans  Les Disgracieuses , Claudia Larochelle s’inspire de moments marquants de sa vie pour livrer trois récits personnels. Des textes ancrés dans l’expérience, qui abordent sans fards les désillusions, les rapports de pouvoir et la violence — souvent banalisée — exercée par les hommes sur les femmes, notamment dans le milieu du travail.   Le premier texte revient sur son adolescence dans une école secondaire privée, un univers de filles privilégiées en apparence, mais pas à l’abri des rapports de domination. L’autrice nomme les choses clairement, sans détour, notamment les abus d’hommes en position d’autorité envers de jeunes femmes et des adolescentes. C’est frontal, et ça fait écho à des réalités encore trop présentes.   Elle évoque aussi ses désillusions professionnelles et décrit un milieu des communications et de la culture qu’elle qualifie de parfois toxique, plutôt fermé, dominé par un boys club où les femmes doivent constamment négocier leur place. À ce niveau-là,...

Mon nom dans le noir,

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 Je m’attendais à un roman d’anticipation plus frontal, presque dystopique. Réchauffement climatique, pannes massives d’électricité, montée du suprémacisme blanc, les États-Unis qui implosent. Tout est là. Mais en réalité, ce décor reste en arrière-plan.   Mon nom dans le noir   est surtout un huis clos.   Ça se passe à Monticello, et ce n’est pas un lieu anodin. Il s’agit de l’ancienne plantation de Thomas Jefferson — celui qui écrivait sur la liberté tout en possédant des centaines d’esclaves et en imaginant Noirs et Blancs séparés. Installer une jeune femme noire, Da’Naisha Love, dans ce lieu chargé d’histoire, c’est fort. C’est ironique. C’est politique. Et il y a une autre dimension liée au lieu que je te laisse découvrir.   Da’Naisha arrive là avec MaViolet, sa grand-mère, Knox, Devin et quelques voisins. Ils tentent de rebâtir une micro-société improvisée, fragile, presque utopique. Le roman est court, à peine deux cents pages, et il se concentre moins su...

Évidemment Martha : Flou, malaise et lucidité

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RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR «  Quelque chose ne tourne pas rond chez Martha, et depuis longtemps. Lorsqu’elle avait dix-sept ans, une petite bombe a explosé dans son cerveau et elle n’a plus jamais été la même. Et malgré toutes les consultations, thérapies sans fin et traitements hasardeux, elle ne sait toujours pas ce qui ne va pas…  Pourquoi passe-t-elle des journées entières au fond de son lit ? Et pourquoi continue-t-elle à se mettre à dos des inconnus, et des proches, avec ses remarques cruelles et désinvoltes ? Aujourd’hui, son mari l’a quittée et elle n’a plus nulle part où aller, si ce n’est dans la maison de son enfance, une maison bohème (délabrée) dans un quartier romantique (délabré) de Londres. Et rien d’autre à faire que retrouver sa mère, une sculptrice au talent confidentiel – et très alcoolique – et son père, un poète célèbre – bien que jamais publié… Mais comment survivre là-bas sans sa sœur dévouée, grande gueule, qui rendait tout ce chaos supportable pendant leur e...

BILINGUAL REVIEW - L’imposture : le poids des masques / The Fraud, by Zadie Smith

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English version below Lire  L’Imposture , c’est entrer dans un roman hanté par l’écart entre ce qu’on prétend être et ce qu’on est réellement. Apparence contre réalité. Talent proclamé contre talent réel. Vertu affichée contre contradictions intimes. Un fil que Zadie Smith tire avec obstination, jusque dans la fragmentation même du récit. Premier roman historique de l’autrice,  L’Imposture  se déploie dans l’Angleterre de la fin du XIXe siècle, une société qui se ment à elle-même, encore incapable de regarder en face son passé colonial. Au centre : Mrs Touchet, veuve avant l’heure, femme brillante, abolitioniste, féministe, profondément engagée, dont le regard aigu dissèque son époque avec une lucidité parfois mordante. Plus que l’intrigue, ce sont ses idées, ses positions et sa capacité d’analyse qui structurent le roman. À ses côtés gravite William Ainsworth, cousin et écrivain raté, persuadé de son propre génie, obsédé par la reconnaissance, fréquentant Dicke...

Le professeur d'Émilie Frèche

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Résumé de l’éditeur «  Une élève l'a accusé, un père l'a traité de voyou, un homme de foi a demandé sa radiation. Des vidéos ont été diffusées, des menaces ont été prononcées, une rumeur malfaisante s'est installée. Les collègues se sont désolidarisés. On a organisé des réunions. On a fait venir un référent. Et on a demandé au professeur de s'excuser. Il n'avait pas commis de faute, pourtant, ni d'erreur, mais on lui demandait de reconnaître qu'il avait froissé ses élèves. Nous étions le 9 Octobre 2020, à Conflans-Sainte-Honorine. Une semaine plus tard, ce professeur était décapité à la sortie de son collège. Il s'appelait Samuel Paty.» Mon avis C’est un texte difficile à commenter. Non pas à cause de ce qu’il raconte, mais parce qu’il s’appuie sur des faits réels, qui, en soi, ne se commentent pas dans un avis de lecture.  Le Professeur  se lit vite. Trop vite presque. Et pourtant, il laisse une trace lourde, persistante. Émilie Frèche ne cherche ni à e...

Les Routes oubliées : quand tout dérape

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Résumé éditeur Beauregard Montage a décidé de se ranger. Père de famille et mari aimant, il veut mettre derrière lui ses années de prison, son passé de chauffeur pour les petites frappes locales, et offrir aux siens la stabilité qu'il n'a jamais connue. Mais à Red Hill, petite ville rurale du sud-est de la Virginie aux tensions communautaires exacerbées, la vie d'un Afro-Américain ressemble encore souvent à un couteau planté sous la gorge. Et quand la pression financière se fait trop forte, Beau sait qu'il n'a plus le choix: il doit reprendre du service. Le coup semble gagné d'avance : un braquage dans une petite bijouterie, une fuite sur les chapeaux de roue, une piste intraçable. Sauf que le casse tourne mal. Et que la bijouterie en question appartient à un caïd du coin, prêt à tout pour se venger. Pour Beau, le compte à rebours est lancé.  Mon avis:  Les routes oubliées   est le deuxième roman de S. A. Cosby, et le premier à avoir été traduit en français. Ir...

Suissex - Big Swiss : Ce roman m’a installée dans une zone d’inconfort dont je ne voulais pas vraiment sortir.

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ENGLISH VERSION BELOW!  Résumé de l'éditeur  Greta, 45 ans, vit à Hudson, dans l'état de New York, avec son amie Sabine. Employée par un coach en sexothérapie, elle transcrit pour lui des enregistrements de ses séances. Elle tombe sous le charme d'une de ses clientes régulières, dont elle ne connaît que la voix et qu'elle surnomme Big Swiss. Un jour, elle reconnaît sa voix en promenant son chien au parc et se présente sous un faux nom. Mon avis Quel roman étrange! En tant qu’ancienne sexolgue, la C4 a tout de suite piqué ma curiosité. Je ne savais pas trop dans quoi je m’embarquais en ouvrant   Big Swiss   de Jen Beagin. Et honnêtement, je ne suis toujours pas certaine de pouvoir dire si j’ai « aimé » ce roman au sens confortable du terme. Mais une chose est sûre : il m’a tenue exactement là où il voulait — dans une zone d’inconfort étrange, déstabilisante, mais franchement fascinante. Big Swiss , c’est le genre de roman qui s’écarte volontairement des sentiers battu...

Boucher de Joyce Carol Oates : Quand la science devient un alibi à la violence envers les femmes

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Boucher  de Joyce Carol Oates s’appuie sur une figure historique bien réelle : le Dr Silas Weir Mitchell, autoproclamé « père de la gyno-psychiatrie » au XIXᵉ siècle. Dès les premières pages, je suis plongée dans un univers où la médecine, loin de soigner, sert surtout d’outil de domination, d’expérimentation et de brutalité — particulièrement envers les femmes jugées « indociles ».   Rien, dans ce que je lis, ne me choque au sens strict. Ces pratiques, je les ai apprises durant mes études en sexologie à l’université. Mais savoir que ça a existé n’empêche pas le malaise. La lecture n’est pas toujours facile. C’est même pénible par moments — et je crois que c’est voulu. C’est du Joyce Carol Oates, après tout : une écriture qui insiste, qui répète, qui enfonce le clou jusqu’à l’inconfort.   Le discours médical de l’époque est particulièrement éloquent quant à la perception du corps féminin. Les organes génitaux des femmes sont qualifiés de « répugnants », « infernaux », sys...

Récapitulatif de mes lectures de janvier!

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Ce fut un mois de janvier sous le signe de lecture aux sujets plus sombres et sensibles. C’est un genre auquel je suis habituée et qui me plaît particulièrement. Je vis bien avec ça. Mais j’avoue que, comme souvent après un roman de Joyce Carol Oates (qui sont très glauques et très volumineux), j’ai pris un break de lecture d’une journée, le 30. Ben, presque deux, parce que le 31, j’ai lu juste 20 pages. En plus, j’ai lu moins de pages par jour et j’ai fait des casse-têtes tous les soirs. Comme un peu de quiétude dans mon mois de janvier. Ça fait du bien des petites pauses des fois.  Et toi, t’as lu quoi ? Qu’est-ce qui t’a aidé à passer à travers l’infini mois de janvier ?